Chronique littéraire : "The Giver" (Le Passeur), by Lois Lowry

Publié le par Wendy-Belle

 

Edition Houghton Mifflin Harcourt, parût en 1993, lecture VO.

 

Résumé : "Le monde dans lequel vit Jonas est bien éloigné du nôtre : une société où la notion d'individu n'existe pas. Plus surprenant encore : ses membres ne ressentent rien. Ni amour ni haine viennent bousculer leur quotidien. Les gens ne meurent pas non plus. Ils sont "élargis". Tout comme le héros de cette histoire – un garçon de douze ans – le jeune lecteur brûlera de savoir ce qui se cache derrière ce terme si obscur."

                                                                                                                                                      

Oh, vous entendez ça ? Mais si, ce son, écoutez bien... Là, vous l'entendez ? Toujours pas ? Mais si, je vous assure, il y a quelque chose... Mais oui ! C'est une alerte, chef d'oeuvre ! 

Que vous dire sur ce livre... On en entend parler un peu partout depuis la sortie du film, j'imagine que je ne vous le présente pas pour la première fois, mais au risque de me mêler aux centaines d'autres avis qui fusent déjà sur la toile, je ne peux tout simplement pas garder ce que ce livre m'a fait ressentir pour moi, surtout quand on pense qu'internet est pour le partage. Alors, partageons !

Le début du livre est d'ores et déjà intéressant. On entre dés la première ligne dans une claire dystopie, où tout est organisé selon des règles bien précises, auxquelles tout le monde obéit. Si au début, tout semble à peu près normal, plus on avance, plus on se dit que quelque chose cloche. Et pour cause...

Il est important de rappeler que cette dystopie a été écrite en 1993, donc toutes les vagues dystopiques comme Hunger Games ou Divergente qui font fureur aujourd'hui étaient encore bien loin de voir le jour. La première différente que l'on peut noter, est que contrairement à bien des oeuvres où le titre désigne une personne (Harry Potter, la Voleuse de Livres, etc.), The Giver (ou le passeur version vf), ne désigne pas le personnage qu'on va suivre du début à la fin. Parlons en.

Le personnage de Jonas m'a tout de suite plû, sans trop savoir pourquoi, car au tout début des pages, on ne le connaît pas tant que ça, mais il dégage une sorte d'aura différente de celles des autres personnages. Cela dit, c'est une chose voulue par l'auteure, car : nous entrons dans un univers où tout est... Standard. Ici, pas de place pour l'originalité, la marginalité ou autre : Tout doit être pareil, similaire, personne ne doit se faire remarquer plus que les autres. Ce n'est pas tout à fait correct cependant, car il est clair que certains métiers (qu'ils ne choisissent pas mais qu'on leur attribu) sont plus honorifiques que d'autres et que certaines personnes  bénéficient de privilèges. Quand ce personnage vint à devenir "the receiver", celui qui va acquérir les souvenirs et aura le devoir de les conserver, il commence à évoluer, à s'interroger, à réfléchir. 

Et c'est là que repose toute l'essence du livre qui a un fond clairement philosophique. Sans trop rentrer dans les détails, de grandes questions sont posées : Doit-on préférer avoir une vie conforme à celle des autres, quitte à ne jamais connaître les sentiments qui vous font sentir vivant ? Devons nous bannir la souffrance au prix de ne jamais connaître la joie ? Devons nous condamner l'ensemble de sentiments qui mènent aux pires comme aux meilleures choses ? Devons nous nous résigner face à l'injustice pour nous assurer une vie confortable ? La prise de risques vaut-elle le coup, tout simplement ? 

La plus grande portée philosophique est bien sur la question du choix, car dans ce livre, les personnages n'en ont aucun. Tout est déjà choisi pour eux, de leur métier à leur compagnons, leurs enfants, la manière dont ils doivent les éduquer, leur façon de vivre, leur emploi du temps, les étapes de leur vie, jusqu'à la date de leur mort (quoi qu'elle semble être la seule chose qu'ils peuvent éventuellement demander.) Quand Jonas apprend qu'il y a plus, ou du moins qu'il y avait plus, si au début il se convainc de tout garder pour lui, peu à peu il se met à prendre ses propres décisions et ne plus se conformer au système, et essaiera même de faire ouvrir les yeux à ses proches sur le vrai monde dans lequel ils vivents (en vain, car ceux ci sont conditionné depuis leur naissance à ne jamais voir au delà de tout ce qu'on leur impose.) Il y a une bonne raison à ça : C'est que plus Jonas apprend son métier de "receveur de la mémoire", plus il gagne en sagesse. Il y a aussi une grande réflexion sur l'amour, et les émotions en général. 

 

 

Je dois avouer qu'une scène a réussi à me choquer, en la lisant je me suis vraiment sentie mal. Cependant, c'est ce qui nous fait bien comprendre que malgré la paix qui règne sur cet univers, tout va mal. Entre autres, ces scènes qui illustrent bien que quelque chose cloche sont entrecoupées par des scènes absolument magnifiques ou grandioses, malgré parfois leur noirceur. Je pense évidemment aux scènes qu'échangent Jonas et le Passeur, qui sont d'une force extraordinaire, de descriptions tellement subtiles que l'on voit ce que voit Jonas comme si nous étions celui à qui le Passeur donne ses souvenirs. 

Je ne saurais faire d'avis parfaitement clair et organisé sur cette oeuvre, car même si je l'ai apprécié dés le début, j'ai mis un peu de temps avant de ne plus pouvoir le lâcher. C'est bien au moment où Jonas n'est pas assigné mais selectionné que je me suis surprise à ne pas pouvoir le lâcher. C'est un livre qui m'a volé mon sommeil. Vraiment, je ne pouvais pas aller dormir sans savoir ce qui allait arriver à Jonas. De plus, dés la dernière page tournée, ma réaction a été "non non non non non!" Je ne voulais pas quitter ce livre, je voulais pas quitter ces personnages, et je n'ai qu'une envie, c'est d'acheter les trois autres tomes de suite, là, maintenant, et les enchaîner. C'est une impatience que je n'avais pas connu depuis la sortie des livres Hunger Games, et Dieu sait que je les ai adoré, ces livres... Bref, je ne peux que vous recommander de vous ruer dessus, car ç'a été un coup de coeur absolu. 

Ce livre faisait parti de ma PAL pour le challenge Cold Winter, et je suis bien contente de l'avoir commencé avec cette oeuvre. 

The worst part of holding the memories is not the pain. It's the loneliness of it. Memories need to be shared.

Commenter cet article

sarah cara 07/12/2014 20:36

Aaaah! Il est dans ma PAL, il faut que je l'en sorte au plus vite!

Tiffany 07/12/2014 23:21

Oh oui ! Tu dois, tu dois !