Chronique littéraire : "Les brumes du Caire", par Rosie Thomas

Publié le par Wendy&Belle

Editions Charleston, parût en 2014.

Résumé : "Trois femmes, trois générations, une histoire d'amour et de perte, tout en nuances.
L'arrivée inattendue de Ruby, une adolescente obstinée, apporte vie et désordre à la vieille maison du Caire d'Iris Black, sa grand-mère de 82 ans. Poussée par la relation tendue qu'elle entretient avec sa mère, Ruby a quitté l'Angleterre et cherche refuge chez cette vieille dame qu'elle n a pas vue depuis des années. Un lien étonnant s établit entre elles tandis que Ruby aide Iris à se remémorer ses souvenirs du Caire scintillant et cosmopolite de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que de son grand amour l'énigmatique Capitaine Xan Molyneux que les ravages du conflit lui ont arraché. Cet ancien amour a déterminé la vie d'Iris, et celle de sa fille et de sa petite-fille. Et il va les affecter à nouveau, toutes les trois, d'une façon qu'elles n'auraient jamais imaginée."

                                                                                                                                                                       

Après une lecture à fin décevante et une énorme déception, j'ai été ravie d'ouvrir ce livre. Les avis, bien que peu nombreux, étaient excellents. Alors, forcément, quand j'ai eu besoin d'une pause, d'une lecture sûre, j'ai foncé. Et j'ai eu raison. 

D'ailleurs, ça, c'était moi au début du roman.

S'il y a une chose que je dois à tout prix relever dans ce roman, c'est bien la plume de l'auteure : Elle est dotée d'un lyrisme à tomber. Les descriptions, même les plus banales, les plus ordinaires, sont sublimées. Vraiment, elle m'a envoûté, et c'est grâce à elle que malgré les quelques petites choses qui m'ont dérangées, je n'ai pas lâché ce livre. 

Donc, entrons directement dans le vif du sujets, les bémols :

  • La longueur. Est-ce que ça peut compter comme un bémol, cependant ? Sans longueurs, bien des oeuvres ne sont pas bonnes. Si cette histoire étaient longue, c'est parce qu'elle avait des choses à raconter : La vie de trois femmes, une époque et un amour de guerre, de vieilles blessures et de nouvelles joies, si nouvelles qu'on a l'impression que c'est la première fois. Attendez, on est toujours dans les bémols, là ? Parce que c'est un énorme point positif, tout ce que ce livre a à nous dire. Mais le soucis, c'est que l'on n'est pas impatients de découvrir la suite de cette histoire - Elle s'étend sur trois générations, et Iris a attendu toute une vie avant de révéler ses secrets à qui que ce soit, elle peut bien attendre encore un peu. - Ce qu'il y a, c'est que j'ai mit plus d'une semaine pour achever ma lecture, et entre temps, j'avais envie de lire autre chose. Et pour moi, même si je ne regrette pas, c'est un souci.
  • J'ai trouvé maladroite la façon dont l'histoire Iris nous a transmis son histoire : Par une narration au passé, comme si on y était. Là où ça cloche, c'est qu'ensuite, quand on retourne au temps présent, on retrouve une Ruby qui ne comprend pas tout, car on nous dit qu'Iris est confuse. Ainsi, on assiste à la vie passée d'Iris, mais pas à comment cette vie passée narrée à sa petite fille permet à cette dernière de la comprendre, les questions qu'elle pouvait bien se poser. 
  • J'avais l'impression de pas mal de répétitions. Cela dit, c'est le récit d'une vie, et force est de reconnaîte que la plupart des choses qui nous arrivent se répètent inlassablement.

Enfin, rassurez vous, je vous l'ai dit, ces choses sont noyées dans beaucoup de points positifs, que je vais me faire un plaisir de citer :

  • Le lyrisme. Un lyrisme envoûtant. Tout simplement magique.
  • L'originalité de la chose : L'histoire se déroule au Caire, en Egypte, et les descriptions sont si parfaites que j'avais l'impression d'y être. C'est un lieu qui nous dépayse, on y apprend de son histoire et de ses coutumes en même temps que Ruby s'acclimate à ce nouveau pays. On finit par comprendre pourquoi Iris se sent chez elle là-bas. 
  • Le parrallèle parfaitement mené entre comment Iris voit sa vie passée et sa vie présente, comment elle voit les choses qui se sont passées, comment elle voit son avenir, comment elle voit les gens. En fait, le personnage d'Iris est génial. C'est une femme qui a fait de lourdes erreurs, une femme qui doit maintenant y faire face, une femme qui apprend à briser l'idéal qu'elle s'est construit dans son passé pour ce qui est en train de lui arriver depuis l'arrivée de Ruby, une petite qui à priori n'a rien à voir avec elle.
  • Ruby, bien que parfois agaçante, est une fille passionnée. Passionée par tout, par des choses insignifiantes, par les gens, par la vie. On sent cette passion dans tout ce qu'elle fait, dans la façon qu'ont sa mère et sa grand-mère de la voir, d'une façon bien différente, mais qui, au final, se rapprochent.
  • Au final, tout se rapproche, tout s'assemble en un tout cohérent. Le passé et le présent retrouvent leurs places. Chacun en ressort touché, chacun a appris, chacun a évolué, a grandi, en particulier Ruby. La famille, la vie en général, est perçue d'une nouvelle façon. Et c'était beau. 

 

En conclusion, c'est bien loin d'être une lecture que je regrette. Je la conseillerais à tous les amateurs de lyrisme, de dépaysement. 

Ou à tous ceux qui, entre deux lectures éprouvantes, laborieuses ou peu importe, souhaitent faire une pause. C'est une histoire que l'on doit savourer. 

Alors savourez la.  Love always. 

 

La mort préserve un idéal. L'amour idéal, l'amant idéal, l'enfant idéal. Tu me suis ? Tu arrives à me suivre ? Pas d'histoire romantique. Pas de bravo, rien. Juste la réalité pure et glaciale.

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Léa Touch Book 24/02/2015 18:12

Je pense qu'il pourrait beaucoup me plaire :)

Tiffany 25/02/2015 03:11

N'hésite pas dans ce cas :3