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Chronique littéraire :"Fifty shades of Grey", by E.L James

Publié le par Wendy&Belle

Editions Arrow Books, parût en 2011, lecture VO.

Résumé : Lorsqu’Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime jeune chef d’entreprise Christian Grey, elle le trouve très séduisant mais profondément intimidant. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier – jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille et l’invite à un rendez-vous en tête-à-tête. Naïve et innocente, Ana ne se reconnait pas dans son désir pour cet homme. Quand il la prévient de garder ses distances, cela ne fait que raviver son trouble. Mais Grey est tourmenté par des démons intérieurs, et consumé par le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre ses propres désirs, ainsi que les secrets obscurs que Grey tient à dissimuler aux regards indiscrets…

                                                                                                                                                                        

Il existe une étrange théorie, selon laquelle, pour pouvoir se permettre de juger quelque chose, il faut connaître. 

Hmm, d'accord.

Cependant, concernant Fifty Shades, après tout ce que j'avais pu entendre à son propos, et à partir de ce que j'avais eu la force de lire, je m'estimais franchement capable de pouvoir le juger justement sans m'y être plongée réellement. Je sais, je sais : Faire d'une opinion une vérité acertorique, c'est mal.

Alors, mesdames et messieurs, après des mois, voire des années, passées à répéter que je ne lirai pas ce livre, pour répondre à cette étrange théorie, je l'ai lu. Je me suis attaquée à ce monstre de médiatisation, qui attise autant d'adoration que de haine. Et...

A force de m'attaquer aux romans populaires, je vais vraiment me retrouver dans cette situation :

"Un ami ? - Un ennemi. -Oh. Lequel ?"

Mais tant pis ! Autant vous prévenir que ma chronique est loin d'être positive, et pour que vous ne puissiez vous méprendre sur sa nature, je vais clairement résumer la situation :  Comment est-ce que ce roman a pu devenir le roman le plus lu au monde ? Ce livre, en plus d'être mauvais, a un énorme souci de profondeur. De profondeur, est-ce vraiment le mot à emloyer ? Car l'auteure - je me disais qu'on ne pouvait même pas se permettre de l'appeler de cette façon, mais on dit bien "l'auteur d'un crime", alors pourquoi pas - n'a clairement pas conscience de ce qu'elle a écrit. Volontairement, il n'y a aucune profondeur, pas même chez Christian. Ce qu'il y a, en revanche, c'est un fond, ce que l'histoire nous montre sans le vouloir : une image de l'amour absolument immonde. 

Oui, c'est involontaire. Il suffit de faire une simple recherche pour tomber sur l'auteure vendre son livre comme une romance à l'eau de rose.                                                                                 ça fait peur. 

Attention, je ne parle pas ici de la moralité du BDSM, chose soit disant exploité dans ce roman. à cela, je ne vois aucun mal; après tout, chacun peut bien s'éclater comme il veut. Tant que tout le monde est consentant, où est le problème ? Mais ici, si on jette un oeil dans ce qu'il se passe entre nos deux tourteuraux quand ils sont en privé, qu'y trouvons nous ? Une relation consentante entre deux personnes voulant pimenter un peu leur vie de couple ? Une romance tragique ? Deux personnes qui veulent s'aimer mais qui ne savent pas comment ?

Un amour plus fort que tout, se battant contre vents et marrées ? 

WHATS IS IT LIKE  IN YOUR PRETTY LITTLE BRAINS ?!

Avant toute chose, je tiens à vous prévenir que je vais salement spoiler ce livre. Vous êtes toujours là ? Super. Asseyons-nous donc quelques minutes, et parlons d'amour. L'amour avec un grand A, l'amour du Banquet de Platon, l'amour sous toutes ses définitions. L'amour peut prendre plusieurs formes, se cacher là on n'irait pas le chercher, et avoir autant de défintions qu'il y a d'individus sur Terre. L'amour c'est se dépasser, se surpasser, vous diront certains; c'est le sacrifice, c'est laisser partir, vous diront d'autres. C'est quelqu'un avec qui partager le dernier cookie, c'est le partage, c'est la confiance pour d'autres encore.

Mais est-ce que pour qui que ce soit c'est frapper votre femme quand elle vous implore de ne pas le faire, en lui répondant que c'est "pour votre plaisir, pas le sien" ? Est-ce que c'est se moquer du consentement d'autrui, comme si nous étions retournés au coeur d'une époque moyen-âgeuse, où le conjoint avait droit sur le corps de l'autre ? C'est rendre cette personne si mal qu'elle en pleurera chaque soir, qu'elle en oubliera même comment rir, et sera morte de trouille à chaque fois que vous viendrez à sa rencontre ? C'est lui dire que vous aimez qui elle est tout en exigeant d'elle qu'elle change ? C'est blesser et y prendre plaisir ? ça, c'est de la violence conjuguale, pas de l'amour, et même pire :

C'est de la folie qui vire au viol.

Je pèse mes mots. Il y a tout de même un passage où Christian rejoint Ana sans la prévenir, et sans même se poser de question, commence à la toucher, et quand les choses deviennent un peu plus sérieuse, avant même qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, lui intime de se taire, de ne faire aucun bruit, parce que si elle émet un son, il la baîllonnera. "Tout acte sexuel sous contrainte, menace ou surprise, est un viol." C'est dans le code pénal, mon grand.

C'est là que ce livre est vicieux, car la sournoiserie est très subtile. Anastasia peut bien vous répéter mille fois qu'elle est consentante, de toute façon, Christian, même s'il lui répète qu'elle a le choix, ne lui en laisse aucun. De base, avant même que la demoiselle n'ait pu se plonger deux minutes dans son stupide contrat, passe son temps à lui mettre la pression, en lui répétant qu'elle a le choix hein, mais que ce serait cool, vraiment cool si elle disait oui, pour lui, mais pour elle surtout. Elle ne sait pas à côté de quoi elle passe, n'est-ce pas. Qui plus est, il ne lui laisse pas même deux jours de tranquilité pour réfléchir ou non à ce que ça implique : Tu ne veux pas signer son contrat, Ana ? Que diable, il va te donner un échantillon de ce que tu rates. Tu n'aimes pas tellement ça ? Signe le quand même. Tu veras, avec une petite signature, tout ira bien mieux. Est-il utile de préciser qu'elle ne le signe à aucun moment, car elle ne le veut pas ? 

Ce que veut Ana, c'est une relation dans laquelle elle ne serait pas obligée de se sentir mal, de se soumettre à tous ses désirs plus impétueux les uns que les autres, où elle ne serait pas obligée d'avoir peur. Ce que Christian lui promet de faire, si en retour elle essaie son monde à lui. Sauf que ça ne marche que dans un sens : Ce que veut Christian, c'est baiser - ce sont ses propres termes. Ana s'y soumet. Ce que veut Ana, c'est parler : Il lui répète que c'est inutile, et qu'il préfère mille fois la baiser - mais attention, il lui répète qu'il aime ce qui sort de sa bouche. Après tout, c'est beaucoup plus drôle de faire mal à quelqu'un qui nous met hors de nous qu'à quelqu'un qui ne nous a rien fait, non ?

Il peut vous avoir avec ses "safewords", soit ses mots d'alertes qu'elle est sensée dire si les choses dérapent... Sauf qu'il lui dit très clairement qu'il vaudrait mieux qu'elle ne les utilise pas. De toute façon, elle n'a pas signer son contrat, et elle peut bien lui dire qu'elle n'a pas tellement envie de se lancer dans certaines activités, s'il accepte quelques concessions, quand il lui répond qu'ils vont "en parler", ce qu'il veut en fait dire, c'est qu'il va la persuader de le faire. Il n'y a pas un seul passage où Ana ne se soumet pas à ses désirs alors qu'elle déteste ce qu'il lui fait, et ce n'est pas le pire.

Le pire, c'est qu'il joue tellement d'elle qu'elle est aliénée à aimer ça.

Elle le dit elle-même, il est le tireur de ficelles, the "puppet master", celui qui manipule, et ici, il la manipule jusqu'à altérer sa vision du plaisir, jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'allié à celle de la douleur, à lui. Parce que c'est ce qu'il veut, voyez vous, qu'elle aime ça, comme ça, il n'y a aucun problème. Il va même jusqu'à lui interdire d'éprouver du plaisir ailleurs qu'avec lui, car c'est une chose qui doit lui revenir de droit. Et elle, ce qu'elle veut, c'est lui, sous une forme moins extrême, mais pour ça, il faut parler, mais pour parler, il faut baiser, et pour baiser, il faut se soumettre, et si elle n'aime pas ça, il ne fera rien, et s'il ne fait rien, alors elle n'aura rien. Qui plus est, comme en plus d'être un dictateur du sexe, c'est un maniaque et un harceleur, qui va la rejoindre quand elle n'en a pas envie, qui va la chercher, qui la surveille sans relâche. Comment voulez-vous qu'elle ne puisse émettre que l'ombre d'une opposition ? Ana n'est pas seulement sa "soumise" quand ils sont en privé, mais à longueur de temps. Ce n'est plus un jeu de rôle, à ce niveau là. C'est juste priver un être humain de sa dignité, quand la dignité est justement ce qui fait d'un être humain un être humain. Ici, Ana n'est plus qu'un simple objet sexuel. 

Qui plus est encore, Christian passe son temps à infantiliser Ana. Il lui dit quand -si ce n'est pas quoi - manger, quand dormir, quand sortir, quand rester; va même jusqu'à décider quel genre de contraceptif elle prendra et l'heure à laquelle elle devra l'ingérer. La nécrophilie n'est pas ton truc, Grey, selon tes termes ? Est-ce que la pédophilie est une chose qui te branche davantage ? Car tu la considères clairement comme une enfant. Tu ferais donc tout cela à un enfant ? Un enfant ne peut pas comprendre ce genre de choses que tu lui fais subir. N'est-ce pas le cas de notre chère Anastasia, qui ne cesse de le répéter tout au long du livre ? Dîtes moi si je me trompe, mais profiter de la naïveté et de l'inexpérience d'une personne, n'est ce pas immoral ? Faire passer une contrainte pour un consentement, n'est-ce pas illégal ?Dans mes cours de philo, on définissait la liberté comme le fait que "chacun puisse faire ce qu'il veut tant que ça ne nuit à personne", autrement dit tant qu'aucun mal n'est fait. Corrigez-moi si je me trompe à nouveau, mais Ana ne souligne t-elle du début à quel point il peut lui faire mal ? Si on ajoute à ça toutes les fois où il lui répète que ce type de relation ne peut marcher que s'ils se font confiance -ce qui est vrai-, à toutes les fois où Ana lui prouve qu'elle ne lui fait pas confiance, pourquoi est-ce qu'il continue ? Parce qu'il s'en moque éperdument.

ça ressemble toujours à de l'amour, sous cet angle ?

Merci docteur Watson.

Ajoutons à cela qu'ils ne sont à aucun moment sur un pied d'égalité, qu'obtenons-nous ? Christian peut faire plaisir à Ana en prenant son plaisir à lui, c'est-à-dire seulement sa vision à lui. Non seulement Ana n'a pas son mot à dire sur ce qu'elle aimerait faire, mais comme il refuse de discuter d'autre chose que de sa propre vision du sexe, pour lui faire plaisir, Ana ne peut que se soumettre - au sens littéral du terme. Elle ne peut pas prendre d'initiatives, et ce qu'il offre à Ana est minime par rapport à tout ce qu'elle accepte de faire. Oui, il lui fait des cadeaux hors de prix - mais il est milliardaire. Franchement, vous croyez qu'il est à un ordinateur ou à une voiture près ? La notion même de plaisir n'appartient qu'à Christian. Il n'est pas question de changer pour elle -ça prouve à quel point il tient à elle, non ?- En revanche, il exige d'elle qu'elle cesse d'être elle-même pour se sculpter à ses désirs.

"Ton plaisir, ce sera de me faire plaisir." 

Je m'attarde sur le fond de ce livre, car c'est là tout ce qui intéressant -enfin, intéréssant dans le sens où on se demande constamment comment ce livre peut avoir autant de succès. Le style littéraire est inexistant - certes, c'est facile à lire, mais en même temps, il ne manquerait vraiment plus que l'auteure essaie d'imiter Victor Hugo - et c'est dommage, si l'auteure avait réfléchi deux secondes à ce qu'elle était en train d'écrire ses quelques petites références à la littérature, la linguistique ou même les titres des e-mails auraient été sympatiques. Autrement, les répétitions sont omni-présentes, Anastasia décline "holy crap" sous toutes ses formes, "holy cow", "bloody crap" "bloody hell", "my my." Comment peut-on encore douter du fait qu'elle meurt de trouille ? On a également droit à un rappel toutes les cinq pages qu'elle a pour habitude de se mordre la lèvre, et que cela rend Christian complétement fou. La plupart des passages sont aussi creux et insipides que ses personnages, et la raison pour laquelle l'auteure a appelé son livre "Cinquante nuances de Grey" est incompréhensible car dénuée de sens, - l'ayant lu en VO, il n'y a aucun souci de traduction possible. - Les personnages sont tous plats, y compris Anastasia, qui est tout de même le personnage principal - elle ne prend aucune décision, aucune intiative, ne fait rien à part hésiter tout au long du livre, a un passé basique à peine explorer; quant à Christian, vous pouvez lui inventer le passé le plus torturé que vous voulez, rien n'excuse ce qu'il fait subir à Anastasia, et essayer de justifier ses actions pour y donner un aspect romantique au sens littéraire du terme, c'est à dire un être torturé ayant un idéal qu'il ne peut pas atteindre, malgré tous ses efforts, est un blasphème pour toutes les vraies oeuvres romantiques. Pour être honnête, pas une seule fois Christian ne m'a ressentir autre chose que de l'indignation par rapport à ce qu'il pouvait exiger, et de la pitié par rapport à sa personne. Il est tout bonnement plus pathétique qu'autre chose, et n'a vraiment rien de sexy, contrairement à tout ce qu'on peut entendre.Toute cette histoire ne suit en plus que le schéma de l'histoire de Twilight, qui est déjà loin d'être très profonde à la base, de sorte que les actions s'enchaînent sans réelles raisons, juste pour suivre la trame du roman dont elles sont inspirées - Doit-on rappeler l'intense scène où Christian sauve Ana de la menace mortelle que représente un vélo ? - Twilight, au moins, se vendait comme une romance entre deux ados et n'allait pas plus loin que ça. Ici, c'est faire passer pour profond, émouvant, réfléchi, approfondi quelque chose qui n'a sans doute même pas été relu. On ne sait même pas ce qu'il a pu se passer dans la vie d'Ana avant qu'elle ne rencontre Christian, c'est à dire dans la première dizaine de pages, sa vie ne tourne donc ensuite que par rapport à lui. On ne compatis même pas avec elle par rapport à son personnage, mais par rapport à elle en tant que femme, en tant qu'être humain si on se projette en elle : Comment peut-on avoir envie d'être à sa place, comment peut-on qualifier la relation qu'elle entretient avec le bonhomme d'amour ? C'est insultant pour toutes les personnes réellement victimes de violence. Oui, on peut tous faire des erreurs - une fois, c'est une erreur. à répétition, ça ne l'est plus. Quand bien même, il existe bien une différence entre ce qu'est une erreur et ce qu'est un crime ! Qui plus est, l'auteur de ce crime est bien conscient de ce qu'il fait, puisqu'il doit leur faire signer un contrat avant de passer à l'acte ! 

Surtout qu'il faut voir comment cet amour est manifesté : On peut pardonner Anastasia, qui est tellement sous pression qu'elle ne sait plus penser la tête froide, mais pour le reste ? Le fait que Christian y va tellement fort sur toutes ses actions justifie le fait que, quand il se radoucit un petit peu, cela passe pour une énorme différence aux yeux d'Ana, de son entourage, mais surtout aux yeux du lecteur. Quelle fourberie... Cependant, pour chaque fois qu'il se radoucit un petit peu, il finit toujours par y avoir un prix à payer. Et puis, il faut bien qu'il soit sympa de temps en temps. Sans ça, Ana finirait bien trop tôt par y voir clair. Il faut bien troubler les pistes pour qu'elle continue à stagner entre deux eaux. Il y a aussi le fait que l'auteure se sert de la meilleure amie et de la mère d'Ana pour faire passer le message qu'il l'aime. Comment peuvent-elles le savoir ? D'un oeil extérieur, ça peut éventuellement passer - mais Ana ne leur parle pas de ce qu'il se passe réellement entre eux. Comment peuvent-elles donc juger, et comment peuvent-elles nous convaincre ? Comment accroder une quelconque valeur à leurs paroles ? Vous croyez vraiment qu'elles tiendraient le même discours si elles étaient mises au courant ? Ana est -ou pense être- amoureuse de Christian. Il n'y a de prime abords aucune raison à cela, elle n'est qu'aveuglée par tout ce qu'il lui arrive en même temps, et puis honnêtement, je pense qu'elle est obligée de trouver de l'amour la dedans, autrement, elle serait juste dans une situation pire que catastrophique. Sans cette idée, elle n'aurait rien à quoi se raccrocher. Quand elle finit par l'avouer à Christian, ce dernier lui dit qu'il ne faut pas qu'elle aime, parce qu'il n'est pas un homme pour elle. S'il n'est pas un homme pour elle, pourquoi avoir profiter de sa naïveté et de son inexpérience pour en faire d'elle sa soumise en ayant conscience que ce n'était pas ce qu'elle voulait ? Pourquoi l'avoir présenté à tout le monde comme sa petite amie, pourquoi lui avoir promis qu'il essayerait de lui donner plus pour correspondre à ce qu'elle, elle attend ? Pourquoi lui dire de ne pas l'aimer quand celui-ci lui envoie tous les mauvais signaux ?

La fin du roman, si on la prend en tant que telle, aurait été parfaite : Ana s'en va, Ana dit stop, - après avoir demandé une chose si stupide qu'elle a dû faire baisser le QI de l'Etat tout entier - Ana se rend compte que Christian n'est pas un homme blessé, juste un taré. Cependant, c'était sans compter sur deux choses : De base, elle dit que c'est de sa faute, et ensuite, on sait qu'il y a une suite, et on sait comment cette suite se termine - en tout cas, moi je le sais. Et c'est laid. Le message de la trilogie est clair : Il peut te frapper et t'aimer en même temps, il ne sait peut être juste pas t'aimer autrement, mais s'il t'aime vraiment et que tu te donnes un peu de patience, il changera. Ou tu finiras par aimer ça.

Ce livre ne brise pas tous les tabous. C'est faux.

Mais c'est en effet certainement plus vendeur.

Il fait même tout l'opposé, au lieu d'offrir une nouvelle perspective sur le BDSM, il conforte dans l'idée que c'est malsain, et qu'il faut être un grand malade pour y trouver du plaisir. En revanche, ce qu'il fait très bien, c'est sublimer les violences conjuguales, et banaliser le viol, aussi. Parce que le viol, ça n'arrive pas simplement entre deux inconnus, devons nous le rappeler ? Ce n'est pas parce que deux personnes sont "en couple" que ça n'arrive pas. Est-ce que l'abolition de la loi sur le droit du corps du conjoint est arrivée jusqu'aux oreilles de l'auteure ? Je n'ose même pas penser à ce que cette histoire aurait donné comme polémique si elle avait été écrite par un homme. 

D'autant plus que, non seulement le sujet ici traité est grave et exprimé de façon à parfaitement illustrer ce qu'on appelle la culture du viol, mais à cause d'une trop bonne médiatisation - c'est vrai, on le vend partout comme une romance érotique - l'érotisme joue sur la beauté du sexe, sa mis en valeur de façon esthétique, c'est bien loin d'être le cas ici- touche un public toujours plus grand, et en répend un bien mauvais message, surtout à une partie bien spéciale. Après tout, chacun est libre de lire ce que bon lui semble, en penser ce qu'il veut. Le souci, c'est qu'il fait tellement parler de lui que des jeunes filles âgées de moins de 16 ans lisent ça en pensant y trouver un modèle d'amour. Quelle est l'image de l'amour renvoyée ici ? Quelle vision du sexe nous est donné ? Que fait on pour ces jeunes là qui n'ont pas le recul nécéssaire pour se rendre compte de la gravité des choses ? L'amour est-ce dire oui à tout, l'amour est-il forcément lié à la douleur, le sexe "vanille" est-il forcément ennuyeux ?  Voyez comment est présenté la chose : Tu es vierge ? Je vais rémedier à ça. Quel message est-ce que c'est sensé représenter, que c'est une tare ? Sans compter le fait que l'auteure veut nous faire croire que l'orgasme est une chose totalement banale, si banale qu'il n'existe aucune partie de jambes en l'air qui puisse être décevante, pas même la première.

Quand je dis que les médias nous pissent dessus et nous font coire que c'est de la pluie.

En résumé, donc ce que nous dit ce livre, c'est que : L'amour, c'est dire oui à tout. Les vélos sont la véritable menace de notre société.  Si tu es un petit peu émêché et que tu as le choix entre le collègue devenant un peu trop entreprenant et l'inconnu qui t'a traqué, ne rejoins surtout pas ta meilleure amie qui se trouve deux mètres derrière toi.

Ce livre est a brûlé, a jeter, a enterrer très loin, et ne mérite absolument pas sa place au rayon "littérature."

Wow, ceci était une chronique très dure. J'espère évidemment n'avoir offensé personne. Elle a été éprouvante à écrire. Tant de choses à dire sur une chose qui n'aurait tout simplement jamais dû voir l'intérieur d'une imprimerie...  Je crois que vais sur ce aller me plonger dans un livre que je juge comme une valeur sûre, histoire de me remettre de ces deux dernières lectures que je viens d'enchaîner. Toutefois, avant ça...

                C'est de cette façon qu'on prononce la phrase "laters" avec classe, dear Mr. Grey. Ce que tu ignores, vu que de classe, tu n'as aucune.

Puissez-vous passer d'agréables lectures, love always.  

He is the puppet master.

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Chronique littéraire : "After", by Anna Todd

Publié le par Wendy&Belle

Editions Gallery Books, parût en 2014, lecture VO.

Résumé : "Tessa est une fille gentille avec un adorable petit ami, Noah. Elle est décidée, ambitieuse et sa mère veille à ce que cela continue. Mais elle vient à peine de s'installer dans son dortoir d'étudiante qu'elle se heurte à Hardin. Avec ses cheveux châtains ébouriffés, son p... d'accent anglais, ses tatouages et son piercing sur la lèvre, Hardin est vraiment mignon et tellement différent des garçons qu'elle connaît. Mais il est aussi grossier, voire violent et Tessa devrait donc le détester... Ce qu'elle fait jusqu'au jour où elle se retrouve seule avec lui. Quelque chose du caractère sombre d'Hardin l'attire et leur baiser fait naître en elle une passion jusqu'alors inconnue. Il lui dit qu'elle est belle, qu'il n'est pas un garçon pour elle et il disparait, et ce à plusieurs reprises. Malgré la façon dont il la traite, Tessa va chercher au plus profond d'Hardin et derrière ses mensonges qui il est réellement. Plus il la repousse et plus Tessa sera entraînée plus près du gouffre. Tessa a déjà un petit ami parfait. Alors pourquoi fait-elle tant d'efforts pour surmonter sa fierté blessée et les ravages qu'Hardin fait à de belles filles comme elle ? À moins que... ce ne soit ça l'amour ?"

                                                                                                                                                                       

Ce qui est drôle - enfin, la notion de drôle reste à être définie - c'est que dés le départ, je savais que j'allais perdre mon temps avec ce livre. Pourtant, sans que je ne sache trop ni comment ni pourquoi, quand je l'ai vu en rayon, en anglais, pas très cher, je l'ai pris. Pour me donner raison ? Oui. Pour voir si pour une fois les médias avaient réellement trouvé un bon livre sur lequel parler ? Oui. Mais il n'y a pas que ça, je dois vous l'avouer : Ce livre étant une fanfiction à la base, inspirée paraît-il d'un membre du groupe des One Direction, j'étais curieuse de voir si une fanfiction, certes inspirée d'un homme existant réellement mais tout de même totalement crée de toutes pièces, étaient d'un plus haut niveau qu'une fanfiction directement inspirée d'un film qui se contenterait simplement de reproduire le même schéma narratif en changeant juste les noms et en rajoutant quelques scènes de cul par ci par là. (je ne vise aucun livre en particulier, c'est évident...) Verdict...

Je me suis ennuyée du début à la fin.

ça m'apprendra à ne pas écouter mon instinc. Parfois, sous une couverture apparement laide ou banale, on trouve des joyaux, des pépites, de petits trésors qui mériteraient d'être plus connus. Et parfois encore, ce genre de livre totalement inspide, creux, niais et usé jusqu'à la corde nous sont vendu comme phénomène littéraire. 

Je ne comprends vraiment pas les médias. C'est vraiment contre eux que j'en ai, car éditer ce bouquin était vraiment une opération purement commerciale. Après tout, l'auteure n'a au départ décidé que d'écrire sur internet une histoire qui lui traversait l'esprit, qui lui trottait dans la tête, et internet est a bien été crée pour que tout le monde puisse se lancer et partager avec le monde. Cependant, je suis navrée de le dire, mais rien dans cette fanfiction ne méritait d'être éditée, et méritait encore mois toutes les campagnes de publicités qu'on a pu voir. 

Ce livre n'est qu'un résumé de tout ce qu'on trouve généralement dans les fanfictions du genre, et n'a donc aucune originalité à la base. Cependant, tout ne s'arrête pas à l'originalité de la chose me direz-vous, et vous aurez raison. Toutefois, rien ne rattrape ça. Je peine ne serait-ce qu'à lui trouver des points positifs. Je lui en ai, en cherchant bien, trouvé trois : Premièrement, on a droit à trois références littéraires. Deuxièmement, lorsque Tessa se fait bien évidemment déflorer, elle décrit la douleur de l'acte et non pas quelques inepsies sur combien elle jouit dés la première fois parce que c'est bel et bien l'amour de sa vie et qu'il est, toujours bien évidemment, un amant fort doué. Troisièmement, la fin est, si l'on peut dire, réaliste. Enfin, disonsque Tessa a une réaction appropriée.

Bien, cela étant dit, je ne recommande absolument pas ce livre. Mauvais point numéro un : Les personnages secondaires sont absolument tous plats, c'est-à-dire limités à leur fonction dans le récit, en l'occurence celle de l'entourage, et les deux personnages principaux ne compensent même pas ce manque de profondeur. Certes, l'auteure a essayé de donner un background au dénommé Hardin, mais de façon plus que superficielle et maladroite, et à la dénommée Tessa, de façon franchement ridicule. Hardin est le cliché même du garçon rebelle, argneux, désagréable et méprisant au possible car au fond c'est un homme blessé - sauf que ça ne marche pas. En effet, quoi de mieux, pour manifester le dégoût que son père lui inspire à cause de la façon dont il a traité sa mère, qu'en traitant à son tour les femmes de la même façon, si ce n'est pire ? Tous ses actes sont en contradictions avec ses paroles, et non pas pour donner l'impression qu'il essaie de changer malgré son passé difficile, mais simplement parce que c'est un personnage juste mal écrit. Qui plus est, malgré ce qu'on veut nous faire croire, il n'est empreint d'aucune complexité, n'est défini que par son caractère instable et méprisant, qui le mène à devenir outrageusement possessif. Tessa, quant à elle, est le cliché de l'étudiante modèle qui ne fait qu'étudier à longueur de journée, dont la mère, sans doute puritaine, se mêle de tout, et dont le petit ami avec lequel elle est en couple depuis deux ans n'a jamais eu ne serait que la tentation de lui toucher les seins. Evidemment, quand celle-ci rencontre Hardin, ça ne colle pas instanténément.

L'ennui, c'est qu'elle veut que ça colle, en même temps qu'elle ne le veut pas. Elle n'a de cesse de répéter que malgré leur relation instable, qui lui fait de mal que de bien, et malgré le fait que Hardin se conduise comme un parfait crétin, elle veut s'accrocher pour que ça marche, alors qu'elle sait que ça finira mal. Pourquoi ? Ils ne sont pas mariés, ne se connaissent que depuis quelques semaines, et chacune de leur rencontre s'achève sur la démoiselle ayant une remarquable envie de pleurer. Pourquoi vouloir s'acharner à sauver quelque chose qui n'existe pas, à savoir leur amitié, au départ ? Je dirais même : Pourquoi vouloir à tout prix que quelque chose se mette à exister avec quelqu'un qui ne fait que nous humilier, nous blesser ? Sans compter que Tessa a à ses côtés le petit ami dont selon elle tout le monde rêve, qu'elle connait depuis plusieurs années et qui n'a jamais rien fait d'autre que se montrer présent et attentionné envers elle, qu'elle remercie en le trompant avec un garçon qui, vous l'aurez compris, n'a en tête rien d'autre que se montrer grossier et rustre avec elle. Pourquoi ? Il est intéréssant de noter qu'elle même ne le sait pas, elle répète plusieurs fois. Cette histoire n'a juste pas de sens, pas plus qu'elle n'a d'intérêt. Si vous voulez lire de vraies histoires d'amour torturées et compliquées, lisez des tragédies, des choses qui ont fait leur preuves. 

D'ailleurs, ce couple aime par plusieurs fois se comparer à des figures iconiques de la littérature anglaise : Ils commencent par se prendre pour Elizabeth et Mr. Darcy d'Orgueil et Préjugés, puis pour Cathy et Heathcliff des Hauts de Hurlevent. Comme s'ils pouvaient ne serait ce que rêver d'en avoir la trempe...

Toutefois, attention ! Ici, le temps est une affaire sérieuse avec laquelle on ne rigole pas : Si au bout de deux ans elle n'a rien fait d'autres qu'effleurer son petit ami du bout des lèvres, il lui faut bien attendre au moins une bonne semaine pour que notre héroïne ne se rende compte qu'elle ne peut plus se passer de Hardin, alors que tout ce qu'ils n'ont fait jusque là a été de s'engueuler, s'engueuler, et s'embrasser, pour ensuite s'engueuler à nouveau. et au moins trois mois avant d'accepter d'emménager avec ce jeune homme, avec lequel elle s'était disputé la minute d'avant pour la centième fois de la journée. Parce que c'est là tout ce qu'ils font de leur temps. ça, et se tripoter, naturellement. D'ailleurs, puisqu'on en parle...

Toutes les scènes de sexe sont répétées au mot près, et je n'exagère pas. En même temps, me direz vous, tout est répété au quasi mot près dans ce livre, alors bon. 

Le schéma narratif de ce livre est répété à l'infini. Nous avons droit aux mêmes scènes, pour les mêmes raisons, juste dans des lieux différents, jusqu'à ce que même les lieux se répétent. Je vous fait le vrai résumé du livre : Tessa et Hardin se disputent. Tessa et Hardin s'embrassent. Il se réconcilient. Ce n'est que de courte durée car l'un de deux parle à une personne que l'autre méprise, il s'engueulent à nouveau, avant de se re-réconcilier, en se promettant que cela n'arrivera plus, jusqu'à ce que ça arrive encore. Chaque passage est un copié collé du passage précédent. 

Lire ce livre a été une torture. J'ai plusieurs fois hésité à l'abandonner. Arrivée à la fin - dont je commençais à croire qu'elle ne viendrait jamais -  je voulais savoir. Que se passe t-il donc de si grave pour que tout le monde fasse tant de messes basses ? Quelque chose qui a déjà été vu et revu dans le genre new-adult, qui n'a pas été surprenant outre mesure, qui a même expliqué un certain nombre de choses, mais qui n'a pas été un final donnant enfin toute sa profondeur à l'oeuvre, en tout cas, rien qui ne vaille le tortueux effort de le relire. 

.Honnêtement, si vous voulez lire une romance érotique, je vous conseillerais de vous tourner vers autre chose. Même si vous avez une subite envie de jeter de l'argent par les fenêtres, tournez vous vers autre chose. Ou allez sur internet, des récits comme ça, vous en trouverez des millions, vous trouverez peut être même mieux. C'est une des raisons pour lesquelles je suis en colère contre ce livre : Si une fanfiction a eu tant de succès qu'elle a été édité, c'est qu'elle devait être excellente. Si ça, c'est sensé démontré l'excellence qu'on peut trouver sur internet, que ça doit être le reste ? Il y a tellement de fanfictions merveilleuses, bien écrites, originales, lyriques, bref de vrai chef d'oeuvres, pourquoi ceci méritait-il d'être édité ? Je ne comprends vraiment pas. Qui plus est, je ne comprends pas comment cette histoire peut combler un peu moins de six-cent pages, et compter à ce jour quatre tomes. Mystère total. Cela dit, vu que chaque scène est copié/collé de la précédente, ce n'est pas très difficile de faire grossir le livre.

Mais bien, si l'envie vous tente, lisez le. Après tout, la plupart des critiques j'ai pu lire étaient positives. Même si je ne comprends pas pourquoi. 

D'ailleurs, cette histoire va certainement me rester dans la tête le temps des prochains jours, puisque je m'attaque désormais a une autre fanfiction, qui aura eu le privilège d'être édité, et qui fait bien parler d'elle...

Puissez-vous passer d'agréables lectures, love always.  

       

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Review série : Sherlock, créée par Mark Gatiss et Steven Moffat

Publié le par Wendy&Belle

«Sherlock est une série télévisée policière britannique créée par Mark Gatiss et Steven Mofat et diffusée depuis le 25 juillet 2010 sur BBC One. Produite par Hartswood Films et BBC Wales pour la BBC, elle est une adaptation moderne des aventures de Sherlock Holmes, écrites par Sir Arthur Conan Doyle, avec Benedict Cumberbatch dans le rôle titre et Martin Freeman dans celui du docteur Watson.»

                                                                                                                                                                         

Pour résumer cette série, je vais poser une question rhétorique : De quoi ai-je l'air maintenant, sérieux ? 

Cela faisait environ trois ou quatre ans que je répétais inlasseblement qu'en dépit du fait que la moitié de mes amis soient totalement subjugués par la chose, qu'ils m'en vantent les mérites des heures et des heures durant en m'affirmant que ça n'a absolument rien à voir avec tout ce que je pouvais imaginer, je ne regarderais pas. Pourquoi ? Le genre policier n'est clairement pas mon domaine de prédilection. J'ai une petite idée du pourquoi de la chose, mais là n'est pas le problème. Cela étant, maintes et maintes péripéthies m'ont, un dimanche soir, conduites chez une amie - sans doute la plus grande fan de la série du monde - qui m'a gentilment prêté les DVD, parce que je les lui avais demandé. Pourquoi encore ? A cause d'éléments extérieurs, - c'est à dire Ophélie (♥) et une amie très chère à mon coeur (♥) (si tu passes par là, et je sais que tu le feras) - qui ont fini par attiser ma curiosité. Résultat ?

Je me suis retrouvée le jeudi suivant à acheter l'intégrale des trois saisons, car il était tout bonnement impensable que je ne puisse pas revisonner cette série encore et encore.

ça m'apprendra à douter de la BBC. 

D'abord, sans même entrer dans les détails de l'écriture, de l'intrigue ou des personnages, le rendu visuel de cette série est juste sublime. Je n'ai jamais vu de série aussi travaillée : Chaque plan est étudié, souhaité, je n'ose imaginer combien de temps il dû falloir pour tout storyborder. On est dans un tel niveau d'expertise et d'art que les acteurs n'ont pas à expliquer ce qu'il se passe à haute voix pour que l'on comprenne ce qu'ils ressentent : Tout cela nous est montré. Du brio, et pour ce qui est des moyens mis en oeuvres pour nous representer comment fonctionne l'étrange mais brillant cerveau de Holmes, je ne trouve même pas les mots adéquats. Rien ne pourrait le décrire, c'est juste spectaculaire, que ce soit les signes qu'il repère sur tout le monde, son "palais mental", ou encore son inconscient... Wow. Juste, wow. 

 " I'm in shock ! Look, I've got a blanket ! "

La qualité de réalisation est le parfait reflet de l'excellence écriture de cette série, qui réside en l'ingéniosité des personnages. Dans la série, nous sommes Watson : Il est le premier personnage qui nous est d'ailleurs montré, et c'est lui qui nous conduit à Sherlock, qui sera bien sûr le coeur de toute l'histoire. Nous découvrons tout en même temps que Watson, nous sommes à la fois perplexe mais fascinés face à Sherlock comme Watson, puis nous l'aimons comme Watson, nous voulons le comprendre et l'aider comme Watson, et à mesure où leur amitié se solidifie, nous entrons peu à peu dans sa tête à notre tour. Nous finissons par ne plus  voir seulement comment les gens voient Sherlock, mais comment Sherlock voient les gens. 

Inutile de stipuler que Sherlock est, bien sûr, le meilleur personnage de toute la série.

Pour être honnête, ceci est un simple avis personnel, car il n'est pas rare de rencontrer des gens adorateurs de la série, mais pas adorateurs sans limites du personnage, y préférant volontiers Watson, pour son caractère patient, vif, attentionné, compatissant... ou encore d'autres protagonistes, dont nous parlerons plus tard. Pour l'heure, je vais simplement tenter d'expliquer pourquoi ce personnage m'intrigue et m'attire plus que les autres, même si cela se joue de peu, car ils sont tous brillants.

"I'm not a psychopath. I'm a high fuctioning sociopath. Do your research."

Sherlock est un homme brillant, doué d'un talent de déduction incontestable. Pouvant passer des jours sans parler lorsqu'il réfléchit, refusant même de se nourir pour ne pas ralentir le rythme de son cerveau, il sait lire les gens, décrypter leurs attitudes et deviner leur vie. Ce qui explique que ce personnage puisse agacer bon nombre de personnes, c'est qu'il est parfaitement au courant de cette intelligence : Il est sûr de lui, confiant, sait ce qu'il fait, sait qu'il va parvenir à ses fins, et tout ces attouts le conduisent à l'arrogance, voire à la condescendance. De ce fait, nous avons constamment droit à un sarcasme à toute épreuve, pour notre plus grand plaisir, car ses répliques sont pour la plupart épiques. C'est un personnage qui se veut froid, se consacrant exclusivement à ce qui sera utile à son travail et au developpement de ses talents. C'est pour cette raison qu'il admire toute forme d'intelligence, non seulement car c'est tout ce qui l'excite - dans l'épisode avec La Femme, pourtant admirée de tous, il lui dit "vous fanfaronnez pour impressionner, ne m'ennuyez pas, réfléchissez", car c'est sa ruse qu'il admire, bien plus que son corps - mais aussi parce qu'il aime la repérer là où les autres ne voient que folie ou stupidité. Il la reconnaît tout d'abord chez les sérials killers, cela est évident dés le début, c'est pour cette raison qu'il aime faire le métier qu'il fait, - car ils le surprennent toujours, et le sortent ainsi de l'ennui de la routine -  mais aussi chez les marginaux. Par exemple, lorsqu'il a des questions ayant rapport à la peinture pour l'une de ses enquêtes, il dit avoir besoin d'un expert. Il se dirige donc vers le musé, mais le contourne : C'est vers un tageur de rue de l'autre côté qu'il se dirige, et qui lui donne toutes les informations nécéssaires. Il la reconnaît égalemment chez un apparent drogué, qui ne semble pas voir plus loin que le bout de son nez, mais qui se révèle être doué des mêmes talents de déductions que lui, et même de talents pour la bio-chimie. Sherlock est effectivement un personnage qui s'ennuie, et l'ennui est un vaste sujet de réflexion que mène la série. Il n'accepte en effet pas toutes les enquêtes qu'on lui propose, même si certains clients sont prêts à lui offrir une considérable somme d'argent, cela dépendra uniquement de si l'enquête parviendra à l'intéresser ou non. Par ailleurs, quand il ne semble trouver moyen d'éviter l'ennui, celui-ci ne semble trouver d'occupation que dans l'addiction ou les conduites toutes plus saugrenues les unes que les autres, comme par exemple tirer à bout portants sur son mur. C'est un tout nouveau visage du personnage que nous découvrons ici, qui semble pourtant le plus se rapprocher au personnage d'origine écrit par Arthur Conan Doyle, par rapport aux maintes et maintes représentations faites de Sherlock. 

“Shut up everybody, shut up ! Don’t move, don’t speak, don’t breathe, I’m trying to think. Anderson, face the other way, you’re putting me off.”

Ce qui étonnant, c'est de voir son évolution par rapport aux émotions. C'est un concept qu'il ne comprend pas, adepte du côté froid de la raison et de la logique. Il ne semble n'avoir d'affection que pour Madame Hudson - personnage ô combien attachant qui aura le privilège de pouvoir toujours compter sur lui - au début de la série; mais finit bien évidemment par en avoir envers son futur assistant : Le Docteur Watson. Dés le début, celui-ci semble échapper à son jugement critique, à ses repliques cinglantes - en tout cas au début -, attiser sa curiosité, et plus important encore, semble ne pas lui taper sur les nerfs mais au contraire, être de bonne compagnie. Cela se confirme bien sûr dans la suite de la série puisqu'ils lient une amitié qui ne fera que se renforcer. Watson est prêt a tout endurer pour Sherlock, il risque d'ailleurs plusieurs fois sa vie. Il trouve en son ami -son meilleur ami- toutes les qualités que les autres ne voient pas, ne le percevant qu'à travers son statut de génie. Watson, lui, voit Sherlock en tant que génie, certes, mais aussi en tant que personne.  A l'inverse, Sherlock adore Watson, plus que n'importe qui d'autre. Jamais il ne permettrait que son ami puisse être blessé par qui que ce soit. C'est envers Watson que Sherlock ressent le plus de choses. 

"Alone is what I have, Alone protects me."

Sauf qu'il a beau ressentir des choses, il ne sait pas les gérer, encore moins les exprimer de façon claire, préférant ignorer toute forme de sentiments, qui sont pour lui un puissant handicap. Cela se ressent surtout lors de l'épisode introduisant La Femme, qui pour la première fois nous donne la vision d'un Sherlock troublé, confus. Encore une fois, cela se fait ressentir dans le brio de l'écriture et de la réalisation. 

“Anderson, don’t talk out loud. You lower the IQ of the whole street.”

Cette capacité à gérer les émotions fait partie de la reflexion que mène la série, à commencer par Watson, qui dés le début doit gérer ses souvenirs de guerre, puis par rapport à Holmes, qui lui en fait vraiment voir de toutes les couleurs, puis par Holmes lui-même, qui est lui submergé par toutes les sortes d'émotions qu'il fait surgir en les gens : De l'adoration et de l'admiration chez ses fans, de la haine que certains lui portent à cause de son attitude, de l'affection qu'il n'identifie par toujours, jusqu'à la passion amoureuse qu'il suscite chez d'autres encore. Cependant, il n'hésite pas à jouer des émotions que ressentent les gens, pas seulement celles de parfaits inconnus, mais aussi et surtout de celles de son entourage, faisant de lui un personnage aux tendances détestables, mais qui tend à prouver ce qu'il affirme : Les sentiments ne sont que faiblesse. Pourtant, il est très clair que Sherlock a lui aussi ses faiblesses, le rendant ainsi plus humain et moins simple  machine à réfléchir, allant même jusqu'à être une force.

"We are in Buckingham Palace, the very heart of the British nation. Sherlock Holmes, put your trousers on !" 

Mon seul reproche serait sans doute les émotions transmises par rapport à son frère, Mycroft. Personnellement, je le considère comme mon second personnage favori, même si son égoïsme n'a d'égal que son égo et sa supériorité manifeste, car tout cela est compensé par la dévotion sans limite qu'il porte pour son frère, d'une façon bien étrange mais pourtant omni-présente, puisqu'il va jusqu'à faire surveiller ses faits et gestes, et est le premier à s'inquiéter de ses problèmes d'addiction. Nous sentons cette affection, si on peut appeler ça comme ça, à chaque fois que celui-ci se met à évoquer son frère. Il est en effet sa faiblesse, étant le seul que Myrcroft fait passer avec ses intérêts personnels, alors qu'il ne semble guère plus être qu'une source d'irritation se révélant parfois utile pour Sherlock. Il n'est pas aisé d'identifier leur relation, car en même temps Sherlock trouve en Mycroft un homme à la hauteur de son intelligence, qui partage sa froideur, et sur laquelle il lui arrive d'être sur la même longueur d'ondes, mais dont il nous est constamment rappelé qu'il n'éprouve envers lui. que rancoeur. Toutefois, tout va dans le sens où cette relation aurait une raison, que Mycroft évoque à plusieurs reprises sans daigner nous en dire plus, comme pour simplement manifester son existence, mais qui pourrait supposer être exposée dans les saisons à venir.

Avec de tels personnages, il fallait évidemment à Sherlock un ennemi à la hauteur, et c'est sans nul doute que celui-ci l'a trouvé : Moriarty. Tout dans son personnage font de lui un homme malade, qui ne pense plus de façon rationnelle, mais a bel et bien sombré dans la folie. Pourtant, il s'avère être le seul à  égaler l'intelligence de Sherlock. Moriarty donne l'impression d'être un personnage obsédé par le détective, passionné par lui - passionné au point de le haïr, jusqu'à ne plus désirer que le détruire. 

Ce qui est fascinant à observer, c'est à quel point ces deux personnages sont les mêmes : Une intelligence outre mesure, une ruse sans pareille, la capacité de manipuler les gens pour parvenir tous deux à leurs fins... Ils sont pareils, faits de la même consistence, et se comprennent donc mutuellement, en le sens où Sherlock comprend exactement où Moriarty veut en venir, comment son esprit de génie du crime fonctionne, et où Moriarty comprend Sherlock de la même façon, à l'exception qu'il ne semble absolument pas comprendre pourquoi ce dernier choisi de mettre ses talents au service du peuple, plutôt qu'à entreprendre des choses extraordinaires. Là est leur différence : Moriarty a choisi de se vouer au vice, au crime, au mal ; Sherlock à choisit de les résoudre, car étant le seul à les comprendre. C'est d'ailleurs ce que démontre parfaitement les titres qu'ils se donnent : Sherlock s'auto-proclame "détective consultant", tandis que Moriarty préfère s'appeler "Criminel consultant."

"You"re on the side of the angels.

- Oh, I may be on the side of the angels. But don't think for one second that I am one of them."

                                                                                                                                                                              

J'en profte pour faire un petit commentaire à la VF. Si au niveau des voix je ne trouve rien de choquant - de base je trouve que les doublages ôtent tout le charme et le talent des acteurs, mais bon, passons - leur traduction laissent clairement à désirer. Elles ôtent toute la subtilisé des repliques. Par exemple, à un moment, Mycroft demande à son frère "Back to the source ?", soit "retour aux sources ?", en sous entendant bien sûr que Sherlock est retombé dans des problèmes d'addiction qu'il aurait eu dans le passé. En français, cela a été traduit par "Tu t'es remit à la dope ?", ce qui, je trouve, ôte toute subtilité à la réplique.

Autre exemple, quelques minutes avant que Mycrofit ne dise ça, Watson soupçonne - pour ne pas dire sait pertinemment - que Sherlock a pris de la drogue. En montant dans la voiture, il dit à la personne qui conduit "on va à l'hopital", "Because Sherlock Holmes needs to pee in a jar", soit "Parce que Sherlock Holmes doit pisser dans un bocal." C'est une réplique empleint de paternalisme, mais aussi d'exaspération, sous entendant que Sherlock lui aura vraiment tout fait, mais qui plus est le met face à une situation humiliante, celle d'un enfant pris en faute. En français, cela a été traduit par "Sherlock Holmes doit faire des analyses." Certes, là est l'idée, il doit pisser dans un bocal pour faire des analyses, mais cela ôte encore une fois toute subtilité à la réplique. 

C'est pour cela que je recommande fortement de regarder cette série -si ce n'est toutes les séries - en version originale -, car même si l'essentiel du truc est retransmis, nous sommes pratiquement toujours confrontés à une perte par rapport à la traduction.

                                                                                                                                                                      

"Dear God, what it is like in your funny little brains ? It must be so boring."

Que dire, je ne peux que me ranger à l'avis de tous ceux qui ont regardé cette série : elle est effectivement brillante, géniale sous tous les points. Je ne peux qu'applaudir des deux mains (parce qu'avec une c'est trop difficile), le talent de la réalisation, de l'écriture, des acteurs, de tout ce qui a contribué à un résultat aussi excellent. Arrivé à un tel niveau d'expertise, je suis prête à suivre Sherlock et Watson dans toutes leurs aventures, quel quelles soient. Après l'explosion de sensations qui a suivit la fin du dernier épisode de la troisième saison, j'attends sereinement la saison quatre. Sereinement, oui, car elle était tellement, tellement bonne, mes sens en ont tellement pris, que je suis suffisament émerveillée pour patienter, pour endurer l'attente sans trop de peine. Cette série un vrai feu d'artifice d'art et de talent. C'est un véritable coup de coeur.

J'espère de tout coeur que vous avez commencé cette série merveilleuse,

 love always. 

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Chronique littéraire : Outlander, livre 1, "Le chardon et le tartan", par Diana Gabaldon

Publié le par Wendy&Belle

Editions J'ai lu, parût en 2014, première parution en 1992.

Résumé : "Au cours d'une promenade sur la lande, elle est attirée par des cérémonies étranges qui se déroulent près d'un menhir. Elle s'en approche et c'est alors que l'incroyable survient : la jeune femme est précipitée deux cents ans en arrière, dans un monde en plein bouleversement ! 1743. L'Ecosse traverse une période troublée. Les Highlanders fomentent un nouveau soulèvement contre l'occupant anglais et préparent la venue de Bonnie Prince Charlie, le prétendant au trône. Plongée dans un monde de violences et d'intrigues politiques qui la dépassent, Claire ne devra compter que sur elle-même pour surmonter les multiples épreuves qui jalonnent ce formidable voyage dans le temps. Elle connaîtra l'aventure et les périls, l'amour et la passion. Jusqu'au moment crucial où il lui faudra choisir entre ce monde palpitant qu'elle aura découvert et le bonheur qu'elle a connu et qui, désormais, lui paraît si lointain..."

                                                                                                                                                                       

Alors. Que dire. Je l'avais déjà lu, y a quelques mois, après être tombée sous le charme de la série. Et là, en sentant peu à peu approcher la deuxième partie de la saison, - et l'hystérie qui entoure cet univers - je l'ai relu. Et que dire, c'était génial, c'est tout. C'était génial.

Paradoxalement, je n'ai pas grand chose à dire de cette belle brique de plus de huit cent pages. Je n'ai rien à lui reprocher, et cette chronique sera une véritable pluie de compliments.

Commençons tout d'abord par les personnages. Vous en avez assez des personnages féminins faibles, qui se posent toujours trente-six milles questions avant d'agir, pour au final finir par laisser faire leur mec, en mettant bien en évidence à quel point elles sont faibles et perdues sans eux ? Allez à la rencontre de Claire. Claire, est une femme forte. Agile, douée, fûtée, cultivée, pleine de compassion, qui sait garder son sang froid et qui s'efforce toujours de comprendre les autres. Son caractère est comparable à celui d'un lion, elle ne saurait garder la tête baissée et se taire face à tout ce qui se passe autour d'elle. Tout est si bien transcrit que nous ressentons tout ce que ressent Claire, sa fascination comme sa peur face à ce nouveau monde, mais également son coeur qui se déchire à la pensée de son mari qui l'attend à quelques centaines d'années de distance, et à ces nouveaux sentiments qui jaillissent en elle. On ne peut s'empêcher de s'attacher ce personnage, de compatir avec elle - Et Jamie en a bien sur encore plus de mal.

Je suis sûre, mais tellement sûre que vous connaissez Jamie. Il fait beaucoup parler de lui, ce charmant jeune homme -charmant reste à être défini- et cela est compréhensible : L'auteure developpe à l'extrême ses personnages. Leur passé, leur présent, leur situations, leurs relations, leurs ambitions : toute leur psychologie nous est exposée, et on peut ainsi compter sur les doigts d'une main les personnages plats, ce genre de personnages uniquement représentés par leur fonction. Jamie est lui aussi doté d'un très fort tempérament, et l'une des choses les plus fascinante - et amusante - de l'histoire est bien de voir comment leur relation évolue. Deux caractères aussi forts, souvent en opposition mais liés par une passion encore plus forte, qui, selon Jamie, finira par le détruire. 

Par ailleurs, si les deux protagonistes principaux se révèlent être tous deux forts intéréssants, l'antagoniste l'est tout autant. Le capitaine Rendall est défini par une folie pure et un sadisme dépassant toute mesure. Il ne semble avoir d'autres plaisir que celui de torturer, de tourmenter les pauvres âmes qui auront le malheur de croiser sa route. C'est un personnage qui fait froid dans le dos, et qui réussit parfaitement bien à attiser la haine, le mépris et le dégoût de tous les protagonistes du livres. Il est sans doute l'un des ennemis les mieux décrits et réussits que j'ai pu lire. 

Cela résulte d'un travail qui dû germer et se développer un long moment dans l'esprit de l'auteure avant qu'elle ne se mette l'écrire. On sent tout de suite que son manuscrit a été creusé, lu, relu, qu'elle a fait des recherches sur l'Histoire du pays avec un grand H, sur les lieux, sur la chronologie afin de vérifier la concordence des événement... Elle connaît son sujet et son terrain, cela se fait ressentir dans chacun de ses mots. Sans parler des descriptions parfaites qu'elle fait à travers Claire. Les histoires et les légendes relatées par tous participent à donner une ambiance de mythe, qui se révèle être effrayante au début - rappelons-nous que Claire débarque fraîchement des années 1945, où non seulement les progrès techniques et médicaux sont là, mais les moeurs sont également opposées - mais qui se dévoile enchanteresse au fur et à mesure.

Ceci est sans aucun doute le meilleur roman que j'ai pu lire ayant pour toile de fond de l'histoire. Tout dans cette oeuvre transpire la passion de l'écriture et la passion de son thème principal. De la même façon que Claire traverse le temps en passant par les pierres de Craigh Na Dun, nous, lecteurs, sommes transportés ailleurs le temps de huit cent pages. Nous en sortons charmés, ensorcelés, dépaysés - et on en redemande. Je ne peux qu'applaudir la maîtrise de l'auteure, et ne peux que lui témoigner mon admiraiton pour ce qu'elle a su créer. 

  Vous ne regretterez certainement pas de vous laisser emporter à votre tour dans ce voyage.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

        

L'êtes vous ?

La frontière est parfois ténue entre la justice et la barbarie.

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Chronique littéraire : "The evolution of Mara Dyer", by Michelle Hodkin

Publié le par Wendy&Belle

Editions Simon Pulse, parût en 2012, lecture VO.

Résumé :Mara Dyer once believed she could run from her past. She can’t. She used to think her problems were all in her head. They aren’t. She couldn’t imagine that after everything she’s been through, the boy she loves would still be keeping secrets. She’s wrong. "

                                                                                                                                                                        

OMG OMG OMG OMG OMG OMG OMG OMG OMG

Je n'ai pas appprécié le tome 1 autant que tout le monde semble l'avoir fait. Pourtant, l'histoire me trottait dans la tête, et il est venu un temps où, contre toute attente, le deuxième tome est devenu une priorité. Et...

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !

Je suis ravie d'avoir à admettre que ce deuxième tome est bien meilleur ! Je suis tout excitée à l'idée de vous en parler. Ce n'est pourtant pas un coup de coeur. Mais il m'a mis dans tel état ! Cet état là. Si vous le voulez bien, plongeons dans le commentaire de ce deuxième livre, car après tout, on est là pour ça, n'est ce pas ?

D'ores et déjà, le début est très accrocheur : Suite aux dernières péripéthies de Mara, tout le monde la croit en proie en la folie, et l'auteure décrit l'ambiance pesante des psychiatres, des médicaments, des hôpitaux, de la surveillance quasi constante de Mara d'une rare habilité. Je salue à nouveau la narration, que je trouve juste géniale, le décalage entre ce que Mara pense et ce que Mara dit est toujours écrit avec brio, tout comme l'humour du livre, très justement géré. La narration met réellement le personnage principal en valeur - la magie des livres écrits à la première personne -, elle n'en fait pas une héroïne casse pied qui ne peut pas aligner deux pensées cohérentes, incapable de penser à autre chose qu'à batifoler - Ici, Mara a vraiment d'autres chats à fouetter. Même si la romance a une très grande importance dans le récit, comme celle-ci est très bien écrite et très bien menée, qu'elle n'éclipse pas le centre de l'intrigue, elle ne vient pas alourdir le texte. Au contraire, elle vient lui donner une nouvelle profondeur, une autre dimension, et permet également à l'auteur de nous régaler de certains passages lyriques grandioses. A ma grande surprise, je me suis trouvée à stresser dans ce livre, par les éléments paranormaux, par les éléments de flipp...  Vraiment, j'ai été très étonnée. Comme quoi, ce deuxième livre recèle de surprises.

Cependant, le centre de l'intrigue est et reste du début à la fin la question de savoir ce qu'il va advenir de Mara. On a mal pour elle, on a mal avec elle ; j'ai ressenti mille fois plus d'empathie pour la Mara du tome deux que pour la Mara du tome un, qui m'a tapé sur les nerfs du début à la fin. Ici, l'auteure a parfaitement su doser l'équilibre entre le doute et la confiance qu'elle peut avoir en elle-même. On découvre une Mara qui... se découvre. Notamment au travers de Noah.

Pour le coup, j'ai l'impression que tout ce que je reprochais à Noah dans le premier un a été arrangé dans cette suite. Ici, nous ne sommes plus face à un de ces personnages cliché que l'on trouve par centaine, le garçon possessif, jaloux et qui sait y faire avec les filles. Le personnage est beaucoup plus developpé, comme si au fur et à mesure de l'histoire, nous plongions peu à peu dans l'essence de son être, comme si nous pénétrions lentement la carapace du bad boy qu'il a lui-même voulu créer. Cependant, je trouve encore que le côté "plein aux as" est un peu facile, et arrange bien l'histoire. ça me paraît un peu gros. M'enfin, nous apprennons beaucoup sur le passé de Noah, la folie de Mara, et le tout combiné nous laisse... Sans voix ? Que dire d'autre ? C'était super. Juste super.

Ici vient un spoiler ! A vrai dire, les seuls personnages dits "principaux" avec lesquels j'ai du mal sont Phoebe, qui n'est qu'un pâle copié collé de la peste qu'était Anna, et dont je ne voyais d'intérêt ni pour l'une ni pour l'autre, et avec Jude. Mmh. Là où le bas blesse, c'est que Jude est un peu sensé être le "grand méchant..." Grand méchant developpé par un seul trait de caractère - la douleur de la perte de sa soeur. L'écriture d'un antogoniste devrait pourtant susciter milles et une idées, de la complexité, enfin, beaucoup plus que que ce à quoi on a droit face à lui. Vraiment dommage.

Pourtant, pourtant, pourtant, malgré cette chose que je regrette amèrement, je ne peux qu'admettre avoir adoré ma lecture, car il est arrivé un moment, un moment précis où j'ai su, j'ai senti que j'allais passer ma nuit à lire, parce que je n'aurais tout simplement pas pu  trouver le sommeil sans savoir ce qu'il allait advenir de cette chère Mara.

La page 387.

Plus précisement, la dernière phrase de la page 387. OMG OMG OMG OMG OMG.

C'est à partir de ce moment là que j'ai été hypnotisée. Déjà que j'aimais beaucoup ce que je lisais, mais là... à partir de ce rebondissement là... J'étais juste captivée. Je n'ai pas pu m'arrêter de tourner les pages jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus à tourner. Là, vous pouvez retourner jeter un coup d'oeil au tout premier gif, pour vous faire une idée de ce que j'ai ressenti.

Mon dernier souci, qui n'est pas des moindres puisqu'il m'a un peu fait redescendre sur Terre, c'est que le dernier quart du livre... m'a bien trop fait penser à un autre livre, lu au cours de l'été, de manière trop importante pour que je ne ressente pas une amère sensation de déjà vu, et donc de déception. Je ne sais pas si vous déjà entendu parler de Pouvoirs Obscurs, de Kelley Armstrong, mais j'ai eu la désagréable impression d'en lire un résumé, une copie du même schéma, de la même ambiance, des même protagonistes, des mêmes motivations, bref, une copie, quoi. Cependant, si vous ne l'avez pas lu avant, je suis convaincue que vous n'aurez pas cette impression, et les ambiances générales dégagées par ceux deux romans, bien que présentant des similutdes, sont tout de même bien différentes.  

La fin est un cliffhanger d'une cruauté, d'une cruauté... Je ne sais pas comment ont tenu celles et ceux qui ont du attendre une année entière que la suite soit éditée, mais ils ont dû souffrir. Sincérement. Je pense que j'ai majoritairement préféré ce deuxième tome car on a plus cet aspect découverte de l'univers, des personnages, des débuts un peu maladroits. On peu vraiment aller en profondeur dans ce qui a déjà été fait, et donc d'aller d'améliorations en améliorations. On n'a bien sur pas encore les réponses à toutes nos questions - on s'en pose même maintenant deux fois plus - mais j'ai la nette impression que tous les éléments de cette saga sont un puzzle, qui ne pourrait être résolvé qu'à la toute fin. Que j'ai hâte de découvrir, parce que cette fin là...

D'ailleurs, depuis que je l'ai terminé, je ne sais pas trop quoi faire. J'ai juste envie de le relire.  Ce qui veut dire que l'auteur n'a plus que deux alternatives :

Me faire toucher les étoiles avec sa suite, ou trahir tous les espoirs que je mets en elle.

Contre toute attente donc, je vous conseille vraiment de donner sa chance à Mara Dyer, qui en dépit -ou grâce- à un premier tome un peu léger, nous offre une suite dont on -ou en tout cas moi- n'aurait pu rêver.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

What do I sound like?" I asked, more breathily than I intended. God, so predictable.
He considered his answer for a moment before he gave it. "Dissonant," he said finally.
"Meaning?"
Another long pause. "Unstable."
Hmm.
He shook his head. "Not the way you're thinking," he said, the shadow of a smile on his lips. "In music, consonant chords are points of arrival. Rest. There's no tension," he tried to explain. "Most pop music hooks are consonant, which is why most people like them. They're catchy but interchangeable. Boring. Dissonant intervals, however, are full of tension," he said, holding my gaze. "You can't predict which way they're going to go. It makes limited people uncomfortable - frustrated, because they don't understand the point, and people hate what they don't understand. But the ones who get it," he said, lifting a hand to my face, "find it fascinating. Beautiful." He traced the shape of my mouth with his thumb. "Like you.

Everyone is a little crazy. The only difference between us and them is that they hide it better.

This was the boy I loved. A little bit messy. A little bit ruined. A beautiful disaster. Just like me.

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