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Chronique littéraire : "La cinquième vague", par Rick Yancey

Publié le par Wendy&Belle

Editions France Loisirs, parût en 2015, première parution en 2013.

Résumé : 1ère Vague : Extinction des feux. 2e Vague : Déferlante. 3e Vague : Pandémie. 4e Vague : Silence. La 5e Vague arrive...
Ils connaissent notre manière de penser. Ils savent comment nous exterminer. Ils nous ont enlevé toute raison de vivre. Ils viennent maintenant nous arracher ce pour quoi nous sommes prêts à mourir… À l’aube de la 5e Vague, sur une bretelle d’autoroute désertée, Cassie tente de Leur échapper…Eux, ces êtres qui ressemblent trait pour trait aux humains et qui écument la campagne, exécutant quiconque a le malheur de croiser Leur chemin. Eux, qui ont balayé les dernières poches de résistance et dispersé les quelques rescapés… Pour Cassie, rester en vie signifie rester seule. Elle se raccroche à cette règle jusqu’à ce qu’elle rencontre Evan Walker. Mystérieux et envoûtant, ce garçon pourrait bien être son seul espoir de sauver son petit frère, voire elle-même. Du moins, si Evan est bien celui qu’il prétend…

                                                                                                                                                                               

Ce gif représente tellement mon état d'esprit en écrivant cette chronique...

J'ai mis énormément de temps à écrire cette chronique, et la raison est toute simple : Je crains d'écrire un avis assez tranché, alors que je voudrais nuancer mon propos. M'voyez, la chose, c'est que ce roman regorge de points positif, mais que ma lecture s'est achevée sur un goût amer. Toutefois, je ne veux pas nuire au livre, car je sais pertinement que ce n'est qu'une affaire d'impression, totalement subjective pour le coup, et que si cela m'a gêné moi, il y a de grandes chances pour que je sois une des rares dans ce cas là. Commençons donc :

Tout d'abord, je tiens à parler d'un élément qui m'a absolument charmée : La narration. Elle est ultérieure et alternée entre plusieurs personnages. Je dois avouer qu'elle est particulièrement efficace et entrainante : D'une part grâce au talent d'écriture de l'auteur, qui est magnifique, prenante, captivante, et d'autre part grâce à l'intelligence d'alterner les points de vue, qui nous permet de bouger, de suivre comment les groupes de survivants aux vagues précédentes s'organisent pour survivre, de connaître les différents mouvements de pensée qui jaillissent des événements dépassant l'entendement. Sincérement, cela faisait longtemps qu'un système de narration à lui seul ne m'avait pas autant entrainée, persuadée de veiller tard afin de continuer ma lecture. Rick Yancey a un talent certain.

Les personnages sont également très bien construits, à commencer par le personnage de Zombie. J'ai beaucoup aimé son évolution, ses réflexions sur les dirigeants des opérations dans lesquelles il est engagé. Il y a également le personnage de Cassie : Elle est courageuse, forte, indépendante, a su parfaitement s'adapter et nous fait parfaitement ressentir le caractère urgent de la situation dans laquelle elle se trouve, c'est-à-dire seule au milieu des bois, obligée de se méfier de tout et de tout le monde afin de survivre. D'ailleurs, la survie est un - si ce n'est le - thème de prédilection du livre. Elle est partout, omni-présente, l'obsession de chaque personnage.

Ensuite, il est bon de faire remarquer que le contexte de science-fiction est génial : Tout le mystère planant autour des Autres, (le fait que personne ne sache réellement qui ils sont, d'où ils viennent, quelles sont leurs intentions ou même à quoi ils ressemblent) pousse notre esprit à imaginer le pire, augmentant ainsi le suspens, créeant tendue et angoissante, comme si la menace planait au dessus de nos propres têtes (ce qui est peut être le cas, d'ailleurs, allez savoir...) J'ai tout simplement adoré. Pour être honnête, je n'arrêtais pas de penser à l'adaptation cinématographique sensée sortir en 2016. Je pense qu'il est possible de faire quelque chose de sensationel. (surtout que depuis Kick-Ass on aime tous voir Chloé Moretz en mode guerrière.)

Mais alors, pourquoi ta lecture s'achève t-elle sur une note de déception, me direz-vous ?

Eh bien, disons qu'au début de ma lecture, ce qui a sûrement aidé au fait que je sois aussi captivée par le récit, était que je n'aurais certainement pas catégorifié ce livre en genre jeunesse, young-adult, car les enjeux de cette histoire - c'est-à-dire tout de même la survie de l'espèce humaine en voie de disparition - étaient traités de façon grave mais avec beaucoup de sarcasme, évitant ainsi une certaine lourdeur de façon très intelligente, intense - Des événements relatés dans ce livre m'ont vraiment choquée. Révulsée. Il faut du cran pour oser écrire des choses aussi graves et cruelles de manière aussi froide afin de nous faire sentir toute la dite gravité de leur situation, et cela était briant pour la mise en place de l'atmosphère. Toutefois, il s'est passé une chose : 

L'arrivée (ou Arrivée, haha) de la romance.

J'ai eu l'impression qu'elle est arrivée exactement comme les Autres : de nulle part. Un peu comme si l'auteur s'était dit que cela ne pouvait pas marcher si quelque part il n'y avait aucune intrigue amoureuse, comme si elle était nécéssaire du point de vue de la structure. Cela dit, j'en reviens à ce que j'ai dit en introduction : Je pense sincérement que c'est une question d'impression. 

En effet, le personnage d'Evan est empreint de mystère, il nous inspire à la fois confiance et méfiance, nous pousse à essayer de le percer à jour, tout comme Cassie s'y emploie. En soi, ce personnage m'a plutôt plut, mais j'étais si captivée par le contexte de SF, si entrainée par les événements, que cette  véritable pause dans le récit que constitue le temps passé entre Cassie et Evan m'a parût très longue, et m'a donné l'impression de tomber comme un cheveu sur la soupe. Je pourrais dire que lorsque cette pause s'achève par le fait qu'une "quête", si on peut appeler ça comme ça, est lancée, et m'a par conséquent beaucoup plus intéressée, au fur et à mesure du récit à partir de ce moment là, je me suis trouvée avec un point négatif qui m'avait déjà tapé dans l'oeil au début du récit mais dont j'avais choisi de faire abstraction car relativement minime : Le cliché de l'adolescente américaine et de son crush. J'ai vraiment la sensation d'avoir entamé un livre de science-fiction pour adultes s'achevant sur un roman plus jeunesse. La trame perd en gravité et en intensité à cause de ce cliché et de la manière dont il est abordé dans le récit, et nous poursuit jusqu'à la fin, expliquant ainsi l'amertume qui me revient en mémoire en écrivant ces lignes.

Le souci, c'est que par conséquent, je n'ai pas envie de lire la suite.

En conclusion, c'est un roman que je pourrais conseiller pour tous les points positifs qu'il detient - et ils sont nombreux - mais qui me laisse tout de même sur une note de déception, ce que je regrette sincérement. J'ai toutefois hâte de voir ce que l'adaptation cinématographique donnera, et j'espère qu'elle saura gommer sur écran sur qui m'aura gêné sur papier.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Si c'est le cas, si je suis le dernier spécimen de l'humanité, putain, je ne vais pas laisser l'histoire se terminer comme ça. OK, je suis peut-être la dernière femme vivante, mais je suis encore debout. Je suis celle qui fait face au tireur sans visage dans les bois, sur l'autoroute abandonnée. Je suis celle qui ne s'enfuit pas, qui ne se contente pas de rester là, mais qui affronte.
Parce que si je suis la dernière, alors je suis l'Humanité.
Et si c'est notre ultime guerre, je suis son champ de bataille.

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Chronique littéraire : "Fangirl", par Rainbow Rowell

Publié le par Wendy&Belle

Editions Castelmore, parût en 2015, première parution en 2013.

Résumé : Cath est fan de Simon Snow. 
Okay, le monde entier est fan de Simon Snow... 
Mais pour Cath, être une fan résume sa vie - et elle est plutôt douée pour ça. Wren, sa soeur jumelle, et elle se complaisaient dans la découverte de la saga Simon Snow quand elles étaient jeunes. Quelque part, c'est ce qui les a aidé à surmonter la fuite de leur mère.  Lire. Relire. Traîner sur les forums sur Simon Snow, écrire des fanfictions dans l'univers de Simon Snow, se déguiser en personnages pour les avant-premières de films. La soeur de Cath s'est peu à peu éloignée du fandom, mais Cath ne peut pas s'en passer. Elle n'en éprouve pas l'envie.  Maintenant qu'elles sont à l'université, Wren a annoncé à Cath qu'elle ne voulait pas qu'elles partagent une chambre. Cath est seule, complètement en dehors de sa bulle de confort. Elle partage son quotidien entre une colocataire hargneuse qui sort malgré tout avec un mec charmant et toujours collé à ses bottes, son professeur d'écriture inventée qui pense que les fanfictions annoncent la fin du monde civilisé, et un camarade de classe au physique alléchant qui a la passion des mots...  Mais elle ne peut s'empêcher de s'inquiéter à propos de son père, aimant et fragile, qui n'a jamais vraiment été seul. Pour Cath, la question est : va-t-elle réussir à s'habituer à cette nouvelle vie ?  Peut-elle le faire sans que Wren lui tienne la main ? Est-elle prête à vivre sa propre vie ? Ecrire ses propres histoires ? Et veut-elle vraiment grandir si c'est synonyme d'abandonner Simon Snow ?

                                                                                                                                                                        

Oh le joli coup de coeur que voilà...!

Ce qui est bizarre avec ce livre, c'est que je l'ai adoré du début à la fin. J'ai ressenti cet effet - vous savez, cet effet où votre coeur fond littéralement, bat plus vite, et vous fait bien comprendre que vous kiffez le moment plutôt pas mal - dés les premières pages. 

Comme si je savais d'insctinc que ça allait être un coup de coeur. Je développe peut être des pouvoirs de médium...

Premièrement, il est bon de noter que la plume de Raibow Rowell dans Fangirl diffère bien de celle d'Eleanor & Park, et personnellement, je trouve que rien que cela prouve une majeure partie de son talent : Non seulement ses techniques de narration sont multiples, mais en plus elle sait s'adapter en fonction de ce qu'elle veut faire passer, du contexte de son histoire, de ses protagonistes. En effet, ce livre est beaucoup moins lyrique que son oeuvre la plus célèbre, plus léger car ne comportant pas d'enjeux aussi grave, et cela donne toute son âme au récit, participe grandement à nous toucher. ll  est pertinent d'admettre qu'un langage soutenu qui ne nous serait pas familier contrasterait énormément avec le réalisme et la modernité de ses intrigues, et diminuerait ainsi l'empathie, créant une barrière entre ces êtres de papier et nous. Qui plus est, ces pages regorgent d'un humour marquant délicieusement innocent, concept qui crée d'ailleurs toute l'ambiance de l'oeuvre : Tout est abordé de façon tendre, innocente, maitrisé de sorte que ça nous émeut, et non que ça nous agace.

Dans une de ses vidéos Caroline Alaska  disait à propos d'Eleanor & Park "J'avais l'impression de m'envelopper dans une couverture toute chaudre", et c'est vraiment ce que j'ai ressenti en lisant ce livre. Je pense que c'est essentiellement dû au personnage de Cath, et aux réfléxion qu'elle doit mener afin de mettre un peu d'ordre dans sa vie et dans sa tête.

Cath est une fille introvertie. Elle n'est pas particulièrement sociable, préfère de loin rester enfermée dans sa chambre à écrire que sortir avec des personnes de son âge et faire des choses propres aux personnes de son âge, et n'a pas envie que quoi que ce soit vienne perturber son train de vie. C'est un personnage au sein duquel on peut parfaitement se retrouver car elle très humaine, autant dans ses défauts, ses faiblesses, que dans ses forces et ses qualités, d'autant plus que son caractère en retrait ne l'empêche pas de s'affirmer et d'oser prendre ses décisions. Cath sait quand elle doit ou aurait dû faire des efforts, quand elle doit s'adapter, et quand elle doit rester elle-même, entre autres quand c'est aux tour des autres de se remettre en question. 

J'ai beaucoup aimé la façon dont ont été traitées ses relations, à commencer celles d'avec sa famille, c'est-à-dire sa soeur, sa mère, et son père. Tout était développé avec beaucoup de justesse, que ce soit la colère, la tristesse, le ressentiment ou l'attachement. Tout est amené de sorte à ce qu'on comprenne Cath, renforçant ainsi la sympathie que l'on développe envers elle sans tomber dans le manichéisme. 

Enfin, je m'étendrai surtout sur le point central de l'intrigue : La fanfiction, évidemment. Il apparaît que beaucoup de lecteurs n'aient pas apprécié les passages des fictions écrites par Cath. Personnellement, je les ai adoré : Non seulement ils nous permettaient de constater le réel enthousiasme de Cath envers  elles, de le partager, mais apportent une vraie dimension structurale à l'oeuvre, en plus d'une réelle profondeur, une vraie réfléxion. On se questionne ainsi sur l'écriture, la passion, les droits de propriétés intellectuelles (qui ont leur importance, oui oui oui) - en effet, comment devons-nous percevoir ces fanfictions ? Comme du plagiat, ou comme une oeuvre à part entière ? C'est un phénomène très actuel, si l'on compte qui plus est toutes celles qui se font publier et vendre à des millions d'exemplaires. Cela permet également à l'auteure d'aborder son propre domaine : l'écriture. Tout comme les dramaturges de l'époque réfléchissait leur domaine à travers la métaphore du théâtre dans le théâtre, ici nous avons une fiction au coeur d'une fiction. Si l'on s'attarde d'ailleurs sur la fiction écrite par Cath, celle-ci est une jolie métaphore explicitée dés le début du roman : Simon Snow se bat contre la Monotonie Rampante, qui souhaite éradiquer toute la magie du monde ; si nous lisons entre les lignes, la magie, c'est l'écriture, et la monotonie la triste réalité de ceux qui ne la considèrent que comme distraction ou pire, qui ne la considèrent pas du tout. Cath se bat elle aussi contre la monotonie que serait sa vie sans ses fanfictions, et nous montre que le seul moyen de la faire perdurer dans le monde, c'est de continuer d'écrire. 

Tout est réuni pour que Fangirl soit un contemporain fonctionnant à la perfection. L'ambiance est légère sans pour autant être vide. Les thèmes sont traitées avec beaucoup de justesse, de tendresse, et de rélfexion. Je considère sincérement Fangirl comme la déclaration d'amour de l'auteure à sa passion de l'écriture, et même comme une thérapie : Ce livre fait du bien. Il met du baume au coeur, et nous fait un effet chamallow, un effet de douceur, de chaleur...

En d'autres termes, réunit tous les facteurs pour que ce livre soit un réel coup de coeur.

Qui plus est, moi qui me suis tout autant attachée à Simon et à Baz qu'à Cath, j'ai été plus que ravie d'apprendre que l'auteure allait publier la fanfiction elle-même de Cath, sous son titre Carry on. Ô comme j'ai hâte !

 

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Parfois, écrire se rapproche de la chute libre : vos doigts s'agitent sur le clavier comme vos jambes dans le vide.

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Chronique littéraire : La sélection, tome 3, "L'élue", par Kiera Cass

Publié le par Wendy&Belle

Editions France Loisirs, parût en 2015, première parution en 2014

Résumé : La Selection prend un ultime tournant. Quant à America, sa vie a changé pour de bon. Et elle est decidée à se battre. Pour Maxon. Mais d'autres concurrentes se sont dangereusement rapprochées du prince. La seule solution: Riposter.

                                                                                                                                                                       

Voilà l'effet que cette trilogie m'a fait.

Au moins, on ne peut pas me reprocher le fait de ne pas avoir persévéré.

Ce tome-ci m'a particulièrement deçu. Certes, le premier tome ne m'avait déjà pas fait grande impression, mais il avait constitué une distraction sympathique, tout comme le deuxième tome, qui était toutefois un peu plus travaillé, et même intriguant. Les avis multiples comme quoi cet opus était le meilleur de ce qui devait être à la base une simple trilogie m'avait fait espérer quelque chose de bien meilleur.

Quelle torture.

Autant vous prévenir que cette chronique sera très dure. 

J'ai lu les deux tomes précédents l'été dernier, ce qui peut expliquer un certain nombre de choses. Premièrement, j'avais oublié à quel point America était exaspérante. Comment peut-on dire que ce personnage évolue, alors qu'il ne fait que changer d'avis toutes les deux pages ? Sans compter le fait qu'elle est d'un égoïsme sans nom, qu'elle n'est qu'une idiote incapable d'aligner deux pensées cohérentes, doublée d'une manipulatrice imbue d'elle-même, prenant un plaisir inexplicable à jouer les martyres. Que ce soit Aspen, Maxon, les Rénégats, n'importe quel personnage ou même les lecteurs, j'ai vraiment du mal à comprendre ce qu'on peut bien lui trouver. Même si j'apprécie ses quelques gestes de noblesse, le fait de vouloir la faire passer pour une nouvelle Katniss ou comme une fille au caractère affirmé, forte et indépendante me fait doucement rire, car elle n'est rien de plus qu'une adolescente faisant sa crise, ayant un désir de se rebeller tout en se débattant avec ses problèmes de coeur, à mes yeux en tout cas.

Mon souci majeur avec cette saga reste tout de même l'auteure : On pourrait croire qu'elle a écrit ça entre ses douze et quatorze ans, tant le style est banal, très oral, que l'aspect politique reste en surface et que les personnages, en plus d'être trés clichés, ne sont que très peu réfléchis et travaillés. J'aimerais pouvoir dire que ce tome est une jolie parodie de dystopie, mais la parodie est un art, et je ne peux considérer ce livre comme tel. Ouch, c'est dur, ça... Sérieusement, jamais une intrigue politique ne serait aussi simple, aussi simplément réglé, et jamais les rapports entre les rebelles et la hierarchie en place ne pourraient se passer de cette manière. Sans compter que ma réaction face à la solution de l'auteure était purement et simplement "how convenient", comme c'est pratique. 

Ce qui est d'autant plus dommage, c'est qu'avec un minimun de travail en plus, les éléments choc semés dans le livre auraient eu un réel potentiel. Celui de nous  mettre en haleine, de nous faire douter, même. Mais c'est sans compter sur un des défauts majeurs de cette saga : La description est quasi absente. Ainsi, on ne va pas en profondeur dans l'âme des personnages, ni dans la réflexion, ni dans les enjeux. On a même pas droit à des éléments de décors pour se situer ! C'est un réel problème,  surtout en dystopie, où le contexte est essentiel pour réellement comprendre dans quoi vivent les personnages. Sans compter que nous sommes tout de même dans un palais. Puisque l'auteure a décidé d'écrire sur de jolies filles portant de jolies robes, autant s'en donner à coeur joie et décrire leur quotidien ! Quotidien d'or et d'argent qui pourrait grandement contraster avec la pauvreté de certaines castes, et ainsi ajouter des enjeux, chose que Hunger Games faisait très bien - Cela dit, on va pas comparer ce qui n'est pas comparable, Collins a dû travailler son histoire pendant des nuits entières, et comparer ces deux dystopies serait comme comparer des torchons et des serviettes. Sérieusement, elle pourrait au moins se donner la peine de fournir son roman de ce côté là. Ici, tout arrive très vite, de sorte que ça tombe plus comme un cheveux sur la soupe que comme un élement réellement saisissant. Cela dit, je ne sais pas si je devrais m'en plaindre, au moins le livre est plus court, et donc terminé plus vite. 

Bon, le point Aspen pourrait être considéré comme un point positif à la fin du livre. Juste parce qu'il a un raisonnement que j'ai bien aimé, même si cela ne cassait pas trois pattes à un canard et était déjà vu. ça faisait quand même du bien. Le point Céleste, aussi. Même si cela paraissait un peu gros pour que ça passe, au moins, ce personnage là était sympa. Néanmoins... Rien de bien original, encore une fois.

Le Passeur. Legend. Hunger Games. Orwell. Ces oeuvres là sont de réelles oeuvres de dystopie. Ici, j'ai vraiment du mal à le ranger dans cette classe tant c'est mal abouti, tant ce n'est pas le but majeur. J'ai déjà du mal à le classer en young-adult. En middle-grade, à la rigueur, car je ne pourrais le conseiller de le lire qu'à des lecteurs en dessous de treize ans, et encore, il y a des oeuvres bien meilleures adaptés à cette tranche d'âge là.

Je ne comprends clairement pas le succès de cette série, et je comprends d'autant moins la nécéssité d'un quatrième tome. Cela dit, vu le talent de l'auteure, je comprends qu'elle ne puisse écrire autre chose. Qui plus est, je trouve très brillant l'idée de nommer ce quatrième tome de manière à spoiler totalement ce qu'il pouvait se passer dans le troisième. Est-ce qu'on peut compter ça comme preuve de la prévisibilité de la chose ... ?

Pardonnez-moi pour la dureté de mes paroles, je ne souhaite évidemment offenser personne, mais une fois encore, je ne peux pas nier le fait que ce livre m'a ennuyé du début à la fin.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

C'est tout de même étrange d'avoir la certitude qu'on a dit quelque chose quand, en réalité, on ne l'a jamais dit. Comme il est étrange de penser qu'on a entendu quelque chose alors qu'on ne l'a jamais entendu.

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Chronique littéraire : Les Outrepasseurs, tome 3, "Le libérateur", par Cindy Van Wilder

Publié le par Wendy&Belle

Editions Gulf Stream, parût en 2015.

Résumé : Un terrible hiver s'abat sur la Grande-Bretagne. Peter, qui a été sauvé par Arnaut, se retrouve seul, car le Chasseur et le lion d'Arnaut sont affectés par la disparition de la magie. Arnaut tombe dans un coma profond, auquel il semble n'y avoir aucune solution. Jusqu'à ce que Peter comprenne que le sous-sol de Lion House regorge de ressources cachées...

                                                                                                                                                                              

So... What do we do now ? 

La vitesse à laquelle j'ai dévoré cette série m'épate. 

Guère plus d'une semaine.

Pour être honnête, je ne sais pas quoi penser de ce troisième tome. D'un côté je l'ai adoré... De l'autre, je n'arrive pas à assimiler le fait que ce soit terminé. 

A aucun moment le style de l'auteur nous fait défaut. Son aisance avec les mots crée une véritable addiction pour le lecteur, qui ne cessera de tourner les pages, avide de découvrir la suite. Son univers restera incrusté dans sa tête longtemps après avoir fini sa lecture, tant il sera marquant. Hypnotisant. Captivant. 

C'est un univers qui me manque déjà énormément.

Je ne saurais dire si j'ai préféré cet opus au premier. Ce qui rend ce tome-ci particulier par rapport aux deux précédents est l'aspect conte. Certes, nous avions déjà un fond de Reine des Neiges version Handersen, mais ici cet aspect est réellement mis en valeur, et qui plus essentiel à l'intrigue. Je pense que c'est d'ailleurs ce que j'ai préféré dans ma lecture. Ici, le Chasseur se confie à nous, et la façon dont il raconte des fragments de son passé en chaque début de chapitre est un chef d'oeuvre de narration, et son arrogance envers nous, pauvres mortels que nous sommes, rend son récit plus magique, grand, magnifique. D'un tout autre niveau, débordant de lyrisme et de romantisme. On apprend ainsi les tourmentes et les souffrances de cet être qui nous touche de plus en plus. Et on aime ça. De sa nature mystique transparaît ainsi un côté véritablement... humain.

J'ai vraiment adoré ces passages. 

D'ailleurs, quand il acheva son récit et que la fin appochait fatalement, j'étais comme :

Dire au revoir... Quelle douce souffrance.

J'ai vraiment regretté que le Chasseur et Arnaut n'aient aucune intérractions. C'est quelque chose qui m'a vraiment manqué. J'aurais aimé une réelle confrontation, une mise au point... Toutefois, j'ai apprécié la relation qui se crée entre Arnaut et Peter, qui de son côté, évolue dans sa relation avec Shirley. L'évolution des personnages s'évalue aussi au niveau individuel, puisque chacun se met réellement à réfléchir sur la situation, sur eux-mêmes, et sur la conduite à adopter.

Quand, irrémédiablement, la fin est arrivée, au début, j'étais... contrariée. Une partie de moi ne voulait pas que ça se termine comme ça, attendait autre chose. Cependant, une fois méditée, cette fin m'apparaît... Juste, dans le sens où, à la vue de tout ce qu'il s'est passé, ça ne pouvait se terminer autrement. Je ne vous cache pas que c'est une fin qui tord le coeur, qui fait mal. La noblesse d'Arnaut m'a réellement touchée, je pense d'ailleurs que c'est un personnage dont je me souviendrai longtemps - si ce n'est un de mes personnages préférés de tous les temps. Tout en lui m'a plût dans cette histoire, et j'aimerais tellement, tellement, tellement, que l'auteure en écrive un peu plus sur lui. Je serais sans doute l'une des premières à la lire. 

Cette série m'a vraiment charmée, touchée, captivée. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle me plaise autant qu'elle me fascine. C'est une superbe trilogie que je recommande vivement, et que je relirai très probablement.

Lui dire au revoir comme je l'ai dit n'est pas facile. Mais soyons forts.

Comme Arnaut. 

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Commença alors un long voyage au bout de la nuit. Vous sursautez, je vois que cette expression ne vous est pas inconnue. Le titre d'un livre, vous dîtes ? Je ricane. Comment si un de vous, mortels, savait ce que la nuit veut dire ! Je ne parle pas de la simple obscurité qui rythme votre quotidien, quand vous vous glissez entre les draps et succombez au sommeil. Non, celle dont je parle, c'est de la nuit de l'âme. Une nuit qui a achevé la vile besogne de la fée, entamée dans la caverne. L'obscurité éternelle, même en plein jour, quand le soleil brille. Celle où rien d'autre ne compte qu'avancer, un pas après l'autre. A vrai dire, je me fichais de notre destination. Je soutenais Ean quand il trébuchait, je lui soufflais des mots qu'il ne semblait pas entendre. Je n'avais pas encore réalisé à quel point les liens de la sorcière étaient ancrés en son âme. Ean, mon doux Ean, qui avait rêvé de découvertes et de merveilles lumineuses Il n'y avait trouvé que la nuit.

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Chronique littéraire : Les Outrepasseurs, tome 2, "La Reine des Neiges", de Cindy Van Wilder

Publié le par Wendy&Belle

Editions Gulf Stream, parût en 2014.

Résumé : " Les Outrepasseurs viennent enfin de capturer la dernière fée libre, Snezhkaïa la Reine des Neiges. Ils ignorent qu'ils viennent de déclencher une malédiction qui risque de les anéantir. Peter, qui supporte de moins en moins de se plier à la volonté de Noble, tente de retrouver le Chasseur pour mettre fin à cette lutte séculaire ? "

                                                                                                                                                                               

Voici comment je me suis sentie durant toute ma lecture. Mes yeux captivés par les mots et le sens qu'ils detenaient. 

Pour tout dire, je l'ai lu en un après-midi, d'une traite.

L'une des raisons à cela fût que le précédent tome a réussit a faire jaillir en nous une réelle envie de connaître la suite de l'histoire. Sincérement, je n'avais qu'une envie : Découvrir ce qui était arrivé au Chasseur et Arnaut, et les nouveaux éléments, les nouveaux artefacs et nouveaux protagonistes permettant l'évolution de la trame narrative débordent d'originalité. Qui plus est, les références de ce tome-ci sont d'une autre nature que celles du précédent, et encore une fois, c'est un point très positif du récit.

Le livre ne cesse de nous surprendre : à aucun moment je ne m'attendais au vrai fond de l'intrigue, au réel sens des enjeux pesant sur les épaules du jeune Peter, sur lequel nous sommes maintenant réellement plus centré. Nous suivons ses réflexions, ses faits et gestes. Certaines questions morales sont soulevées par les actions des protagonistes, et l'ensemble du texte se nuance grandement. 

De plus, là où nous ressentions énormément de compassion pour les personnages lors du premier tome, ici nous ressentons beaucoup de haine, de mépris pour leurs actions... Cependant, l'auteure ne tombe pas dans la facilité d'écrire de purs méchants, et leur confère en fait une certaine humanité qui nous permet de... comprendre, en quelque sorte. 

Je regrette seulement que le lien entre Peter et Scrooge ne soit pas plus approfondi, plus présent. Aussi, certaines péripéthies, bien qu'entrainantes, ne m'apparaissaient pas comme pertinentes, et j'aurais peut être préféré que l'auteure se concentre davantage sur certains points forts intéressants.

La fin m'a toutefois laissée dans cet état :

... Et je pense me jeter sur le troisième - et dernier - tome immédiatement. J'ai encore une fois une envie -un besoin - terrible de savoir ce qu'il va advenir de ce cher Arnaut, et découvrir où tout cela va nous mener. 

Cette suite est donc bel et bien une réussite, puisqu'elle parvient à capter notre attention jusqu'au bout, en nous persuadant que cet univers nous réserve encore bien des surprises. En tout cas je l'espère.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Le chasseur l'appelait, tel un petit garçon désemparé. Un amant, qui voit son amour lui échapper. Une âme soeur, qui tend les bras vers son autre moitié.

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Chronique littéraire : "Les Outrepasseurs", tome 1, par Cindy Van Wilder

Publié le par Wendy&Belle

Editions Gulf Stream, parût en 2014.

Résumé : " -  Jure-moi fidélité et je te protégerai. Nous le ferons tous. - Nous ?
- Les Outrepasseurs. Tous ceux qui portent la Marque. Regarde ces jeunes gens. Voilà ta seule famille, à présent. Vous combattrez ensemble. (Il baissa le ton de sa voix.) Nos adversaires ne s’arrêteront jamais. Les fés nous pourchassent depuis huit siècles. Une éternité pour nous. Un instant pour eux. »
Peter, un adolescent sans histoire, échappe de justesse à un attentat et découvre que l’attaque le visait personnellement. Emmené à Lion House, la résidence d’un mystérieux Noble, il fait connaissance avec les membres d’une société secrète qui lutte depuis des siècles contre les fés : les Outrepasseurs. Les révélations de ces derniers vont changer le cours de sa vie… "

                                                                                                                                                                        

Oui. Ce Peter est toujours dans ma tête. Toujours.

J'adore quand un livre, au-delà de combler mes espérances, me fait un effet dingue.

J'ai tellement aimé l'univers de ce tome qu'il me trotte dans la tête à longueur de temps. Je ne l'avais même pas encore terminé que j'avais déjà acheté les deux tomes suivants... Je ne m'attendais vraiment pas à ça. 

Je suis  bleuffée. Charmée.

La plume a fait que j'ai eu énormément de mal à lâcher ce livre - d'ailleurs j'ai relu certains passages une fois terminé. - L'univers mis en place était réellement intéressant : Un contexte moyenageux, très croyant et très pieux, est mis en parrallèle avec des créatures appartenant à un autre monde, dont les attitudes et les aptitudes sont bien différentes de celles des simples villageois. Les deux univers sont tous les deux captivants ! Et tous les deux très sombres, et je ne peux m'empêcher de penser que le décor ne fait que refléter la nature de ses protagonistes. Le lyrisme et la fluidité de l'auteure nous permettent de prendre autant de plaisir à découvrir les habitudes de vie et les comportements des habitants du village qu'à découvrir celles des fés. J'ai adoré toutes les références mythologiques placées tout au long du livre, et les expressions de langages utilisées : Elles prouvent un réel travail de recherche et d'approfondissement de l'histoire, et participent ainsi à la profondeur du texte.

Concernant le lyrisme d'ailleurs, j'ai été littéralement hypnotisée par les description faites du Chasseur, surtout vis-à-vis de sa nouvelle proie, c'est-à-dire sa nouvelle obsession.

La seule chose sur laquelle je pourrais chipotter serait le personnage de Niels, qui est assez ambivalent, assez lunatique. En revanche, j'ai adoré les personnages de Frère François et Arnaut, pour laquelle le phénomène d'ampathie a réellement fonctionné. 

Je peux comprendre les reproches adressés au livre concernant le fait que ce premier tome introduit sur la quasi-totalité du roman les origines des Outrepasseurs, alors que la quatrième nous promettait une histoire centrée sur Peter. En ce qui me concerne, je trouve que l'histoire est bel et bien centrée sur Peter, car dans la narration des événements passés, on ne se centre sur aucun personnage, mais voguons de charactère en charactère, créant ainsi un certain suspens, qui ne fait que monter crescendo grâce à l'ironie dramatique de l'histoire.

Les dernières pages étaient vraiment haletantes, et je dois admettre que je suis d'ores et déjà plongée dans la suite. Je ne pouvais pas attendre, je ne voulais pas attendre, le livre était sous mon nez, alors pourquoi attendre ? Et puis, je ne veux pas trop m'avancer, mais... Cette suite à l'air de tout déchirer. 

Ce livre fût un véritable délice. Je ne peux que le recommander. 

Alors n'attendez plus, foncez ! Vraiment.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

 

Pour ma défense, en plus d'un Peter, il y a un personnage qui s'appelle Félix dans l'histoire... Comment ne peut pas faire des liens... ?

Oh non, mon fier lion ne va pas se transformer en lamentable limaçon. Pas plus qu'il ne me faussera compagnie désormais.

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Chronique littéraire : "Pour un jour avec toi", par Gayle Forman

Publié le par Wendy&Belle

 

Editions Kero, parût en 2013.

Résumé : "Peut-on tomber amoureux en seulement un jour ?
Allyson « Loulou » Healey, sage Américaine, rencontre Willem de Ruiter, acteur hollandais ténébreux, lors d’une représentation théâtrale en Angleterre. Une étincelle se produit. Elle le suit alors à Paris où ils vont passer une journée inoubliable. Mais, le lendemain matin, quand elle se réveille, Willem a disparu.
Allyson commence alors un long voyage afin de guérir de son premier chagrin d’amour, se libérer de ses chaînes et, un jour, retrouver l’amour."

                                                                                                                                                                          

Quelqu'un aurait-il un cachet d'aspire  ? Il m'en faut d'urgence pour faire passer l'affreuse migraine que ce livre vient de me donner.

Comment un livre sensé faire l'éloge du voyage peut-il être aussi assomant ? Comment peut-on rendre une chose aussi passionnante aussi ennuyeuse ? Sur un fond de découverte, de nouvelles cultures, de nouvelles expérience, comment peut-on calquer une histoire aussi... niaise, vaine, futile, puérile ?

Ne me haissez pas, car je sais que ce livre est énormément apprécié sur la blogosphère, mais pour moi ça a été une torture, et croyez-moi, j'en suis la première deçue. Le début m'avait parût prometteur : Il démarre tout de même avec une citation discutée de Shakespeare. D'ailleurs, c'est bien là le seul point positif que j'accorde au livre : Tout tourne un peu autour de cet auteur - Même si au bout d'un moment un peu d'élargissement et d'ouverture vers d'autres oeuvres de la littérature Anglaise auraient été bienvenue, car au bout d'un moment, même si Shakespeare est passionnant, ce livre ne fait que se répéter, et me fait me demander si l'auteure a déjà ouvert un autre livre appartenant au registre classiques de la littérature Anglaise.

Il y a bien un second bon point... Pendant une centaine de pages. Je l'ai adoré au début, et au fur et à mesure, il n'a fait que m'agacer, m'exaspérer : Le voyage. J'ai été deçue, deçue ! J'ai visionné une conférence où l'auteure parlait de l'écriture de son roman et de ses affinités avec le voyage. Elle en parlait avec tant de passion que c'est ce qui m'a convaincu de lire ce roman. L'auteure a beaucoup voyagé - c'est pourquoi je ne comprends pas comment les description et ce que l'on ressent dans un pays étranger peut être aussi peu abordé, uniquement pour se concentrer sur l'histoire qu'elle a voulu développer.

Je comprends les enjeux qu'elle a voulu exposer dans son histoire : Ceux d'une quête identitaire. Allyson est en effet une jeune fille qui semble ne rien décider de sa vie, du genre à tout prévoir et ne laisse jamais place à l'aventure. Après sa rencontre avec Williem et sa petite excursion à Paris, celle-ci se retrouve perdue, ne sait plus qui elle est et veut se trouver. 

Pour moi, c'est râté. 

Je trouve que l'auteure, malgré quelques passages qui faisaient sens et pouvaient marquer l'esprit, s'est complétement embrouillée dans ses propos, et ne nous a servi qu'un redoutable cliché assaisonné d'une sauce à la Twilight : Tentation. Cette histoire de double identité entre un personnage qu'Allyson se crée et celle qu'elle a toujours été était confus, sa relation avec Williem était d'un cliché et d'un creux sans nom. Pas une seule fois le sujet du traumatisme n'est abordé, et on est laissé avec un personnage plus qu'agaçant, exaspérant. La philosophie qu'a peut être voulu transmettre l'auteure se retrouve anéantie par une gamine qui, si elle pense cheminer vers la maturité, ne fait que regresser au fil des pages. L'empathie n'opère pas. Qui plus est, les personnages secondaires n'étaient abordés qu'en surface, et lorsqu'Allyson se lance enfin dans ses recherches de réponse, l'auteure se contente de raconter ça en une trentaine de pages - après trois cents pages de choses dénuées d'intérêt - pour au final seulement nous promettre - et nous vendre - un deuxième tome. Je n'ai pas été une très grande fan de Si je reste, mais ça a tout de même été une lecture plaisante, et une histoire plus travaillée et aboutie que celle-ci. Pour tout vous dire, j'ai refermé ce livre avec des maux de tête inimaginables. Quand bien même une histoire soit écrite pour être une duologie,  ou doit même s'inscire dans une saga, un livre doit être une oeuvre à part entière, et je trouve que pour le coup ce livre n'apporte rien. 

Certes, je pourrais éventuellement recommander ce livre si vous recherchez un protagoniste qui voyage, mais si la façon de voir les voyages sont sympathiques au début, à la fin c'est juste bâclé et n'a - à mes yeux - aucune valeur. Des livres sur le voyage, il y en a des tas, et des bien meilleursça ne doit pas être bien difficile  à commencer par le célèbre Into the Wild, de John Krakauer. 

Par conséquent, je ne conseille absolument pas ce livre, et à la vue des deux livres que je vais encore lire de l'auteure - Where she went et I was here - , je suis un peu inquiète. Les avis sont pourtant très bons, mais ils l'étaient également pour celui-ci, et bien sur ce sont des avis que je ne partage pas le moins du monde. Je suis désolée si mes propos ont pu offensé les fans, ce n'était évidemment pas le but, mais je ne peux nier le fait qu'après cette lecture, je me suis retrouvée dans cet état : 

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Il n'existe pas de carte postale de ce que j'ai sous les yeux. La vie.

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Chronique littéraire : "Hopeless", par Colleen Hoover

Publié le par Wendy&Belle

Editions Fleuve noir (Territoires), parût en 2014, parution VO en 2012.

Résumé : "Sky, 17 ans, vit avec sa mère adoptive Karen. Après plusieurs années de scolarisation à domicile, elle débute sa dernière année de lycée dans un nouvel établissement où elle ne connaît quasiment personne. Peu importe, de toute façon, Sky ne ressent aucune émotion pour personne depuis son enfance. Alors quand elle croise Holder, le bad boy du lycée, elle est surprise de l'effet qu'il a sur elle. Sky comprend rapidement qu'Holder n'est pas celui que tout le monde croit et leur relation devient passionnée. Peu à peu, elle découvre grâce à lui la vérité sur son passé. Tous deux étaient amis et voisins dans leur enfance. Mais elle ne s'en souvient pas..."

                                                                                                                                                                            

Je dois avouer que ce livre m'a foutu une sacrée claque.

Il m'a berné du début à la fin !

Je n'ai vraiment rien vu venir. Rien du tout. Et j'ai adoré ça ! Cela faisait beaucoup trop longtemps que je n'étais pas tombée sur un tel page-turner. 

L'étrangeté de la chose est que le début ne me paraissait pas si prometteur, pourtant, il y avait déjà cet effet page-turneur, même si je pense sincérement que l'effet "période d'examens" a influé sur le fait que j'avais vraiment besoin de lire au moment où je l'ai commencé. Néanmoins, si j'appréciais énormément le sarcasme de l'héroïne, Sky, j'avais l'énorme impression de me retrouver dans Eternels d'Alyson Noël, qui est plutôt vu et revu. C'est l'un des reproches que j'adresse au roman : Son aspect cliché. Le fait qu'au bout de deux jours Sky soit tombée raide pour Holder, qui est bien sur un genre de brun mystérieux. Le meilleur ami gay surjoué. Le côté "toi et moi c'est pour toujours." Je commençais à me dire que le livre avait tout le côté émo de la couverture, et que ça allait être une énorme déception. 

Très franchement, à ces moments là, moi, c'était ça :

Pourtant, j'ai continué, non seulement parce que je me force toujours à finir mes livres, mais en plus à cause de cet effet page turneur. Encore une fois, le sarcasme de Sky me plaisait énormément, et son ignorance par rapport à tout ce qui est technologique était génial. Le style de l'auteur est plutôt addictif, descriptif sans être lourd et très sarcastique -vous l'aurez compris- quand il le faut, même si j'admets que certaines tournures de phrases du genre me fou grave en rogne me hérissaient quelque peu le poil. De plus, l'auteure trouve des métaphore absolument magnifiques. Je pense notamment à une qui m'a particulièrement marquée...

J'ai donc continué à tourner les pages, jusqu'au moment où : 

Je brûle d'envie de tout vous raconter, mais vu l'effet que m'a fait le passage "révélations", je ne veux pas vous enlever ça. C'est un moment où tout devient beaucoup plus clair, et où tous les reproches adressés au livre prennent un sens, si bien qu'on ne peut plus tellement les reprocher : On a plus qu'une envie, tout relire, en ayant tout compris. Le plus beau dans l'histoire, c'est que ce n'est que le milieu du livre. Ce qui arrive par la suite est juste... Wow.

Je ne m'attendais pas à trouver non seulement des choses aussi taboues, aussi ouvertement discutées ! Ce livre est un énorme risque qu'a pris l'auteure. Aborder de telles choses est loin d'être facile, mais l'aborder avec autant de nuances était brillant. C'est une des choses qui m'ont fait adorer ce roman. Toutes les nuances. Après tout, l'être humain est complexe. Les sentiments le sont aussi. Et c'est quelque chose de très bien construit ici. Qui plus est, l'auteure aborde également comment accepter ses sentiments, les gérer, y mettre un peu d'ordre. 

En fait, le livre démarre comme une banale histoire entre deux adolescents que tout semble opposer jusqu'à la découverte d'une passion, avis ou intérêt commun où il se trouveront par la suite incroyablement attirés l'un par l'autre grâce à la magie des hormones à une quête identitaire, une réflexion sur comment gérer les choses citées plus haut, s'arrêter un moment pour penser, quoi. Pour un roman qui sera essentiellement lu par des adolescents ou des jeunes adultes, c'est vraiment brillant.

En ce qui concerne la dimension sexuelle - parce que ces deux jeunes gens s'aiment plutôt pas mal et veulent exprimer cet amour sous forme physique -, j'ai entendu beaucoup d'avis mettant en garde, du genre "si les scènes érotiques ne sont pas votre dada, ça risque de vous déranger." A cela, je tiens à réagir. Le thème du roman en lui même est dérangeant, car c'est un sujet tabou qui est discuté et nuancé. Ce n'est en aucun cas un livre érotique, néanmoins c'est une dimension extrêmement importante, car elle est la base de l'opposition que veut montrer l'auteure. Je ne tiens d'ailleurs plus, alors je vais faire un passage spoilers qu'il vous faudra surligner pour lire si vous désirez savoir (même si ça va vraiment, vraiment vous spoiler) : 

 Lorsque le père de Sky abusait d'elle, il le faisait par pulsion, ivre, et ne peut en aucun cas être toléré ou passer pour de l'amour. En comparaison, Holder iniste bien sur le fait que quoi qu'il fasse avec elle, ce sera par amour, car il est amoureux d'elle, "si je te fais l'amour, c'est littéralement ce que je fais." C'est une opposition cruciale, les raisons de l'acte sexuel sont bien distinctes, et cela fait une différence de taille pour le personnage de Sky.

Ce livre fait radicalement une différence entre le bien et le mal, surtout en ce qui concerne les règles, ce qui est inscrit dans les textes de loi comme les définissant, et même quand je pensais tout savoir l'auteure a su encore plus nuancer son propos et me faire encore une fois changer d'avis. Je ne peux que chaudement vous le recommander, car malgré certaines facilités scénaristiques, à la vue du travail effectué sur son histoire sur plus de la moitié de son roman, on peut se permettre de lui pardonner. En tout cas, moi je lui pardonne, et après un tel livre, j'ai besoin de me retirer vers mon palais mental. 

Il faut le lire.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always.  

Le mot m'apparaît soudain comme une évidence, comme s'il avait toujours été là en filigrane entre "affection" et "amour" dans les pages du dictionnaire.
- Vivant.
Le désespoir dans ses yeux s'estompe légèrement tandis qu'il laisse échapper un petit rire interloqué.
- Quoi, vivant ? répète-t-il étonné en rentrant le menton.
- Plus qu'attaché mais tout à fait amoureux, tu te sens vivant. Tu peux utiliser le verbe vivre, si tu veux.
Riant encore, cette fois d'un air totalement apaisé, il me prend dans ses bras pour m'embrasser et souffle sur mes lèvres :
- Si tu savais comme je te vis, Sky.

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