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Chronique littéraire : "Coeur Cerise", par Cathy Cassidi

Publié le par Wendy&Belle

Editions Nathan, parût en 2011, première parution en 2010.

Résumé : "Cherry, 13 ans, et son père Paddy s’installent en Angleterre chez Charlotte, sa nouvelle compagne qui a quatre filles : Coco, 11 ans ; les jumelles Summer et Skye, 12 ans, et Honey, 14 ans. Cherry est ravie de faire partie d’une famille nombreuse. Mais, à peine arrivée, elle craque bien malgré elle pour Shay, le petit copain de Honey. Voilà qui ne va pas arranger la cohabitation déjà difficile avec Honey, la seule à ne pas accepter l’arrivée de son nouveau beau-père ! Alors que tous participent à la création d'une fabrique artisanale de chocolats, Cherry se retrouve partagée entre l’affection pour ses nouvelles soeurs et le charme irrésistible de Shay…"

                                                                                                                                                                  

Je suis tellement, mais tellement navrée d'avoir à écrire cette chronique, tout ça parce que j'ai eu la mauvaise idée de lire ce que je savais n'était pas fait pour moi. Partant du principe que l'on reconnaît la bonne littérature jeunesse au fait que nous n'avons pas besoin d'être particulièrement jeune pour l'apprécier, il était évident que j'allais être déçue.

Mais, après le succès de cette saga aux tomes qui ne cessent de sortir et les livres qui y ressemblent, en le voyant à la médiathèque, j'ai décidé de laisser sa chance à ce petit livre au titre sucré.

Quelle drôle d'idée ai-je eu.

Puisqu'il faut commencer, commençons.

Ce livre touche donc essentiellement à deux thèmes : 

  • Le souci de l'héroïne, Cherry, à s'accepter et à inventer, à mentir, grâce à son trop plein d'imagination.
  • La famille recomposé, le père de Cherry souhaitant s'installer avec la mère de quatre jeunes filles...

Pour des sujets aussi universels et importants, je m'attendais à ce qu'ils soient traités avec justesse et délicatesse, même si le but était de faire passer en douceur une jolie morale... Pas avec autant de clichés aussi abhérants.

 

 

Ceci est plus cliché qu'un téléfilm de l'après-midi. Le cliché de la famille parfaite, avec en prime la peste de service au milieu. Nous avons beau savoir que le personnage de Honey a du mal à accepter le divorce de ses parents et ne s'habitue pas au fait qu'elle désire refaire sa vie, elle aurait pu être tout de même... Plus nuancée. La jeunesse n'est pas synonyme de stupidité. Devons-nous considérer que les jeunes ne sont que de pâles enveloppes vides qui ne font que se ressembler les unes aux autres ? Ce roman a beau avoir été écrit pour des jeunes filles (parce qu'il ne pourrait pas être plus genré, honnêtement), âgées de huit à douze ans, ce n'est pas une raison pour que celui-ci ait l'air d'avoir été écrit par l'une d'entre elles. Les descriptions des filles - comme des deux garçons d'ailleurs - sont minimes, et les personnages sont quasi indifférenciables les uns des autres, étant donné qu'ils ne sont décrit que par deux ou trois traits maximun. Ce genre de description irait pour un conte - ce n'est clairement pas le cas ici. Je sais bien que chaque personnage aura droit à son tome, vu la façon dont Cherry est transcrite dans celui-ci, cela ne me laisse aucun espoir quant aux autres. Pour tout dire, je trouve limite vulgaire ce qui a été fait ici de ces jeunes. 

Y aurait -il un spoil ici ? Surtout qu'au final, cette pseudo romance insipide n'a pas lieu d'être : Shay n'a même pas cerné le personnage de Cherry, et n'a même pas compris que celle-ci avait un problème à affirmer qui elle était, pensant au contraire qu'elle acceptait le fait d'être une conteuse née jusqu'au bout, jusqu'à en faire une part d'elle-même.  

Vous allez penser que je n'ai pas de coeur, avec une critique aussi acerbe sur un livre bien innofensif, mais je ne peux même pas dire que j'ai au moins passé un moment détente, car ce serait mentir. Je ne vais tout de même pas mentir, n'est-ce pas ? Pas à vous.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

 

C'est donc un crime d'avoir de l'imagination ?

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Chronique littéraire : "Les jolis garçons", par Delphine de Vigan

Publié le par Wendy&Belle

Editions JC Lattès, parût en 2005.

Résumé :Prenez un homme qui aime les femmes, le corps des femmes surtout. Il a une quarantaine d'années, il est beau mais fatigué. Prenez une femme qui aime les hommes, la peau des hommes mais pas seulement. Elle va avoir trente ans, elle est jolie quand elle y prête attention, parfois on se retourne sur elle, on la dévisage, parfois elle est grise, on ne la voit pas. Trois hommes dans la vie d'Emma. Trois rencontres sur des musiques différentes, basses et douloureuses, rieuses et légères, hantées par un même motif : l'illusion. Combien de fois faut-il rejouer la fable pour être capable de s'en défaire ?"

                                                                                                                                                                     

Je dois avouer que je suis assez décontenancée face à ce livre.

Concernant l'auteur, j'avais déjà lu et adoré No et moi. En même temps, est-il possible d'en être autrement ? J'avais très envie de découvrir ses autres romans, évidemment, et le sujet de celui-ci me semblait fascinant. Pourtant... 

Je suis assez déçue du résultat.

Ce roman tourne autour des thèmes de la fascination, des hommes, mais surtout de l'illusion. Nous suivons Emma dans trois relations avec trois hommes différents, qui ont tous un point commun : La célébrité. Je ne sais pas si j'irais jusqu'à dire que sa façon d'aborder le tout est maladroite, en tout cas je la trouve assez... Superficielle. 

C'est assez délicat à expliquer, car j'ai à la fois aimé son style, et m'en suis pourtant lassée à la longue, alors que le roman fait moins de deux-cent pages. J'ai néanmoins beaucoup aimé l'originalité de la narration : Emma semble d'abord s'adresser à nous... Mais au final, ce n'est pas tout à fait ça. Ce point là est un vrai point positif, et je regrette d'autant plus que la chose ne soit pas un plus creusée. 

Je ne vois au final pas grand chose à dire sur ce roman, car très court et assez répétitif, en tout cas à mes yeux. Ca n'en fait tout de même pas un mauvais roman, je trouve juste qu'il manquait vraiment quelque chose, peut être un peu plus d'approfondissement. Je ne remets certainement pas en cause le talent de l'auteur, et je serai ravie de lui redonner sa chance lors d'une prochaine lecture.

En attendant, je ne vous conseille pas de la découvrir avec ce livre-ci.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Je suis toujours passée à côté des hommes, je les ai aimés trop tôt, trop vite ou trop tard.

Attendre sans rien demander. Attendre un homme qui n'a rien promis.

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Chronique littéraire : "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", par Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

Publié le par Wendy&Belle

Editions France Loisirs, parût en 2008.

Résumé : "Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant."

                                                                                                                                                                                                                             

Lire ce livre a été un véritable voyage.

Un voyage dans un temps, dans un pays différent. Un voyage épistolaire. Un voyage de personnalités en personnalités. Et j'ai adoré.

Au fil des lettres qui composent ce livre, nous apprenons non seulement à connaître Juliet, le personnage principal, celle qui amène l'histoire, mais aussi tous ceux avec qui elle entrera en contact en apprenant l'existence de ce fameux cercle littéraire - qui se trouve être fascinant ! Et pour compte : Ses membres sont exceptionnels. Tous sont dotés de caractères bien distincts et ô combien différents, mais forment ensemble une si joyeuse petite bande, qui partagent bien plus qu'une passion commune : La lecture.

La lecture est d'ailleurs ici magnifiquement abordée ! Juliet est écrivain, et se lie d'amitiés avec des lecteurs. Mais ces lecteurs ont tous des habitudes différentes : Certains ne se lassent jamais de découvrir des nouveautés, d'autres mettent un point d'honneur à ne lire qu'un seul et même livre indéfiniment. Pour nous, lecteurs assidus que nous sommes, nous ne pouvons que nous reconnaître dans ces écrits. Et quelle joie. 

Nous nous attardons plus particulièrement sur le personnage d'Elizabeth, autour duquel tout tourne un petit peu, finalement, pour nous retrouvés finalement aussi attachés à elle que la plupart des protagonistes, et aussi fascinés que Juliet elle-même. Car... quel personnage ! Et quelle façon de la décrire. Magnifique. Quelle compassion et quel courage habitaient cette femme...

J'ai trouvé la façon de dresser cette fresque histoirique très originale et surtout excellente. Le livre se situant juste après la Seconde Guerre Mondiale, l'Europe essaie tant bien que mal de se reconstruire, tandis que les marques qu'elle a laissé sont encore là, visibles partout, encore fraîches et loin d'être effacées des mémoires des habitants. Nous voyons cette époque du point de vue de témoins d'un tout petit village qui se fera occupé, et ainsi voyons les choses sous un angle précis, sous un schéma loin d'être manichéen.

Je ne saurais vous recommander autre chose que de vous plonger dans cette lecture exceptionnelle ! 

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Lire de bons livres vous empêche d'apprécier les mauvais.

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Chronique littéraire : "Virgin Suicides", par Jeffrey Eugenides

Publié le par Wendy&Belle

Editions Points, parût en 2010, première parution en 1993.

Résumé : "Dans un quartier résidentiel et huppé de Grosse-Pointe (Michigan), cinq soeurs, des adolescentes entre 13 et 17 ans, se suicident en l’espace d’une année. Cécilia, la plus jeune, ouvre le bal. Les autres l’imiteront un an après. Entre-temps, les gamins du voisinage auront vécu et souffert avec elles... à distance. Ce suicide les aura tant marqués qu’une vingtaine d’années plus tard, alors qu’ils frôlent les quarante ans, ceux-ci mèneront une enquête dans l’espoir un peu fou d’éclaircir toute cette affaire. Ce récit en est le résultat, la reconstitution la plus minutieuse et la plus fidèle possible d’une année pour le moins particulière. Tous les témoins, les animés comme les objets les plus dérisoires, sont donc convoqués."

                                                                                                                                                                     

" Le matin où ce fut au tour de la dernière des filles Lisbon de se suicider - c’était Mary cette fois-là, et les somnifères comme Thérèse -, les deux infirmiers arrivèrent à la maison en sachant exactement où étaient le tiroir des couteaux, et le four à gaz, et la poutre dans la cave où on pouvait attacher une corde. Ils sortirent du véhicule du Samu comme d’habitude beaucoup trop lentement, selon nous, et le gros murmura : « On n’est pas à la télé, nous on va pas plus vite que ça. » "

Ceci est le tout premier paragraphe du roman. 

Nous pouvons réellement dire qu'il donne tout le ton de son histoire.

Il est difficile d'aborder un livre tel que Virgin suicides, car il est difficile d'aborder le sujet de Virgin suicides. Le suicide, qui plus est chez de si jeunes personnes, et une chose si délicate à traiter. Pourtant, l'auteur ne prend aucune pincettes pour nous conduire au coeur de la chose, puisqu'il nous annonce dés le départ que les cinq filles Lisbon se seront tuées avant la fin du bouquin. De ce fait, on ne peut décemment pas s'attendre à une lecture légère, au contraire. C'est un livre très dur, évidemment, qui nous trouble, déstabilise, à tel point qu'on ne sait pas très bien quoi en penser une fois terminé. La chose est assez complexe.

 

 

Tout est relaté par un groupe de garçons fascinés par les filles, qui se trouvent être leurs voisines. Ce choix les rend totalement anonymes, on ne sait rien sur eux en tant qu'individus hormis quelques détails de leurs vies après le suicide des filles, afin d'illustrer quel impact celles-ci ont eût sur eux, même après leur décès. La narration se concentre énormément sur des descriptions des filles, de leurs actions, qui sont au final de banals événemments du quotidien la plupart du temps - celles-ci n'ayant aucune libertés - à l'exception de Lux, sur laquelle on s'attarde principalement, car semblant être celle qui tenta de mettre fin à son ennui par des moyens plus extrêmes que les autres, et leurs suicides, évidemment encore. C'est donc une narration relativement passive et contemplative. Toutefois, la fascination qu'ont ces adolescents sur ces adolescents rend toutes ces actions plus fortes, et lourdes de sens. Leur emprisonnement et leur mise à l'écart est décrit à la perfection, tout comme leur dépression, ou du moins l'accentuation de ses signes : En effet, comme le point de vue des filles n'étant jamais explicité, on ne peut essayer de les comprendre et de les cerner qu'à partir des témoignages que les garçons auront collecté au fil du temps. L'inaction est également l'un des thèmes les plus présents dans l'oeuvre. 

" Trip Fontaine ne perçut aucun signe d'anormalité chez les filles, mais plus tard il dit quand même : " Vous vous seriez tués juste pour avoir quelque chose à faire." " 

Ce qui peut poser probème au cours de cette lecture, c'est justement cette fascination qui caractérise le groupe de garçons, cette inclination à sublimer les filles, à sublimer leur dépression, leurs gestes, jusqu'à leur suicides. Ceci mène à un certain lyrisme magnifique, mais qui se retrouve finalement être horrible, jusqu'à pouvoir choquer le lecteur. Cette représentation des filles comme des êtres presque mystiques, quasi surréels, fantomatiques, peut donner l'impression que les garçons leur donne au final raison, d'une certaine façon. Ces remarques peuvent être balayées d'un simple coup d'oeil aux derniers paragraphes du roman, qui paraît être bien l'avis de l'auteur que celui des garçons, car pourrait jurer avec la façon dont ils ne cessent de décrire les filles

Personnellement, je trouve que cet espèce de détâchement par rapport à la gravité de leur acte est dû évidemment à cette fascination qui les anime, mais égalemment au fait que l'intention de l'auteur n'était clairement pas d'écrire un livre de développement personnel par le biais d'une fiction, et ne donne à aucun moment de solutions à la depression, ou à l'ennui, ou à quoi que ce soit. Il est clairement plus tangible que ce que blâme l'auteur est l'innaction des témoins.  Les narrateurs n'en sont pas moins choqués, mais leur choc se manifestera sous une forme plus latente. Ce livre, ce ne sont que des garçons, qui finissent par devenir des hommes, qui tentent de comprendre, pour au final se rendre compte que jamais cela ne sera jamais possible. 

" "Qu'est ce que tu fais là, ma petite ? Tu n'as même pas l'âge de savoir à quel point la vie peut devenir moche." Et c'est alors que Cecilia délivra oralement ce qui devait être la seule forme que prendrait son ultime message, inutile d'ailleurs, puisqu'elle allait vivre : "On voit bien, docteur, dit-elle, que vous n'avez jamais été une fille de treize ans." "

Cela nous ramène énormément à Nietzsche, et à sa philosophie de l'art : Qu'il est le voile que l'on pose sur la vérité afin de rendre celle-ci, qui est par nature horrible, dont même le plus courageux des hommes ne serait assez fort pour la regarder en face, supportable, et belle, même si la beauté est encore un concept à approfondir et sujet à débats. Cela mène au sublime, du genre de celui-ci qui est, je trouve, représenté dans ce livre, qui paraît et nous fait ressentir une gêne, quelque chose proche du malsain et du glauque par moments, mais avec des passages qui restent fondamentalement magnifiques, malgré son horreur. De l'art, quoi. Le style de l'auteur est magnifique, rempli de métaphores, très bien construit - la seule chose que je pourrais lui reprocher serait peut-être l'un des éléments de fin que j'ai trouvé fort peu crédible, mais enfin, passons. Ce roman reste un roman extrêmement bien écrit, même si je ne sais honnêtement toujours pas si cette j'apprécie ou non cette façon de sublimer les filles, que l'on finit par décrire plus mortes que vivants alors même qu'elles respirent encore. Je pense à la fois que oui, et à la fois que non. Il est difficile d'avoir un avis tranché sur la question. 

Nous sommes toutefois happés à notre tour par ces filles, qui finissent par nous fasciner, et que nous tenterons de comprendre - même si le livre transcrit très clairement des raisons pouvant expliquer leur decision, tout cela ne sera au final qu'hypothèses et suppositions. 

"Nous avions affaire à une rêveuse totalement déconnectée de la réalité, en sautant elle a du penser qu’elle allait voler."

Ce livre a eu droit à son adaptation, datant de 1999, réalisé par la génialissime Sofia Coppola, que j'avais visionné bien avant de lire le livre, et que j'aimais déjà beaucoup, et peut maintenant affirmer que celle-ci a parfaitement su retranscrire l'ambiance de ce roman, avec un style qui lui correspond parfaitement.

Je serais ravie de savoir ce que vous avez pensé de ce roman - ou de son adaptation. 

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

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