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Chronique littéraire : "Hate List", par Jennifer Brown

Publié le par Wendy&Belle

Editions Albin Michel, parût en 2010.

Résumé"C'est moi qui ai eu l'idée de la liste. Je n'ai jamais voulu que quelqu'un meure. Est-ce qu'un jour on me pardonnera ?" C'est ce que pense Valérie, effondrée après un drame inexplicable survenu au lycée. Son petit ami, Nick, a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste. Cette fameuse liste qu'ils ont écrite pour s'amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants dans l'établissement. Maintenant, ils sont blessés ou morts. Et Nick s'est suicidé, emportant son secret pour toujours. Mais Valérie elle, est toujours là, enfermée dans une bulle de questions sans réponses. Jusqu'au matin où elle se lève et quitte sa chambre pour retourner au lycée..."

                                                                                                                                                                                               

Wow. 

Il y a longtemps que je n'avais pas été happée à ce point par un roman.

J'ai été très étonnée, au début, de lire autant d'avis concernant ce livre. Et puis, à y réfléchir, plus du tout... Il faut dire qu'il traite un sujet tellement délicat que chacun a sa propre façon de l'appréhender; je peux donc ainsi comprendre que l'on puisse ne pas être satisfait par la manière donc ce - ou même n'importe lequel - roman l'aborde. Toutefois, en ce qui me concerne... J'ai été extrêmement touchée.

J'ai trouvé extrêment juste la façon dont l'auteure a traité tous ses thèmes, sous toutes ses dimensions : Que ce soit l'extrême violence du geste de Nick, les incomensurables dégâts qu'il a provoqué, les traumatismes, les séquelles, toutes les conséquences... J'ai trouvé le tout très fort, très puissant, et le plus impressionnant a été de ne pas tomber dans un pur schéma manichéen. Au contraire, l'environnement a beau être marqué par le choc, l'angoisse et l'horreur, j'ai trouvé beaucoup de tact dans l'écriture, qui sait s'adapter à son contexte, c'est-à-dire osciller entre les émotions, parfois contradictoires, entre les différents temps, et surtout les traiter en circonstances : Le temps avant la tuerie, et après la tuerie, qui évidemment, a tout chamboulé. 

Nous tournons principalement autour du personnage de Valérie, avec lequel je n'ai pu que compatir. Celle-ci s'interroge énormément, notamment dans sa part de responsabilité dans l'affaire, par rapport aux signes potentiellement avant coureur du plan de Nick, et dans l'élaboration de sa "liste de la haine", qui, elle ne cesse de le jurer, n'a jamais eu pour vocation de susciter tel drame. Elle est très confuse par rapport à cet événement, ne sait pas comment s'en relever, ne sait pas quoi faire par la suite, ne sait pas comment réagir face aux autres, dont certains la jugent aussi coupable que Nick, d'autres comme l'héroïne qui a mis fin à l'horreur, d'autres encore comme de plus en plus égoïste. Personnellement, je me suis beaucoup attachée à ce personnage, dont les émotions et les réflexions sont, je trouve, très bien amenées, traitées, tout en nuance. C'est ce que j'ai adoré, dans ce livre : Les nuances. C'est ce  recul qui a rendu ce roman très intéressant, plus que prenant, et plus que touchant.

 

Dans ce livre, à aucun moment je ne me suis doutée de ce qui allait se passer au fil des pages, pas plus de la façon dont tout cela allait finir, se conclure. J'ai juste été plus que happée par les chapitres, par les événements, et je n'ai pu que me dire, une fois terminé, que ce roman débordait de justesse, et je trouve extrêmement belle la fin écrite par l'auteure, et le message, si on peut appeler ça comme ça, qui s'en dégage.

Je ne peux que vous recommander ce livre si jamais il vous tente - et j'espère qu'il saura vous toucher comme il a su me toucher. Je pense m'en souvenir très longtemps, et le relire très certainement.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

D'une certaine façon il avait raison : à un moment ou à un autre, chacun était gagnant. Mais ce qu'il n'avait pas compris, c'est que l'inverse était aussi vrai : à un moment ou à un autre, chacun était perdant. L'un et l'autre étaient forcément liés.

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Chronique littéraire : "Tant que nous sommes vivants", par Anne-Laure Bondoux

Publié le par Wendy&Belle

Editions France Loisirs, parût en 2014.

Résumé"Nous avions connu des siècles de grandeur, de fortune et de pouvoir. Des temps héroïques où nos usines produisaient à plein régime, et où nos richesses débordaient de nos maisons. Mais un jour, les vents tournèrent, emportant avec eux nos anciennes gloires. Une époque nouvelle commença. Sans rêve, sans désir. Nous ne vivions plus qu'à moitié, lorsque Bo entra, un matin d'hiver, dans la salle des machines." Folle amoureuse de Bo, l'étranger, Hama est contrainte de fuir avec lui. Commence alors pour eux un fabuleux périple à travers des territoires inconnus. Leur amour survivra-t-il à cette épreuve ? Parviendront-ils un jour à trouver leur place dans ce monde ?"

                                                                                                                                                                                          

Petite confession : C'est la blogosphère (et Booktube) qui m'a convaincu de lire ce livre. 

Je ne sais pas pourquoi. Il m'a... attiré.

Ce qui est chouette, c'est que j'ai bien fait. Pourquoi, me direz-vous ?

Eh bien parce que ce roman est un vrai travail d'artiste. 

L'univers de ce livre est bien particulier : Etrangement proche de notre monde, tout en étant très loin - tout du moins, c'est l'impression qu'il m'a fait. Il est empreint d'une dureté très froide et d'une logique implaccable, que vient radoucir la chaleur de l'amour naissant entre les personnages de Bo et de Hama. 

Nous suivons ainsi cet amour, dans ses meilleures comme dans ses pires phases, et je dois dire que j'ai rarement vu un roman décrire aussi bien, aussi justement les alléas de l'amour. Le feu occupe une place très importante dans le récit, et en tant que métaphore, celui-ci décrit parfaitement la passion de ces deux amoureux. Magnifique.

Bien sur, cela est essentiellement dû grâce au talent d'écriture de l'auteur, dont la plume est dotée d'un lyrisme incroyable. C'est vraiment ce qui rend ce récit, que je rapprocherais vraiment du conte philosophique, aussi spécial et aussi beau. Il faut aussi noter que la magie présente dans cet univers est également sublime, mais je ne voudrais pas risquer de lui ôter son charme en en dévoilant davantage. 

Si je dis que je rapprocherais ce récit d'un conte philosophique, c'est essentiellement pour deux raisons : La première est que le mot d'ordre de ce récit est bien "apprendre". En effet, les protagonistes partent en ce que l'on peut considérer comme un voyage initiatique, et en sortent évidemment changés. La deuxième, est que l'on peut certainement lire de différentes façons ce roman, même si j'imagine que ce qu'il ressort principalement est l'importance de l'adaptation, de savoir trouver sa place, créer sa route ; mais aussi l'importance de la vie en société, avec les autres. 

Dans le fond comme dans la forme, ce roman est excellent, décrit, démontre, et défend tout ce qu'il a pour vocation de décrire, démontrer et défendre. Je n'ai rien à lui reprocher - je ne pourrais que signaler l'impression d'une certaine longueur aux trois quarts du roman, qui n'est très probablement que subjective. 

J'espère que vous vous lancerez si ce roman vous tente - j'espère qu'il saura vous transporter comme il m'a transporté.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

C'est un bébé d'automne, répondait Quatre. Elle ne craint pas l'obscurité, et elle sait vivre avec patience et lenteur, comme les ours.

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Chronique littéraire : "Une Braise sous la cendre", par Sabaa Tahir

Publié le par Wendy&Belle

Editions Pocket Jeunesse, parût en 2015.

RésuméJe vais te dire ce que je dis à chaque esclave qui arrive à Blackcliff : la Résistance a tenté de pénétrer dans l’école un nombre incalculable de fois. Si tu travailles pour elle, si tu contactes ses membres, et même si tu y songes, je le saurai et je t’écraserai." 
Autrefois l’Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l’empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d’écrire s’expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une esclave, et Elias, un soldat d’élite, vont tout tenter pour retrouver la liberté… et sauver ceux qu’ils aiment.

                                                                                                                                                                                  

Après presque un mois d'absence, qu'est ce que ça fait du bien de revenir par ici !

Et pour faire bien les choses, est-ce qu'on ne se ferait pas un bouquin qui fait plutôt bien parler de lui ces temps-ci, hein ? Accumulant les coups de coeur ou les avis dithyrambiques, je n'ai pas eu l'occasion de lire la moindre chronique ne serait-ce que mitigée. 

Eh bien, il fallait bien que ça commence quelque part ! 

Je ne dis pas que ce livre est mauvais ou que mon moment de lecture a été désagréable, loin de là. Simplement, à la vue des thèmes sensés dominer dans le livre, je suis clairement déçue. Il est en effet ici question d'un peuple appelé les Erudits - ce n'est pas rien tout de même -, pouvant être à tout moment réduit en esclavage et même arrêté s'il se faisait surprendre à lire ou à écrire. Qui de mieux qu'un écrivain pour parler du sujet ? Cela aurait pu être une merveille.

Si seulement cela était abordé un peu plus que sur les dix premières pages sur les cinq cent trentes au total, et encore, de manière rapide et assez superficielle. Ici, lire et écrire (ainsi que compter) sont des activités décrites comme de simples capacités - désormais illégales et donc proscrites, qui se perdent... Elles se trouvent réduites à n'être que potentiellement utile, pour compter des marchandises ou lire des lettres de commande, en tout cas avec un but pratique. Je crains d'employer le terme jamais, donc je dirais que la passion ardente que suscite les mots et leurs pouvoirs, si elle est jamais mentionnée - ce dont je doute sérieusement - l'est si peu que je ne parviens même pas à m'en souvenir. A partir de là, le peuple des Erudits pourraient être n'importe quel peuple, pourrait porter n'importe quel nom, car rien ne les définit comme tels. 

Ensuite, concernant l'intrigue, malgré qu'elle elle m'ait souvent faite penser à l'excellente saga Legend, m'a parût assez peu originale et très répétitive. Si je n'irais pas jusqu'à la qualifier de fade, j'irais jusqu'à dire assez niaise, au final. Certes, il y a de la violence, un language parfois grossier et vulgaire... Mais il y aussi un triangle amoureux (peut être même un losange amoureux) sortant de nulle part, du genre coup de foudre, de grands et nobles sacrifices pour des gens qu'on le connaît depuis moins de dix jours, mais surtout une énième histoire d'élus. 

J'ai réellement du mal à entrer dans ce genre de trame, et encore plus quand les personnages ne font rien - rien pour mériter ce titre d'élu, dont ils ne veulent évidemment jamais, ni pour faire avancer les choses, en bref, des personnages qui se contentent plus de subir que d'agir. Car oui, même si Laia et Elias font évidemment des tas de choses durant cette histoire, ils ne prennent au final que très peu de décisions importantes et attendent plus au moins que tout se passe - et cela n'accentue en rien un quelconque destin tragique ou une quelconque ironie dramatique. J'ai également du mal avec la trame des épreuves à surmonter, non seulement car nous savons tous à coup sur qui sera toujours là lors de la dernière, mais aussi car l'on s'attend tous forcément à un incroyable retournement de situation. 

J'ai encore plus de mal avec le personnage de Laia, qui n'a rien de particulier en elle, et n'accroît pas en spécifité au fil du roman. On peut ici m'opposer que justement, cela la rend plus humaine, plus crédible qu'une super héroïne que rien ne brise - Certes, je peux l'entendre. Il n'empêche que ça n'a pas collé avec moi. Au lieu de grandir en force et en maturité au fil des épreuves qu'elle doit surmonter, celle-ci au contraire semble prendre le courant inverse et s'affaiblir, au profit d'Elias, qui jouera principalement les chevaliers en armure. C'est bien là que se trouve mon problème : La femme est bien trop représentée comme faible, les trois principaux contre exemples à  cet argument sont la Commandante, femme monstrueuse, La Lionne, qu'on ne connaît que par les fables des protagonistes, et Helene, qui finalement se retrouve affaiblie elle aussi par l'amour qui la consumme. Ainsi, même quand Elias n'endosse pas le rôle du sauveur miraculeux, Laia n'en prend pas avantage, car c'est la niaiserie qui prend le dessus, et c'est normal, puisque l'intrigue sur déroule sur bien trop peu de temps, et de manière bien trop superficielle, vue et revue. L'auteur n'entre pas au coeur du coeur de ses personnages, et n'écrit que des sentiments qui vont de soi naturellement, et qui, même de manière stylistique, ne brille réellement pas. Si le titre pourrait convenir à Elias, où une réelle étincelle, un désir de liberté brûle vraiment en lui, en ce qui concerne Laia... Ce n'est vraiment pas ça, et ce titre irait beaucoup plus à des personnages tels que celui d'Izzy ou de Sana. 

Qui plus est, si l'univers en lui-même regorge de potentiel, celui-ci n'est que très peu abordé et de façon très brouillonne, s'étend sur trop de choses à la fois sans pour autant approfondir quoi que ce soit. 

En soi, ce livre a de très bonnes idées, mais ne va pas au bout et reste à la surface des thèmes qu'il traite. Vraiment, dommage. Il n'en reste pas toutefois pas moins divertissant.

 

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Je n'ai pas besoin de croire au surnaturel quand une réalité bien pire erre la nuit.

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