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comedie dramatique

Chronique littéraire : "Struck", par Chris Colfer

Publié le par Wendy&Belle

Editions Michel Lafon, parût en 2013, première parution en 2012.

Résumé : "Carson Phillips est prêt à tout pour entrer dans la fac de ses rêves… et par la même occasion, laisser derrière lui une mère dépressive et une ville misérable. Même s’il lui faut, pour appuyer sa candidature, lancer seul un magasine littéraire. Malheureusement pour lui, les étudiants ne semblent guère capables d’écrire autre chose que des textos. Qu’à cela ne tienne, l’adolescent est aux aguets, et surtout il n’a plus rien à perdre. Après tout, qu’arriverait-il si le beau gosse du lycée apprenait que sa petite copine pom-pom girl couche avec le coach dans son dos ? Ou que la première de la classe n’hésite pas à envoyer des photos d’elle nue à n’importe qui sur Internet ? Pour parvenir à ses fins, Carson a une nouvelle stratégie toute trouvée : il se transforme en maître chanteur. Mais à force de jouer les corbeaux, ne risque-t-il pas de se brûler les ailes ?"

                                                                                                                                                         

Chris Colfer est un acteur, et un chanteur. Il est connu et réputé pour ses talents, essentiellement pour ses performances dans la série Glee. Alors, quand j'ai entendu dire qu'il s'était mis à écrire, j'ai été intriguée. Comprennez-moi, je voulais savoir s'il était possible de briller dans tous ces milieux. Imaginez : Cet homme aurait toutes les cordes à son arc.

Donc...

Ma foi, c'est une grande - et bonne - surprise !

Soyons clair dés le début : La manière de construire son livre et la trame de son série n'a rien de très franchement nouveau. Pourtant, je dois reconnaître un énorme point positif à son style : Il n'est que pur sarcasme. Il utlise un cynisme pour caractériser son personnage principal, Carson, qui m'a forcément énormément parlé et touché - qui m'a plût. 

D'ailleurs, j'ai été surprise en errant sur la blogosphère de lire autant de chroniques blâmant le manque d'empathie que l'on ressent envers Carson. Le personnage n'est pas fait pour recevoir de l'empathie en lui-même - même si son historique familial et les choses qu'il endure au lycée devraient aidé ce phénomène - mais est construit pour qu'il apprenne à ressentir de la compassion envers ceux qui l'entourent, qu'il parvienne à les comrpendre, à les voir sous un nouvel angle. Tous les personnages principaux n'ont pas à être de gentils petits agneaux destinés à nous toucher dans un sens où on le plaint, et ici l'auteur explique très clairement - et à plusieurs reprises - que son personnage est tout sauf sympatique, qu'il est égoïste, arrogant, prétentieux et méprisant. Le but de sa construction est de s'éloigner de lui pour faire un geste envers les autres - chose compliquée car inédite et par le fait que... Vous le saurez si vous lisez le livre. Ou voyez le film, mais soyez prévenu : Celui-ci commence direct par la fin et donc vous spoile intégralement. 

Il existe d'ailleurs une certaine métaphore de la vie de Carson que celui-ci ne réalise que très tardivement : En effet, les plus grands moments d'introspection du personnage ont lieu suite à des visites chez sa grand-mère, et le cour de sa vie est résumé dans la brève histoire que celle-ci nous raconte à plusieurs reprises, celle du garçon qui voulait voler. L'expliquer serait simple, mais gâcherait totalement le sentiment de fin de lecture quand tous les éléments sont mis bout à bout.

"Je crois que j’étais tellement occupé à essayer de me faire entendre que je n’ai jamais cherché à l’écouter."

Véritable phrase clé de l'oeuvre.

Je m'attarde essentiellement sur le personnage de Carson car, de manière intentionnelle, les autres ne sont que de purs clichés, et ne sont guère développés plus que par leur simple physique, et essentiellement définits par leur statut social. Je dis intentionnel car ce n'est pas par manque de temps ou de talent que ces personnages ne sont qu'effleurés : C'est bien parce que Carson ne sait que très peu de choses sur ses camarades, et s'attarde donc sur des choses évidentes, comme le physique, et sur ce qu'il en ressort si nous observons tout ça sans réellement s'y intéresser. Rappelons nous que Carson est égoïste et méprise clairement ses camarades, ne leur accorde donc aucune importance, ce qui augmente ainsi l'importance de la future prise de conscience du personnage vis-à-vis de la vie des autres, qui n'est peut être pas aussi idyllique qu'il s'ait plût à penser, ou peut être même qu'il n'est lui-même pas aussi intelligent et mature qu'il pensait l'être. Ce n'est qu'à travers leurs courts textes qu'il les força à écrire que celui-ci en apprend un peu plus.

"Salle de colle : Je ne pense pas qu'on puisse appeler ça un club, mais ses membres sont les plus assidus."

Le début de ce récit commençait fort : Il donnait déjà parfaitement le ton de ce que ça allait être. Carson est un être qui réfléchit énormément, et ce qui est bien fait, c'est qu'il finit par se mettre à réfléchir sur la façon dont il réfléchit. Certes, le style, c'est-à-dire le vocabulaire et la formation des phrases est assez simple et familière, et les réflexions sont exposées de façon légerement maladroite par moment, pas développées outre mesure, mais si nous observons les choses dans son contexte, Carson écrit dans son journal intime pour se défouler et se décharger de toutes les choses négatives de son quotidien, non un quelconque plaidoyer. Néanmoins, j'admets regretter un style plus prononcé, plus plaisant à lire, un approfondissement des procédés littéraires pour appuyé son récit. Malgré son contexte, cela donne l'impression d'une oeuvre assez légère, et bien moins poignante qu'elle aurait pu l'être. Toutefois, le style choisit a bien sur ses qualités, notamment un humour qui fait mouche et que j'ai réllement apprécié.

N'oublions surtout pas le plus important : C'est un roman engagé.

Et je dois avouer que ça a été ma plus grande surprise ! Non seulement parce que les romans engagés se font de plus en plus rare dans le milieu littéraire - la place étant faite à la distraction plutôt qu'à la réflexion, chose plus que débile évidemment, mais c'est un autre sujet. , mais parce que ce livre renferme plus qu'il n'y paraît. Il y a tant de réflexions sur le système éducatif et sur la perception adolescente dîtes de façon tellement crues, sans prendre de pincettes que wow! ça impose un certain respect, autant que cela peut agacer. En même temps, certaines vérité ont toujours un côté agaçant. Evidemment, le terme vérité est ici à prendre au sens large, car il est évident qu'étant écrit du point de vue de Carson, extrêment acerbe et cynique, tout aussi critique que ses camarades, celui-ci n'est donc pas plus fiable que qui que ce soit sur la vie en général, même on peut reconnaître une certaine capacité à réfléchir certainement plus intense que les autres, dû au fait que leurs objectifs diffèrent : La plupart de ses camarades veulent profiter de l'instant présent sans se préocuper de l'avenir, tandis que Carson subit le présent en ne pensant qu'à son avenir rêvé. 

Je dois également admettre que je ne m'attendais absolument pas à une telle chute à la fin de ce roman, d'autant plus que j'avais deviné dés la moitié du livre ce qui allait se passer pour un certain élément très important aux yeux de Carson. Cette chute, pourtant, je ne l'ai vraiment pas vu venir, malgré les quelques indices dissimilés par ci et là que je remarque maintenant, et m'a clairement fait l'effet d'une claque. Cette fin accentue tous les propos de Carson et au final, pourrait accentué le ton très négatif et pessimiste qui marque bien le personnage, sans que celui-ci ne s'en rende bien compte, malgré un certaine prise de conscience au fur et à mesure. Pourtant, c'est d'une toute autre façon que je choisis d'interpréter ce livre :

  Le monde est dur, et les gens pessimistes. C'est à vous seul d'en créer le positif.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Ce qui m'irrite le plus, c'est que nous lâchions les gamins dans le monde sans qu'on leur ait enseigné à tenir leurs comptes, demander un prêt, ou même répondre à une offre d'emploi. Est-ce que résoudre une formule au carré signifie qu'ils sont prêts à affronter le monde ?

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Review série : Sherlock, créée par Mark Gatiss et Steven Moffat

Publié le par Wendy&Belle

«Sherlock est une série télévisée policière britannique créée par Mark Gatiss et Steven Mofat et diffusée depuis le 25 juillet 2010 sur BBC One. Produite par Hartswood Films et BBC Wales pour la BBC, elle est une adaptation moderne des aventures de Sherlock Holmes, écrites par Sir Arthur Conan Doyle, avec Benedict Cumberbatch dans le rôle titre et Martin Freeman dans celui du docteur Watson.»

                                                                                                                                                                         

Pour résumer cette série, je vais poser une question rhétorique : De quoi ai-je l'air maintenant, sérieux ? 

Cela faisait environ trois ou quatre ans que je répétais inlasseblement qu'en dépit du fait que la moitié de mes amis soient totalement subjugués par la chose, qu'ils m'en vantent les mérites des heures et des heures durant en m'affirmant que ça n'a absolument rien à voir avec tout ce que je pouvais imaginer, je ne regarderais pas. Pourquoi ? Le genre policier n'est clairement pas mon domaine de prédilection. J'ai une petite idée du pourquoi de la chose, mais là n'est pas le problème. Cela étant, maintes et maintes péripéthies m'ont, un dimanche soir, conduites chez une amie - sans doute la plus grande fan de la série du monde - qui m'a gentilment prêté les DVD, parce que je les lui avais demandé. Pourquoi encore ? A cause d'éléments extérieurs, - c'est à dire Ophélie (♥) et une amie très chère à mon coeur (♥) (si tu passes par là, et je sais que tu le feras) - qui ont fini par attiser ma curiosité. Résultat ?

Je me suis retrouvée le jeudi suivant à acheter l'intégrale des trois saisons, car il était tout bonnement impensable que je ne puisse pas revisonner cette série encore et encore.

ça m'apprendra à douter de la BBC. 

D'abord, sans même entrer dans les détails de l'écriture, de l'intrigue ou des personnages, le rendu visuel de cette série est juste sublime. Je n'ai jamais vu de série aussi travaillée : Chaque plan est étudié, souhaité, je n'ose imaginer combien de temps il dû falloir pour tout storyborder. On est dans un tel niveau d'expertise et d'art que les acteurs n'ont pas à expliquer ce qu'il se passe à haute voix pour que l'on comprenne ce qu'ils ressentent : Tout cela nous est montré. Du brio, et pour ce qui est des moyens mis en oeuvres pour nous representer comment fonctionne l'étrange mais brillant cerveau de Holmes, je ne trouve même pas les mots adéquats. Rien ne pourrait le décrire, c'est juste spectaculaire, que ce soit les signes qu'il repère sur tout le monde, son "palais mental", ou encore son inconscient... Wow. Juste, wow. 

 " I'm in shock ! Look, I've got a blanket ! "

La qualité de réalisation est le parfait reflet de l'excellence écriture de cette série, qui réside en l'ingéniosité des personnages. Dans la série, nous sommes Watson : Il est le premier personnage qui nous est d'ailleurs montré, et c'est lui qui nous conduit à Sherlock, qui sera bien sûr le coeur de toute l'histoire. Nous découvrons tout en même temps que Watson, nous sommes à la fois perplexe mais fascinés face à Sherlock comme Watson, puis nous l'aimons comme Watson, nous voulons le comprendre et l'aider comme Watson, et à mesure où leur amitié se solidifie, nous entrons peu à peu dans sa tête à notre tour. Nous finissons par ne plus  voir seulement comment les gens voient Sherlock, mais comment Sherlock voient les gens. 

Inutile de stipuler que Sherlock est, bien sûr, le meilleur personnage de toute la série.

Pour être honnête, ceci est un simple avis personnel, car il n'est pas rare de rencontrer des gens adorateurs de la série, mais pas adorateurs sans limites du personnage, y préférant volontiers Watson, pour son caractère patient, vif, attentionné, compatissant... ou encore d'autres protagonistes, dont nous parlerons plus tard. Pour l'heure, je vais simplement tenter d'expliquer pourquoi ce personnage m'intrigue et m'attire plus que les autres, même si cela se joue de peu, car ils sont tous brillants.

"I'm not a psychopath. I'm a high fuctioning sociopath. Do your research."

Sherlock est un homme brillant, doué d'un talent de déduction incontestable. Pouvant passer des jours sans parler lorsqu'il réfléchit, refusant même de se nourir pour ne pas ralentir le rythme de son cerveau, il sait lire les gens, décrypter leurs attitudes et deviner leur vie. Ce qui explique que ce personnage puisse agacer bon nombre de personnes, c'est qu'il est parfaitement au courant de cette intelligence : Il est sûr de lui, confiant, sait ce qu'il fait, sait qu'il va parvenir à ses fins, et tout ces attouts le conduisent à l'arrogance, voire à la condescendance. De ce fait, nous avons constamment droit à un sarcasme à toute épreuve, pour notre plus grand plaisir, car ses répliques sont pour la plupart épiques. C'est un personnage qui se veut froid, se consacrant exclusivement à ce qui sera utile à son travail et au developpement de ses talents. C'est pour cette raison qu'il admire toute forme d'intelligence, non seulement car c'est tout ce qui l'excite - dans l'épisode avec La Femme, pourtant admirée de tous, il lui dit "vous fanfaronnez pour impressionner, ne m'ennuyez pas, réfléchissez", car c'est sa ruse qu'il admire, bien plus que son corps - mais aussi parce qu'il aime la repérer là où les autres ne voient que folie ou stupidité. Il la reconnaît tout d'abord chez les sérials killers, cela est évident dés le début, c'est pour cette raison qu'il aime faire le métier qu'il fait, - car ils le surprennent toujours, et le sortent ainsi de l'ennui de la routine -  mais aussi chez les marginaux. Par exemple, lorsqu'il a des questions ayant rapport à la peinture pour l'une de ses enquêtes, il dit avoir besoin d'un expert. Il se dirige donc vers le musé, mais le contourne : C'est vers un tageur de rue de l'autre côté qu'il se dirige, et qui lui donne toutes les informations nécéssaires. Il la reconnaît égalemment chez un apparent drogué, qui ne semble pas voir plus loin que le bout de son nez, mais qui se révèle être doué des mêmes talents de déductions que lui, et même de talents pour la bio-chimie. Sherlock est effectivement un personnage qui s'ennuie, et l'ennui est un vaste sujet de réflexion que mène la série. Il n'accepte en effet pas toutes les enquêtes qu'on lui propose, même si certains clients sont prêts à lui offrir une considérable somme d'argent, cela dépendra uniquement de si l'enquête parviendra à l'intéresser ou non. Par ailleurs, quand il ne semble trouver moyen d'éviter l'ennui, celui-ci ne semble trouver d'occupation que dans l'addiction ou les conduites toutes plus saugrenues les unes que les autres, comme par exemple tirer à bout portants sur son mur. C'est un tout nouveau visage du personnage que nous découvrons ici, qui semble pourtant le plus se rapprocher au personnage d'origine écrit par Arthur Conan Doyle, par rapport aux maintes et maintes représentations faites de Sherlock. 

“Shut up everybody, shut up ! Don’t move, don’t speak, don’t breathe, I’m trying to think. Anderson, face the other way, you’re putting me off.”

Ce qui étonnant, c'est de voir son évolution par rapport aux émotions. C'est un concept qu'il ne comprend pas, adepte du côté froid de la raison et de la logique. Il ne semble n'avoir d'affection que pour Madame Hudson - personnage ô combien attachant qui aura le privilège de pouvoir toujours compter sur lui - au début de la série; mais finit bien évidemment par en avoir envers son futur assistant : Le Docteur Watson. Dés le début, celui-ci semble échapper à son jugement critique, à ses repliques cinglantes - en tout cas au début -, attiser sa curiosité, et plus important encore, semble ne pas lui taper sur les nerfs mais au contraire, être de bonne compagnie. Cela se confirme bien sûr dans la suite de la série puisqu'ils lient une amitié qui ne fera que se renforcer. Watson est prêt a tout endurer pour Sherlock, il risque d'ailleurs plusieurs fois sa vie. Il trouve en son ami -son meilleur ami- toutes les qualités que les autres ne voient pas, ne le percevant qu'à travers son statut de génie. Watson, lui, voit Sherlock en tant que génie, certes, mais aussi en tant que personne.  A l'inverse, Sherlock adore Watson, plus que n'importe qui d'autre. Jamais il ne permettrait que son ami puisse être blessé par qui que ce soit. C'est envers Watson que Sherlock ressent le plus de choses. 

"Alone is what I have, Alone protects me."

Sauf qu'il a beau ressentir des choses, il ne sait pas les gérer, encore moins les exprimer de façon claire, préférant ignorer toute forme de sentiments, qui sont pour lui un puissant handicap. Cela se ressent surtout lors de l'épisode introduisant La Femme, qui pour la première fois nous donne la vision d'un Sherlock troublé, confus. Encore une fois, cela se fait ressentir dans le brio de l'écriture et de la réalisation. 

“Anderson, don’t talk out loud. You lower the IQ of the whole street.”

Cette capacité à gérer les émotions fait partie de la reflexion que mène la série, à commencer par Watson, qui dés le début doit gérer ses souvenirs de guerre, puis par rapport à Holmes, qui lui en fait vraiment voir de toutes les couleurs, puis par Holmes lui-même, qui est lui submergé par toutes les sortes d'émotions qu'il fait surgir en les gens : De l'adoration et de l'admiration chez ses fans, de la haine que certains lui portent à cause de son attitude, de l'affection qu'il n'identifie par toujours, jusqu'à la passion amoureuse qu'il suscite chez d'autres encore. Cependant, il n'hésite pas à jouer des émotions que ressentent les gens, pas seulement celles de parfaits inconnus, mais aussi et surtout de celles de son entourage, faisant de lui un personnage aux tendances détestables, mais qui tend à prouver ce qu'il affirme : Les sentiments ne sont que faiblesse. Pourtant, il est très clair que Sherlock a lui aussi ses faiblesses, le rendant ainsi plus humain et moins simple  machine à réfléchir, allant même jusqu'à être une force.

"We are in Buckingham Palace, the very heart of the British nation. Sherlock Holmes, put your trousers on !" 

Mon seul reproche serait sans doute les émotions transmises par rapport à son frère, Mycroft. Personnellement, je le considère comme mon second personnage favori, même si son égoïsme n'a d'égal que son égo et sa supériorité manifeste, car tout cela est compensé par la dévotion sans limite qu'il porte pour son frère, d'une façon bien étrange mais pourtant omni-présente, puisqu'il va jusqu'à faire surveiller ses faits et gestes, et est le premier à s'inquiéter de ses problèmes d'addiction. Nous sentons cette affection, si on peut appeler ça comme ça, à chaque fois que celui-ci se met à évoquer son frère. Il est en effet sa faiblesse, étant le seul que Myrcroft fait passer avec ses intérêts personnels, alors qu'il ne semble guère plus être qu'une source d'irritation se révélant parfois utile pour Sherlock. Il n'est pas aisé d'identifier leur relation, car en même temps Sherlock trouve en Mycroft un homme à la hauteur de son intelligence, qui partage sa froideur, et sur laquelle il lui arrive d'être sur la même longueur d'ondes, mais dont il nous est constamment rappelé qu'il n'éprouve envers lui. que rancoeur. Toutefois, tout va dans le sens où cette relation aurait une raison, que Mycroft évoque à plusieurs reprises sans daigner nous en dire plus, comme pour simplement manifester son existence, mais qui pourrait supposer être exposée dans les saisons à venir.

Avec de tels personnages, il fallait évidemment à Sherlock un ennemi à la hauteur, et c'est sans nul doute que celui-ci l'a trouvé : Moriarty. Tout dans son personnage font de lui un homme malade, qui ne pense plus de façon rationnelle, mais a bel et bien sombré dans la folie. Pourtant, il s'avère être le seul à  égaler l'intelligence de Sherlock. Moriarty donne l'impression d'être un personnage obsédé par le détective, passionné par lui - passionné au point de le haïr, jusqu'à ne plus désirer que le détruire. 

Ce qui est fascinant à observer, c'est à quel point ces deux personnages sont les mêmes : Une intelligence outre mesure, une ruse sans pareille, la capacité de manipuler les gens pour parvenir tous deux à leurs fins... Ils sont pareils, faits de la même consistence, et se comprennent donc mutuellement, en le sens où Sherlock comprend exactement où Moriarty veut en venir, comment son esprit de génie du crime fonctionne, et où Moriarty comprend Sherlock de la même façon, à l'exception qu'il ne semble absolument pas comprendre pourquoi ce dernier choisi de mettre ses talents au service du peuple, plutôt qu'à entreprendre des choses extraordinaires. Là est leur différence : Moriarty a choisi de se vouer au vice, au crime, au mal ; Sherlock à choisit de les résoudre, car étant le seul à les comprendre. C'est d'ailleurs ce que démontre parfaitement les titres qu'ils se donnent : Sherlock s'auto-proclame "détective consultant", tandis que Moriarty préfère s'appeler "Criminel consultant."

"You"re on the side of the angels.

- Oh, I may be on the side of the angels. But don't think for one second that I am one of them."

                                                                                                                                                                              

J'en profte pour faire un petit commentaire à la VF. Si au niveau des voix je ne trouve rien de choquant - de base je trouve que les doublages ôtent tout le charme et le talent des acteurs, mais bon, passons - leur traduction laissent clairement à désirer. Elles ôtent toute la subtilisé des repliques. Par exemple, à un moment, Mycroft demande à son frère "Back to the source ?", soit "retour aux sources ?", en sous entendant bien sûr que Sherlock est retombé dans des problèmes d'addiction qu'il aurait eu dans le passé. En français, cela a été traduit par "Tu t'es remit à la dope ?", ce qui, je trouve, ôte toute subtilité à la réplique.

Autre exemple, quelques minutes avant que Mycrofit ne dise ça, Watson soupçonne - pour ne pas dire sait pertinemment - que Sherlock a pris de la drogue. En montant dans la voiture, il dit à la personne qui conduit "on va à l'hopital", "Because Sherlock Holmes needs to pee in a jar", soit "Parce que Sherlock Holmes doit pisser dans un bocal." C'est une réplique empleint de paternalisme, mais aussi d'exaspération, sous entendant que Sherlock lui aura vraiment tout fait, mais qui plus est le met face à une situation humiliante, celle d'un enfant pris en faute. En français, cela a été traduit par "Sherlock Holmes doit faire des analyses." Certes, là est l'idée, il doit pisser dans un bocal pour faire des analyses, mais cela ôte encore une fois toute subtilité à la réplique. 

C'est pour cela que je recommande fortement de regarder cette série -si ce n'est toutes les séries - en version originale -, car même si l'essentiel du truc est retransmis, nous sommes pratiquement toujours confrontés à une perte par rapport à la traduction.

                                                                                                                                                                      

"Dear God, what it is like in your funny little brains ? It must be so boring."

Que dire, je ne peux que me ranger à l'avis de tous ceux qui ont regardé cette série : elle est effectivement brillante, géniale sous tous les points. Je ne peux qu'applaudir des deux mains (parce qu'avec une c'est trop difficile), le talent de la réalisation, de l'écriture, des acteurs, de tout ce qui a contribué à un résultat aussi excellent. Arrivé à un tel niveau d'expertise, je suis prête à suivre Sherlock et Watson dans toutes leurs aventures, quel quelles soient. Après l'explosion de sensations qui a suivit la fin du dernier épisode de la troisième saison, j'attends sereinement la saison quatre. Sereinement, oui, car elle était tellement, tellement bonne, mes sens en ont tellement pris, que je suis suffisament émerveillée pour patienter, pour endurer l'attente sans trop de peine. Cette série un vrai feu d'artifice d'art et de talent. C'est un véritable coup de coeur.

J'espère de tout coeur que vous avez commencé cette série merveilleuse,

 love always. 

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Chronique littéraire : "Dieu me déteste" par Hollis Seamon

Publié le par Wendy&Belle

  

Edition La Belle Colère 2014, parution VO en 2013.

Résumé : "New York, hôpital Hilltop. Richard Casey aura bientôt 18 ans. Comme tous les adolescents, il voudrait faire la fête, draguer, s’envoyer en l’air, tomber amoureux… La différence, c’est que Richard sait qu’il ne fêtera jamais ses 19 ans. Il est un peu plus pressé que les autres et, pour vivre fort, il lui faut déjouer les pièges de tous ceux qui préféreraient le voir vivre un peu plus longtemps. Heureusement, Richard a de la ressource, du courage et un solide sens de l’humour. Alors il va ruer dans les brancards. Et si Dieu le déteste, il est prêt à rendre coup pour coup."

                                                                                                                                                                       

Wooooooooooooow.

 

Ok, ok. J'admets. J'ai acheté ce livre en octobre, en sachant que tout au tard, je finirai pas le lire. 

Mais l'envie n'était pas au rendez-vous. Jusqu'à maintenant. Mais qu'est ce qui m'est passé par la tête pour ne pas que je me jetter dessus ?!

Bon, passons à ce que nous attendons tous : Les explicatiooooons (de pourquoi ce livre est génial.)

 

  • Tout d'abord, il y a (le roi) Richard. On pourrait croire que dans une histoire se déroulant aux soins palliatifs d'un hôpital, on allait pleurer, avoir mal. Mais pas du tout. En réalité, on rit. On rit. Et tout ça, c'est grâce au point de vue de Richard, puisqu'il est le narrateur. Il refuse de se plaindre. Il refuse de laisser tomber. Il a beau savoir que son stock de lendemains est limité, il refuse d'y penser, et préfère penser au moment présent, et tant qu'à faire, autant faire qu'il vaille d'être vécu. Avec un humour (ou sarcasme) à tout épreuve, il peut autant faire rire que blesser les autres protagonistes de l'oeuvre. Le tout combiné nous offre le spectacle d'un héros réel, auquel on s'attache, on aime passer du temps avec lui, dans cette unité de soins palliatif, même si, ne vous méprenez pas, c'est loin d'être facile. 
  • De plus, l'histoire elle-même se déroulant sur une semaine, il faut vraiment que ce personnage ait du charisme pour qu'on l'aime autant en si peu de temps.
  • D'ailleurs les autres personnages sont tout aussi... géniaux. De Phil, son oncle totalement dingue qui lui fait vivre un Halloween dément, en passant par sa mère, pour laquelle on ne peut que compatir, les autres patients de l'étage, jusqu'au personnel hospitalier. On entre dans leur quotidien, à eux aussi. Ils sont loin de n'être que de simples infirmiers ou infimières : Ils sont un peu... La famille d'acceuil de Richard. Il y a aussi Sylvie. Sylvie, elle nous émeut à peut près autant qu'on se met à l'admirer, à mesure que Richard en tombe amoureux. Et enfin, il y a le père de cette Sylvie. Que l'on déteste, vraiment. Au début. Puis, on se met à le comprendre. D'une certaine façon. 

"Ne perdez pas votre temps. Ce type est un démon.

-Non. Ce type est en enfer, nuance."

  • Il y a le rapport au titre. Dieu de me déteste n'est pas donné au hasard : Si les effets de sa maladie sont explicités au fur et à mesure du livre, le nom exact n'est jamais clairement dit. On sait que c'est un cancer, mais pas de quoi. Richard n'aime pas donner trop de détails sur les trucs glauques, ou trop personnels, ou tout simplement barbants. Ainsi, il appelle ça un "DMD", un "Dieu me déteste", parce que "pour quelle raison serait-il malade sinon ?"
  • Enfin, il y a bien sûr le message, la morale, les sentiments que nous procure ce livre. Tout au long des pages, on sent bien que cette situation emmerde Richard. Ce qui est normal. Qui sur Terre aimerait être coincé aux soins palliatifs ? Mais malgré sa propre douleur, au fur et à mesure, il se met à intégrer la souffrance des autres. Celle de sa mère. Puis celle des autres patients. Du corps infirmier. Du père de Sylvie. On finit par se dire que dans la vie, quoi qu'il arrive, on souffre. Pas de la même façon, pas pour les mêmes raisons, mais la souffrance est universelle. Et que c'est pour ça qu'il vaut mieux profiter du jour présent. Carpe diem, comme on dit.

Pour finir, finissons sur la fin. 

Je pense que personne ne l'a vu venir. (en tout cas, moi je ne l'ai pas vu venir !) 

Je vais seulement vous laisser un gif de ma réaction en arrivant au terme de la dernière phrase, ( de ce qui était, oui, la dernière page. (j'ai vérifié trois fois.) )

 

            

Je vous recommande à mille pourcent ce livre, qui est tout sauf banal dans la littérature traitant de la maladie. En fait, ce livre est un peu un croisement entre Ways to live Forever de Sally Nichols, et de Contrecoups de Nathan Filler. Deux livres que j'ai aaaaaaadoré.

Je ne pouvais qu'adorer celui-ci.

Et j'espère que vous l'aimerez autant que moi.

 

Long live to the king !

Moi, je la vois, la vraie fille sous le masque de la mort.

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