Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

conte

Chronique littéraire : "Le plus petit baiser jamais rescencé" par Mathias Malzieu

Publié le par Wendy&Belle

Editions J'ai lu, parût en 2014. 

Résumé : Un inventeur-dépressif rencontre une fille qui disparait quand on l'embrasse. Alors qu'ils échangent le plus petit baiser jamais recensé, elle se volatilise d'un coup. Aidé par un détective à la retraite et un perroquet hors du commun, l'inventeur se lance alors à la recherche de celle qui "fait pousser des roses dans le trou d'obus qui lui sert de cœur". Ces deux grands brûlés de l'amour sauront-ils affronter leurs peurs pour vivre leur histoire ?

                                                                                                                                                                                   

Il y a des auteurs qui nous touchent, nous impressionnent tellement que nous achetons leurs livres sans même en regarder la quatrème de couverture. Mathias Malzieu fait pour moi partie de ces auteurs là.

Que dire ?

Cet homme est un magicien des mots.

Quoi qu'il écrive, ce sera magnifique.

Depuis que j'ai découvert cet auteur dans La Mécanique du coeur, à mes yeux, il n'a plus rien à prouver. Ses livres, qui se rapprochent toujours de la fable, du conte, nous emportent dans leur univers, si proche du notre mais plus beau, bien que plus triste. En fait, il s'agit souvent de personnages tristes qui finissent par trouver la beauté. Des personnages esquintés, blessés par la vie, qui se retrouvent un peu dans tous ses romans. Ils ne se guérissent pas complétement, mais sont toujours sur cette voie.  Souvent, nous avons la bonne surprise de voir quelques clins d'oeil à ses autres romans. 

Cette histoire est une petite perle, qui parle de l'amour et de sa douleur. Comment s'en remettre ? Comment à niveau y croire ? Il s'agit de surmonter, de faire et de se faire confiance à nouveau. De se retrouver dans ses sentiments, de s'apaiser. D'aimer à nouveau. 

Le lyrisme et les métaphores de l'auteur sont ici parfaites pour parler des bléssés d'amour. De la timidité. De la maladresse. De la beauté mais aussi de la dureté des sentiments. Ce sont des chapitres toujours plus beaux les uns que les autres, des passages toujours plus marquant. Ce sont des mots toujours simples mais placés de manière toujours juste. Des termes qui parfois n'existent pas mais qui devraient. Que dire d'un auteur avec un tel talent ?

Il faut le lire, tout simplement.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. ♡

C'était à la fois effrayant et rassurant de se confronter à quelqu'un d'aussi
extraordinairement abîmé par l'amour. Un monstre de mélancolie qui se fait peur au point d'accepter sa condition de fille invisible...
Ses souffrances résonnaient avec les miennes et je me blottissais dans cet écho. Comme elle, je présentais un terrain miné par l'explosion amoureuse. Peut-être que si elle savait à quel point nos angoisses se rejoignaient, elle se détendrait un peu. À moins que ça la fasse fuir encore plus vite. Nous avions en commun ces matériaux inflammables, cette prédisposition à la passion, pour le meilleur et pour le pire.

Partager cet article
Repost0

Chronique littéraire : "Tant que nous sommes vivants", par Anne-Laure Bondoux

Publié le par Wendy&Belle

Editions France Loisirs, parût en 2014.

Résumé"Nous avions connu des siècles de grandeur, de fortune et de pouvoir. Des temps héroïques où nos usines produisaient à plein régime, et où nos richesses débordaient de nos maisons. Mais un jour, les vents tournèrent, emportant avec eux nos anciennes gloires. Une époque nouvelle commença. Sans rêve, sans désir. Nous ne vivions plus qu'à moitié, lorsque Bo entra, un matin d'hiver, dans la salle des machines." Folle amoureuse de Bo, l'étranger, Hama est contrainte de fuir avec lui. Commence alors pour eux un fabuleux périple à travers des territoires inconnus. Leur amour survivra-t-il à cette épreuve ? Parviendront-ils un jour à trouver leur place dans ce monde ?"

                                                                                                                                                                                          

Petite confession : C'est la blogosphère (et Booktube) qui m'a convaincu de lire ce livre. 

Je ne sais pas pourquoi. Il m'a... attiré.

Ce qui est chouette, c'est que j'ai bien fait. Pourquoi, me direz-vous ?

Eh bien parce que ce roman est un vrai travail d'artiste. 

L'univers de ce livre est bien particulier : Etrangement proche de notre monde, tout en étant très loin - tout du moins, c'est l'impression qu'il m'a fait. Il est empreint d'une dureté très froide et d'une logique implaccable, que vient radoucir la chaleur de l'amour naissant entre les personnages de Bo et de Hama. 

Nous suivons ainsi cet amour, dans ses meilleures comme dans ses pires phases, et je dois dire que j'ai rarement vu un roman décrire aussi bien, aussi justement les alléas de l'amour. Le feu occupe une place très importante dans le récit, et en tant que métaphore, celui-ci décrit parfaitement la passion de ces deux amoureux. Magnifique.

Bien sur, cela est essentiellement dû grâce au talent d'écriture de l'auteur, dont la plume est dotée d'un lyrisme incroyable. C'est vraiment ce qui rend ce récit, que je rapprocherais vraiment du conte philosophique, aussi spécial et aussi beau. Il faut aussi noter que la magie présente dans cet univers est également sublime, mais je ne voudrais pas risquer de lui ôter son charme en en dévoilant davantage. 

Si je dis que je rapprocherais ce récit d'un conte philosophique, c'est essentiellement pour deux raisons : La première est que le mot d'ordre de ce récit est bien "apprendre". En effet, les protagonistes partent en ce que l'on peut considérer comme un voyage initiatique, et en sortent évidemment changés. La deuxième, est que l'on peut certainement lire de différentes façons ce roman, même si j'imagine que ce qu'il ressort principalement est l'importance de l'adaptation, de savoir trouver sa place, créer sa route ; mais aussi l'importance de la vie en société, avec les autres. 

Dans le fond comme dans la forme, ce roman est excellent, décrit, démontre, et défend tout ce qu'il a pour vocation de décrire, démontrer et défendre. Je n'ai rien à lui reprocher - je ne pourrais que signaler l'impression d'une certaine longueur aux trois quarts du roman, qui n'est très probablement que subjective. 

J'espère que vous vous lancerez si ce roman vous tente - j'espère qu'il saura vous transporter comme il m'a transporté.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

C'est un bébé d'automne, répondait Quatre. Elle ne craint pas l'obscurité, et elle sait vivre avec patience et lenteur, comme les ours.

Partager cet article
Repost0

Chronique littéraire "Le livre de Perle", par Timothée de Fonbelle

Publié le par Wendy&Belle

Editions Galimard, parût en 2014.

Résumé : "Tombé dans notre monde une nuit d’orage, un homme emprunte le nom de Joshua Perle et commence une vie d’exilé. Cette nouvelle vie fugitive, déchirée par un chagrin d’amour, est aussi une quête mystérieuse. Au fil du siècle, Perle rassemble un trésor pour défaire le sort qui l’a conduit loin de chez lui. Mais ceux qui l’ont banni et le traquent le laisseront-ils trouver le chemin du retour? Perle a-t-il raison de penser que la fille qu’il aime l’attend toujours là-bas?"

                                                                                                                                                                                    

Coucou bien joli petit livre.

J'ai choisi un gif un peu magique pour illustrer cet article. Je trouve qu'il correspond assez bien.

Pourquoi, me direz-vous ? Eh bien parce que la magie occupe une place très importante au coeur de ce livre, que cela soit au niveau de l'intrigue mais aussi au niveau du style, car l'auteur est en effet doté d'une plume très lyrique et onirique, qui est, au passage, très belle à lire.

Il met en place le genre d'intrigue que l'on ne comprend totalement - si l'on peut dire - que lorsque nous l'avons terminé, et nous perd un peu au début, nous baladant d'un univers à l'autre, d'un temps à un autre, d'un personnage à un autre. Par tous ces fils, l'intrigue devient complexec'est ce qui donne au roman sa richesse.

Sans trop en dévoiler pour ne pas vous gâcher la découverte, je ne m'attendais clairement pas à retrouver certains thèmes abordés dans ce livre, eh bien... dans ce livre, justement. Je ne m'attendais pas à ce qu'il soit également empreint d'autant de tristesse, de noirceur, et j'ai été vraiment charmée par la façon dont ces émotions et cette ambiance nous sont rapportées. 

Ce roman est très court et nous rapproche grandement du conte, notamment grâce au fait qu'il les aborde sans cesse  - et j'ai adoré ça. Le format était parfait, et les allusions aux grands classiques ajoutaient vraiment un cachet au texte. Ils nous permettent notamment une certaine approche par rapport au réel et à l'imaginaire - entre autre avec la vie, l'amour, le sacrifice et plus encore.

J'ai donc beaucoup aimé l'histoire de Joshua Perle, qui a réussit à me fasciner par son destin. J'ai d'ailleurs appris que ce roman était très cher au coeur de son auteur - qui le rapproche de son père -, et qu'il méditait son texte depuis plus d'une vingtaine d'années. 

Je n'ai été que d'autant plus touchée par son récit. 

 

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Il est dans le seul temps, sur la seule terre où on ne croit ni aux contes ni aux fées.

Partager cet article
Repost0

Chronique littéraire : Saga les Contes du royaume, tome 3 "Beauty", by Sarah Pinborough

Publié le par Wendy&Belle

Editions Gollanzc, parût en 2013, lecture VO.

Résumé :Cette fois, c'est l'histoire de la Belle au Bois Dormant qui va se prendre un petit coup de neuf ! Bien sûr, on y retrouvera tous les éléments classiques de ce conte (le beau prince, la terrible malédiction, la jeune fille endormie et le château hanté) mais de nouveau revus à la sauce moderne ! Toujours aussi drôle et sexy. "

                                                                                                                                                                        

La littérature, et l'art en général, au delà d'une recherche constante de l'esthétique, est là pour vous ouvrir l'esprit, vous offrir milles et une autres perceptions des choses, de toutes les choses. Là où je trouve que cette saga illustre parfaitement ce fait, ce que l'auteure s'attaque à des choses auxquelles nous tenons, qui nous ont bercé, qui ont participé à faire de nous qui nous sommes aujourd'hui en bercant notre enfance : Les contes, bien sur. Avec sa plume, Sarah Pinborough vient réécrire les histoires que nous connaissons tous, ou du moins que nous croyons connaître, comme jamais auparavant. Je peux comprendre que cela ne plaise pas tout le monde.

En ce qui me concerne, je suis béate d'admiration.

Exactement comme ça.

Ce troisième tome est sûrement celui qui a mis le plus de temps à m'intriguer, mais il est également celui que j'ai lu le plus rapidement, car il m'était tout bonnement impossible de le lâcher une fois plongée dans ce chef d'oeuvre. (Pour tout dire, je me suis couchée à 4h du matin pour le terminer.) Ce qu'à fait l'auteure du personnage de la Belle aux bois dormants, soit Beauty, est juste magique, magistral, majestueux, soupoudré d'une ironie dramatique qui a fait battre mon coeur de plus en plus vite. Mes excuses aux amateurs, mais si l'histoire originale est intéressante, toutes les adaptations qui en ont découlées sont si niaises que même les Bisounours ont envie de vomir. Ici, l'auteure a su mettre du piquant là où d'habitude il n'y en a pas. Elle est même allée jusqu'à dénicher Rumplestiltskin, personnage quasi inexploité dans la littérature - Once Upon a Time, tu as au moins le mérite d'en avoir fait sur écran un personnage génial - en lui confiant un rôle majeur à l'intrigue.

Des trois réécritures qui ont été écrites, je pense que celle-ci est la plus originale, la plus recherchée.  J'ai été bleuffée, je ne l'ai pas vu venir, et j'ai dévoré l'histoire du personnage developpé. 

Vous pouvez vous attendre à voir votre enfance voler en éclats au fil de ces pages.

Oui, Beauty ressemble à ça dans ma tête.

La plume de l'auteure, toujours aussi enchanteresse, décrit si bien les actions et les lieux que les scènes se formant dans notre imaginaire, même dans l'horreur et la décadence, sont sublimes. Littéralement sublimes. Aussi sublime que sa façon de démystifier, encore une fois, les mythes que l'on croit tous connaître, y ôter toute la niaiserie que le Temps  et une grosse société de production- a déposé sur ces contes. L'univers est ici plus noir, plus sombre.

Du pur génie.

Mon seul regret est peut être par rapport à la fin -hormi l'épilogue-, qui manque de cette pointe de 'wow' trouvée et retrouvée dans Poison et Charm, remplacée par une touche de 'ah, d'accord.' Toutefois, l'épilogue final ne m'a donné qu'une envie : Tout relire, et vérifier la concordences des événements, assembler toutes les pièces de ce magnifique puzzle. Et prier pour une suite. Même infime, même toute petite. J'en veux plus. Il m'en faut plus. Je suis accro aux histoires de l'auteure.

D'ailleurs, il paraît que certains prônent le fait de lire, ou en tout cas de pouvoir lire ce livre indépendement des deux autres. 

Personellement, je n'en vois pas l'intérêt. Certes, cette histoire se déroule un peu avant les deux autres, est en quelque sorte une préquelle; cependant, si l'auteure les a écrit dans cet ordre, c'est qu'il y a une raison. Comme pour les Star Wars. Oui je suis fan.

Cette saga est une saga coup de coeur. Même si ma préférence va vers Charm, je vous conseille à tous de les lire, bien que ce soit des ouvrages très controversés qu'il va maintenant être très difficile à trouver. C'est un voyage que je ne regretterais pour rien au monde.

Et je ne pourrais pas rendre justice à un tel talent et à une telle originalité.  Alors je vais simplement commander ses autres romans, et j'espère être tout aussi émerveillée par le reste de ses écrits. Je ne me fais pas de soucis. Je lui accorde une totale confiance.

Puissiez vous passez de belles lectures, love always. 

 

'Sometimes,' Beauty said softly, sipping from her silver goblet, 'everyone needs to let the beast inside them out for a while'. She laughed, a sound like a waterfall meeting the sea and more glitter escaped from her fingertips. 'I like to see it. We all have our dark lusts. We should enjoy them.'

Partager cet article
Repost0

Chronique littéraire : La saga des Contes du royaume, tome 2, "Charm" by Sarah Pinborough

Publié le par Wendy&Belle

Editions Gollancz, parût en 2013, lecture VO.

Résumé :Rappelez-vous les horribles belles-soeurs, le carrosse magique, le bal enchanté, la pantoufle de verre et l’éternel amour né au premier regard… et à présent, ouvrez ce livre et plongez dans la véritable histoire de Cendrillon, telle qu’elle n’a jamais été révélée… Cendrillon, le conte de fées revisité : cruel, savoureux, et tout en séduction. "

                                                                                                                                                                        

Les producteurs de Once Upon a Time peuvent vraiment aller se rhabiller.

Quelle imagination, quelle audace, quel talent, quel génie !

Il y a les réecritures de contes gentillettes, toutes pleines de happy end, les affreuses versions de Disney préservées... Et il y a celles de Sarah Pinborough. Qui respectent les codes tout en les brisant. Du grand art. Du génie.

J'avoue avoir été bleuffée (encore une fois) par ce que l'auteure est parvenue à faire, et j'admets de ne pratiquement rien avoir vu venir. Et j'ai adoré ! (encore une fois.)

Je n'aime pas l'histoire de Cendrillon, d'ordinaire. (en tout cas, comme on nous la raconte.) Et enfin, j'ai une raison à cela : On a toujours perçu l'histoire de Cendrillon qu'à travers Cendrillon. Elle a toujours été le personnage qui devait attiser l'empathie, au détriment de tous les autres. Ici, tout est inversé, nous n'avons pas le point de vue d'une enfant martyre, mais le récit d'une famille recomposée, chose qui ne lui plaît pas du tout et qui ne fait aucun effort. On s'attache beaucoup à sa demi-soeur, Rose, qui est une jeune femme pleine de bon sens, de compassion et dotée du sens du sacrifice. On pourrait presque dire que c'est elle, en fait, le personnage de Cendrillon tel qu'on le connaît, et que Cendrillon est le personnage de l'une des deux soeurs telle qu'on les connait. 

Encore mieux, l'auteure remet ici les choses à leurs places : Qu'est ce qui vous fait dire que vous mériter une récompense plus que les autres ? Qu'est ce qui vous fait dire que ce dont vous avez toujours rêvé sera ce dont vous rêverez toujours ? Qu'est ce qui vous fait dire que vous méritez tellement de réaliser votre rêve que vous êtes autorisée à tous les coups bas pour le faire ? Toutes ces questions sont soulevées, et brillament menées. Cendrillon était un personnage superficiel, elle n'obtient que ce à quoi mène la voie de la superficialité. Toujours plus encore, elle a réécrit Cendrillon de sorte à prouver que tout n'est pas rose, que vous n'êtes pas tout blanc, aussi innocent qu'un agneau, que le rêve tournera peut être au cauchemar, mais que peut être vous trouverez du bon là où vous n'auriez jamais songé y trouver. Du grand art.

De plus, avec beaucoup d'humour et de sarcasme, l'auteure démystifie totalement le conte, le rendant plus réaliste, plus accessible, de façon toujours aussi talentueuse, en faisant des liens toujours plus ingénieux et originaux avec son premier tome. Nous y retrouvons toute la magie et l'audace qui avait tant marqué Poison.

Ce livre est comme une boîte, une boîte normale, avec un fond et un couvercle, qui nous offre ce qu'elle nous a promis d'offrir ; mais une boîte avec des tas de petits tiroirs secrets, qui ressèlent des tas de choses auquelles on ne s'attend pas. 

J'ai aimé ce deuxième tome, plus encore que le premier, et j'ai maintenant hâte de m'attaquer au troisième. J'ai désormais une confiance totale en l'auteure, je suis sûre qu'elle fera de Beauty un travail excellent.

Je vous conseille donc de remuer ciel et terre pour vous procurer cette merveilleuse saga qui ne sera désormais plus éditée, et de vous jeter dessus.

J'espère que vous passerez vous aussi de mangifiques lectures, love always.

Mais dites-moi, poursuivit-il en s’adossant au mur avec sa décontraction coutumière, à aucun moment, vous ne vous êtes dit qu’il fallait être sacrément stupide pour reconnaître la femme qu’on dit aimer simplement parce qu’une chaussure correspond à son pied ?

Partager cet article
Repost0

Chronique littéraire : "La Mécanique du coeur", par Mathias Malzieu

Publié le par Wendy-Belle

Edition J'ai lu, parût en 2007

Résumé : Edimbourg, 1874 : le jour le plus froid du monde. Lorsque Jack naît, son cœur gelé se brise immédiatement. La sage-femme le remplace par une horloge et le sauve. 
Depuis lors, il doit prendre soin d'en remonter chaque matin le mécanisme. Mais gare aux passions ! Le regard de braise d'une petite chanteuse andalouse va mettre le cœur de Jack à rude épreuve...

                                                                                                                                                                       

Attention, attention, ceci n'est pas un exercice, ceci une alerte "fan en approche, fan en approche."

  Une très bonne amie à moi m'a prêté ce livre dont on entend généralement énormément de bien et qui eut même droit à une adaptation en dessin animé l'année dernière, et qui attisait ma curisoité depuis quelques temps. J'ai donc commencer ce livre avec beaucoup d'attentes, et, pour une fois, je dois avouer qu'elles ont été plus que comblées.

Vous vous souvenez de cet état d'émerveillement absolu qu'on ressentait étant enfant en sortant d'un livre qu'on a tellement adoré qu'on se demandait si l'auteur ne l'avait pas écrit avec une plume ensorcellée ? C'est l'état dans lequel je me suis retrouvée en refermant ce livre.

 

  Par où commencer ? (Par un début, quelle question.) On débarque dans l'histoire dés le jour de la venue au monde du petit Jack, qui aura lieu "le jour le plus froid du monde", dans l'atelier de Madeleine, femme on ne peut plus spéciale que certains prennent pour une sorcière. La mère biologique de Jack l'abandonne et c'est donc cette même Madeleine qui, après s'être rendue compte que le coeur de l'enfant s'est gêlé, lui greffe une horloge dans le but de le relancer. Ce faisant, à cause de cette mécanique étrange, personne ne veut adopter le petit Jack, qui reste donc chez Madeleine, qu'elle elève comme son propre fils, en lui instaurant quelques règles de bases avec son coeur mécanique, notamment ne pas jouer avec ses aiguilles et ne pas, au grand jamais, tomber amoureux, ce qui ne manque évidemment pas d'arriver quand Little Jack rencontre sur une place "la petite chanteuse", qui disparaît par la suite. Jack met alors tout en oeuvre pour la retrouver.

  L'histoire en elle même annonçait une grande poésie, mais il me paraît capital, un devoir vraiment, d'écrire noir sur blanc afin que tout le monde le voit que la plume de l'auteur est absolument magnifique, sublime, d'une finesse et d'une recherche sans nom. Vraiment, son univers est tellement beau qu'à travers ses mots je ne pouvais m'empêcher d'imaginer à quoi ressemblait son esprit pour imaginer des choses pareilles. Je n'ai évidemment pas trouvé de réponse, mais il doit être incroyable.

  L'intrigue est assez simple, quand on y pense, c'est la quête d'un jeune homme fou d'amour pour une jeune fille qui va faire le tour de l'Europe pour la revoir, mais l'auteur y a vraiment mit toute son âme et rend ainsi cette quête absolument unique. Les personnages, que ce soit Jack, la petite chanteuse, Arthur, Luna, Anna, Madeleine, Méliès... Tous étaient merveilleux. J'ai adoré les petites références que l'auteur a semé par ci par là, les petites notes en anglais... 

Je ne sais clairement pas comment exposer toute la beauté de l'oeuvre et je ne vous recommanderai jamais assez de vous ruer dessus si vous ne l'avez pas encore lu. Je pense que ce genre de lecture qui vous laisse quelque chose, ne serait ce qu'un peu de poussière d'étoiles dans les yeux en tournant la dernière page. Pour moi c'est un quasi sans fautes, et c'est assez rare que je sois à ce point conquise. L'auteur a une plume vraiment personnelle et il est sur et certain que je lirai d'autres de ses oeuvres. *Note à moi-même : Me procurer notamment : Le plus petit baiser jamais recensé, Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, et Métamorphose en bord de ciel.*

  

Je viens d'embrasser la fille à langue d'oiseau et rien ne sera plus jamais comme avant. Mon horlogerie palpite tel un volcan impétueux. Pourtant ça ne fait mal nulle part. Enfin si, quand même,j'ai un point de côté. Mais je me dis qu'après une telle ivresse de joie, ce n'est qu'un maigre prix à payer. Cette nuit, je vais grimper à la lune, m'installer dans le croissant comme dans un hamac et je n'aurai absolument pas besoin de dormir pour rêver.

Elle chante comme les oiseaux, mais avec des mots.

Partager cet article
Repost0

Un peu de classique : Peter Pan, by J.M Barrie

Publié le par Wendy-Belle

                        

Edition Puffin Chalk, publié pour la première fois en 1911, dans cette édition en 2013.

Lecture VO.

 

Résumé personnel : Alors que Peter s'introduit par la fenêtre chez les Darling afin de récupérer son ombre perdue, il rencontre Wendy, une douce et délicate jeune fille avide d'aventures, dont il est souvent venu écouté les histoires. Il décide alors de l'emmener, elle et ses frères, au pays d'où il vient, Neverland, le Pays de Nulle Part (ou Imaginaire, selon les traductions), où ils vivront des aventures aussi féériques que dangeureuses. 

                                                                                                                                              

Venant d'écrire ma chronique littéraire sur Tiger Lily by Jodi Lynn Anderson, je tenais à faire celle sur Peter Pan, source de l'inspiration, tant que je l'avais encore en tête, l'ayant lu juste avant. 

On connait tous l'histoire de Peter Pan, de l'enfant qui ne voulait pas grandir. Cependant, on a tendance à se faire une vision édulcorée, à la Disney. Ici, le personnage est bien loin du petit garçon naïf, insouciant et rieur, et pour cause : Il représente ici les traits typiques de l'enfant égoïste, égocentrique, cruel et capricieux. Peter Pan tue des pirates, mais dans ce qu'il juge une "bonne forme", en combat loyal. Il a une vision du monde centrée sur lui-même, ne pense qu'à ses propres désirs, et fini toujours par rompre les promesses qu'il fait. La fin est bien loin d'être heureuse, elle est au contraire une belle démonstration des oeuvres du temps et de la mort, de l'oubli, que Peter refuse à tout prix d'affronter. En quelque sorte, il voit sans doute dans l'oubli un réconfort : Il est la meilleure façon pour ne pas ressentir le manque et la douleur de l'absence de ceux qu'on a aimé. Ressentant le poids et le chagrin de l'abandon de sa mère, nous pouvons parfois comprendre cet état d'esprit. Il semble incapable d'amour et encore moins de compassion, en dépit du fait qu'il ait écouté avec attention les histoires racontées par Wendy.

 

(Why does he have to be that perfect..).

Dans ma lecture, je n'ai pu m'empêcher de trouver des ressemblences avec le Capitaine Crochet, qu'il finit par achever pour mieux prendre sa place. Il semblait être une projection de lui adulte, l'avenir qu'il veut à tout prix éviter. Plus qu'un mépris pour les adultes, c'est bien de la peur qu'il ressent à leur contact, c'est un constat tout à fait visible à la dernière page, lorsqu'il se retrouve pour la première fois face à une Wendy adulte. (La fin a réussit, au passage, à me faire un pincement au coeur.)

Cependant, malgré la noirceur du personnage principal, je l'ai adoré. 

 En ce qui concerne la narration, je dois dire qu'elle m'a beaucoup plus. La plume de l'auteur était magnifique, je me suis arrêtée plusieurs fois pour noter quelques citations. Je n'ai pu m'empêcher de penser au film Finfing Neverland à quelques passages, notamment celui du Cerf Volant. J'admets m'être moins intéressée aux autres personnages pour me concentrer sur la personnalité de Peter, mais tous servant à illustrer l'une de ses personnalités, je les ai néanmoins beaucoup apprécié.

C'est une lecture sans fautes pour moi, j'ai vraiment été ravie de me plonger dedans, je n'ai pas vu les pages défilées. C'est une histoire tout de même sublime, du génie du pur et simple, je la recommande vivement à tout le monde, ne serait ce que pour avoir le plaisir de retomber, le temps d'un livre, dans l'univers merveilleux, bien qu'infernal, de l'enfance. 

Do you know, Peter asked, why swallows build in the eaves of houses ? It is to listen the stories.

Partager cet article
Repost0