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contemporain

Chronique littéraire : "Le plus petit baiser jamais rescencé" par Mathias Malzieu

Publié le par Wendy&Belle

Editions J'ai lu, parût en 2014. 

Résumé : Un inventeur-dépressif rencontre une fille qui disparait quand on l'embrasse. Alors qu'ils échangent le plus petit baiser jamais recensé, elle se volatilise d'un coup. Aidé par un détective à la retraite et un perroquet hors du commun, l'inventeur se lance alors à la recherche de celle qui "fait pousser des roses dans le trou d'obus qui lui sert de cœur". Ces deux grands brûlés de l'amour sauront-ils affronter leurs peurs pour vivre leur histoire ?

                                                                                                                                                                                   

Il y a des auteurs qui nous touchent, nous impressionnent tellement que nous achetons leurs livres sans même en regarder la quatrème de couverture. Mathias Malzieu fait pour moi partie de ces auteurs là.

Que dire ?

Cet homme est un magicien des mots.

Quoi qu'il écrive, ce sera magnifique.

Depuis que j'ai découvert cet auteur dans La Mécanique du coeur, à mes yeux, il n'a plus rien à prouver. Ses livres, qui se rapprochent toujours de la fable, du conte, nous emportent dans leur univers, si proche du notre mais plus beau, bien que plus triste. En fait, il s'agit souvent de personnages tristes qui finissent par trouver la beauté. Des personnages esquintés, blessés par la vie, qui se retrouvent un peu dans tous ses romans. Ils ne se guérissent pas complétement, mais sont toujours sur cette voie.  Souvent, nous avons la bonne surprise de voir quelques clins d'oeil à ses autres romans. 

Cette histoire est une petite perle, qui parle de l'amour et de sa douleur. Comment s'en remettre ? Comment à niveau y croire ? Il s'agit de surmonter, de faire et de se faire confiance à nouveau. De se retrouver dans ses sentiments, de s'apaiser. D'aimer à nouveau. 

Le lyrisme et les métaphores de l'auteur sont ici parfaites pour parler des bléssés d'amour. De la timidité. De la maladresse. De la beauté mais aussi de la dureté des sentiments. Ce sont des chapitres toujours plus beaux les uns que les autres, des passages toujours plus marquant. Ce sont des mots toujours simples mais placés de manière toujours juste. Des termes qui parfois n'existent pas mais qui devraient. Que dire d'un auteur avec un tel talent ?

Il faut le lire, tout simplement.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. ♡

C'était à la fois effrayant et rassurant de se confronter à quelqu'un d'aussi
extraordinairement abîmé par l'amour. Un monstre de mélancolie qui se fait peur au point d'accepter sa condition de fille invisible...
Ses souffrances résonnaient avec les miennes et je me blottissais dans cet écho. Comme elle, je présentais un terrain miné par l'explosion amoureuse. Peut-être que si elle savait à quel point nos angoisses se rejoignaient, elle se détendrait un peu. À moins que ça la fasse fuir encore plus vite. Nous avions en commun ces matériaux inflammables, cette prédisposition à la passion, pour le meilleur et pour le pire.

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Chronique littéraire : "Là où j'irai", par Gayle Forman

Publié le par Wendy&Belle

Editions Oh! Parût en 2010.

Résumé"Adam se glisse dans la salle. Il a 21 ans, c'est une rock star adulée et l'ancien amoureux de Mia... Trois ans plus tôt, Mia était partie sans un au revoir, sans une explication. Leurs retrouvailles est un choc : les souvenirs, bons et mauvais, ressurgissent, les sentiments encore à vif les submergent, leur amour qu'il pensait indestructible quelques années plus tôt se heurte à la réalité de leur vie présente. De nouveau, Mia est confrontée à un choix : doit-elle revenir en arrière pour donner une chance à son premier amour? Peut-on revivre la même passion si longtemps après, malgré les souffrances endurées? Ils ont une soirée pour décider. Plus forte que les mots, la musique les emporte dans un tourbillon d'émotions. Mais est-ce suffisant pour les réunir de nouveau?"

                                                                                                                                                                                       

Qu'on soit bien clairs sur un point. Je n'irais certainement pas dire jusqu'à dire que ce lire est excellent. Toutefois, il est jusque là le meilleur roman de Gayle Forman que j'ai pu lire.

Oui, qu'on se le dise, je ne suis clairement pas fan des travaux de cette auteure. Je trouve que son style ne se démarque pas, que sa philosophie est assez commune, que ses histoires ne sont pas marquantes, comme ses personnages, que je trouve plats. Autant vous dire, qu'après la lecture de Pour un jour avec toi, mes attentes par rapport à Là où j'irai étaient à la fois quasi nulles et très hautes.

Cela étant dit, bien que ce roman ne soit clairement pas un chef d'oeuvre, je le trouve déjà meilleur que Si je reste. Pour être plus précise, c'est essentiellement le rapport d'Adam avec lui-même, la musique, et la rupture que j'ai trouvé intéressant. Pour être honnête, si le mélodramatisme de cette rupture et l'idée du couple canon m'horripile peut être un peu, la façon dont il était traité était belle. A moins que ce ne soit la façon dont-elle a été écrite ? Je ne suis d'ordinaire pas fan de son style, que je trouve assez commun et ordinaire. Toutefois, je dois avouer que je suis séduite lorsqu'elle parle de musique. Je trouve qu'elle arrive à la personnifier de manière très efficace et très romantique. 

En bref, ce fût une lecture sympa. Peut être le meilleur de ses romans.

 

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Ernesto dit toujours qu'avec de bonnes intentions on peut enfermer les autres dans des boîtes aussi hermétiques qu'un cercueil.

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Chronique littéraire : "How to love", par Katie Cotugno

Publié le par Wendy&Belle

Editions Pocket Jeunesse, parût en 2014.

Résumé : "Reena Montero aime Sawyer LeGrande depuis l’enfance. Un jour, l’impossible se produit : il tombe amoureux d’elle… La jeune fille se met à croire aux contes de fées. Mais le jeune homme s’en va sans un mot, laissant derrière lui sa petite amie enceinte.... Dévastée, Reena va découvrir avec leur fille, Hannah, que l’amour peut prendre bien des formes. Elle reconstruit sa vie, sans vraiment l’oublier. Mais un jour, Sawyer revient…"

                                                                                                                                                                                       

"Une lecture fade, creuse et insipide."

Ce fût mon commentaire sur Livraddict. 

Très sincérement, j'ai hésité à faire cette chronique. En effet, je n'ai rien de spécial à en dire, étant donné que ce livre n'a, à mes yeux, rien de spécial, et ce ne sera certainement qu'une liste du pourquoi du comment de la chose, et la sempiternelle interrogation : Pourquoi ce genre de livre continue d'être publié ? 

 Honnêtement, je voulais, à sa sortie, vraiment lire ce roman. Puis, au fil du temps, j'ai entendu dire et redire qu'il était en fin de compte très superficiel, et cette envie m'était passée. C'est en l'apercevant finalement à la médiathèque que je me suis lancée, car je n'avais rien à perdre, après tout. Si au final je donne raisons à ces avis négatifs que j'avais entendu ici et là, c'est bien que j'en suis très déçue, car il aurait pu être très intéressant - l'histoire d'une adolescente tombée enceinte, forcée de renoncer à ses rêves afin d'élever toute seule sa fille, confrontée au retour soudain du père de l'enfant. Pourtant, il n'en fût rien, et cela pour une raison très simple : Ce roman n'entre au coeur de rien, ni au coeur de son intrigue, sur laquelle il y aurait beaucoup à dire, comme la difficulté de gérer les études et le travail à un si jeune âge avec un enfant à charge, créant qui plus est des tensions car le tout se passant au coeur d'une famille presque puritaine. C'est sur un tout autre aspect que se concentre l'histoire : La relation de Renna et de Sawyer. Le roman démarre sur le retour du père de l'enfant, et cela donne bien le ton de l'intrigue : Nous allons nous concentrer sur comment les deux protagonistes vont se retrouver et continuer leur histoire d'amour là où ils l'avaient laissé. En alternant les flashbacks, nous découvrons pourtant comment Renna, partie pour avoir un brillant avenir, s'est retrouvée forcée de mettre ses rêves de côté pour élever toute seule sa fille après que le père ne se soit volatilisé.

Je n'ai évidemment pas aimé la superficialité de ce roman, et j'ai exercré le ton mélodramatique qu'il s'ait plû à adopter lors de passages supposés être chargés emotionnellement. En fait, le mot clé de ce roman est celui-ci : le cliché. Il ne repose que sur ça, ne les revisite pas, ne s'en affranchit à aucun moment, et ne fait que les adapter à sa sauce. Je crois que les plus risibles restent ceux sur la drogue, mais c'est un avis très personnel. La fin est si prévisible que j'ai, jusqu'à la fin refusé d'y croire. Pourtant, si, ce fût possible : l'auteur est réellement tombé dans ce réel manque d'inspiration et de créativité. Ce qui est dommage : Si elle avait été un peu plus travaillée, l'idée du voyage qui plane au dessus de tout le roman aurait pu être très bonne. Ici, elle apparaît simplement ridiculement grotesque. 

J'ai lu ce livre dans cet état là.

Sincérement, ce genre de roman, publié dans une aussi populaire maison d'édition, est la raison du pourquoi certaines personnes parlent de fausse littérature. 

Pour finir, je ne comprends absolument le titre de ce livre. How to love. Comment aimer. Comment aimer ? En proposant des idées neuves, au lieu d'aggraver davantage le problème de représentation du genre.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

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Chronique littéraire : "Hate List", par Jennifer Brown

Publié le par Wendy&Belle

Editions Albin Michel, parût en 2010.

Résumé"C'est moi qui ai eu l'idée de la liste. Je n'ai jamais voulu que quelqu'un meure. Est-ce qu'un jour on me pardonnera ?" C'est ce que pense Valérie, effondrée après un drame inexplicable survenu au lycée. Son petit ami, Nick, a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste. Cette fameuse liste qu'ils ont écrite pour s'amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants dans l'établissement. Maintenant, ils sont blessés ou morts. Et Nick s'est suicidé, emportant son secret pour toujours. Mais Valérie elle, est toujours là, enfermée dans une bulle de questions sans réponses. Jusqu'au matin où elle se lève et quitte sa chambre pour retourner au lycée..."

                                                                                                                                                                                               

Wow. 

Il y a longtemps que je n'avais pas été happée à ce point par un roman.

J'ai été très étonnée, au début, de lire autant d'avis concernant ce livre. Et puis, à y réfléchir, plus du tout... Il faut dire qu'il traite un sujet tellement délicat que chacun a sa propre façon de l'appréhender; je peux donc ainsi comprendre que l'on puisse ne pas être satisfait par la manière donc ce - ou même n'importe lequel - roman l'aborde. Toutefois, en ce qui me concerne... J'ai été extrêmement touchée.

J'ai trouvé extrêment juste la façon dont l'auteure a traité tous ses thèmes, sous toutes ses dimensions : Que ce soit l'extrême violence du geste de Nick, les incomensurables dégâts qu'il a provoqué, les traumatismes, les séquelles, toutes les conséquences... J'ai trouvé le tout très fort, très puissant, et le plus impressionnant a été de ne pas tomber dans un pur schéma manichéen. Au contraire, l'environnement a beau être marqué par le choc, l'angoisse et l'horreur, j'ai trouvé beaucoup de tact dans l'écriture, qui sait s'adapter à son contexte, c'est-à-dire osciller entre les émotions, parfois contradictoires, entre les différents temps, et surtout les traiter en circonstances : Le temps avant la tuerie, et après la tuerie, qui évidemment, a tout chamboulé. 

Nous tournons principalement autour du personnage de Valérie, avec lequel je n'ai pu que compatir. Celle-ci s'interroge énormément, notamment dans sa part de responsabilité dans l'affaire, par rapport aux signes potentiellement avant coureur du plan de Nick, et dans l'élaboration de sa "liste de la haine", qui, elle ne cesse de le jurer, n'a jamais eu pour vocation de susciter tel drame. Elle est très confuse par rapport à cet événement, ne sait pas comment s'en relever, ne sait pas quoi faire par la suite, ne sait pas comment réagir face aux autres, dont certains la jugent aussi coupable que Nick, d'autres comme l'héroïne qui a mis fin à l'horreur, d'autres encore comme de plus en plus égoïste. Personnellement, je me suis beaucoup attachée à ce personnage, dont les émotions et les réflexions sont, je trouve, très bien amenées, traitées, tout en nuance. C'est ce que j'ai adoré, dans ce livre : Les nuances. C'est ce  recul qui a rendu ce roman très intéressant, plus que prenant, et plus que touchant.

 

Dans ce livre, à aucun moment je ne me suis doutée de ce qui allait se passer au fil des pages, pas plus de la façon dont tout cela allait finir, se conclure. J'ai juste été plus que happée par les chapitres, par les événements, et je n'ai pu que me dire, une fois terminé, que ce roman débordait de justesse, et je trouve extrêmement belle la fin écrite par l'auteure, et le message, si on peut appeler ça comme ça, qui s'en dégage.

Je ne peux que vous recommander ce livre si jamais il vous tente - et j'espère qu'il saura vous toucher comme il a su me toucher. Je pense m'en souvenir très longtemps, et le relire très certainement.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

D'une certaine façon il avait raison : à un moment ou à un autre, chacun était gagnant. Mais ce qu'il n'avait pas compris, c'est que l'inverse était aussi vrai : à un moment ou à un autre, chacun était perdant. L'un et l'autre étaient forcément liés.

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Chronique littéraire : "Tant que nous sommes vivants", par Anne-Laure Bondoux

Publié le par Wendy&Belle

Editions France Loisirs, parût en 2014.

Résumé"Nous avions connu des siècles de grandeur, de fortune et de pouvoir. Des temps héroïques où nos usines produisaient à plein régime, et où nos richesses débordaient de nos maisons. Mais un jour, les vents tournèrent, emportant avec eux nos anciennes gloires. Une époque nouvelle commença. Sans rêve, sans désir. Nous ne vivions plus qu'à moitié, lorsque Bo entra, un matin d'hiver, dans la salle des machines." Folle amoureuse de Bo, l'étranger, Hama est contrainte de fuir avec lui. Commence alors pour eux un fabuleux périple à travers des territoires inconnus. Leur amour survivra-t-il à cette épreuve ? Parviendront-ils un jour à trouver leur place dans ce monde ?"

                                                                                                                                                                                          

Petite confession : C'est la blogosphère (et Booktube) qui m'a convaincu de lire ce livre. 

Je ne sais pas pourquoi. Il m'a... attiré.

Ce qui est chouette, c'est que j'ai bien fait. Pourquoi, me direz-vous ?

Eh bien parce que ce roman est un vrai travail d'artiste. 

L'univers de ce livre est bien particulier : Etrangement proche de notre monde, tout en étant très loin - tout du moins, c'est l'impression qu'il m'a fait. Il est empreint d'une dureté très froide et d'une logique implaccable, que vient radoucir la chaleur de l'amour naissant entre les personnages de Bo et de Hama. 

Nous suivons ainsi cet amour, dans ses meilleures comme dans ses pires phases, et je dois dire que j'ai rarement vu un roman décrire aussi bien, aussi justement les alléas de l'amour. Le feu occupe une place très importante dans le récit, et en tant que métaphore, celui-ci décrit parfaitement la passion de ces deux amoureux. Magnifique.

Bien sur, cela est essentiellement dû grâce au talent d'écriture de l'auteur, dont la plume est dotée d'un lyrisme incroyable. C'est vraiment ce qui rend ce récit, que je rapprocherais vraiment du conte philosophique, aussi spécial et aussi beau. Il faut aussi noter que la magie présente dans cet univers est également sublime, mais je ne voudrais pas risquer de lui ôter son charme en en dévoilant davantage. 

Si je dis que je rapprocherais ce récit d'un conte philosophique, c'est essentiellement pour deux raisons : La première est que le mot d'ordre de ce récit est bien "apprendre". En effet, les protagonistes partent en ce que l'on peut considérer comme un voyage initiatique, et en sortent évidemment changés. La deuxième, est que l'on peut certainement lire de différentes façons ce roman, même si j'imagine que ce qu'il ressort principalement est l'importance de l'adaptation, de savoir trouver sa place, créer sa route ; mais aussi l'importance de la vie en société, avec les autres. 

Dans le fond comme dans la forme, ce roman est excellent, décrit, démontre, et défend tout ce qu'il a pour vocation de décrire, démontrer et défendre. Je n'ai rien à lui reprocher - je ne pourrais que signaler l'impression d'une certaine longueur aux trois quarts du roman, qui n'est très probablement que subjective. 

J'espère que vous vous lancerez si ce roman vous tente - j'espère qu'il saura vous transporter comme il m'a transporté.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

C'est un bébé d'automne, répondait Quatre. Elle ne craint pas l'obscurité, et elle sait vivre avec patience et lenteur, comme les ours.

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Chronique littéraire : "Les jolis garçons", par Delphine de Vigan

Publié le par Wendy&Belle

Editions JC Lattès, parût en 2005.

Résumé :Prenez un homme qui aime les femmes, le corps des femmes surtout. Il a une quarantaine d'années, il est beau mais fatigué. Prenez une femme qui aime les hommes, la peau des hommes mais pas seulement. Elle va avoir trente ans, elle est jolie quand elle y prête attention, parfois on se retourne sur elle, on la dévisage, parfois elle est grise, on ne la voit pas. Trois hommes dans la vie d'Emma. Trois rencontres sur des musiques différentes, basses et douloureuses, rieuses et légères, hantées par un même motif : l'illusion. Combien de fois faut-il rejouer la fable pour être capable de s'en défaire ?"

                                                                                                                                                                     

Je dois avouer que je suis assez décontenancée face à ce livre.

Concernant l'auteur, j'avais déjà lu et adoré No et moi. En même temps, est-il possible d'en être autrement ? J'avais très envie de découvrir ses autres romans, évidemment, et le sujet de celui-ci me semblait fascinant. Pourtant... 

Je suis assez déçue du résultat.

Ce roman tourne autour des thèmes de la fascination, des hommes, mais surtout de l'illusion. Nous suivons Emma dans trois relations avec trois hommes différents, qui ont tous un point commun : La célébrité. Je ne sais pas si j'irais jusqu'à dire que sa façon d'aborder le tout est maladroite, en tout cas je la trouve assez... Superficielle. 

C'est assez délicat à expliquer, car j'ai à la fois aimé son style, et m'en suis pourtant lassée à la longue, alors que le roman fait moins de deux-cent pages. J'ai néanmoins beaucoup aimé l'originalité de la narration : Emma semble d'abord s'adresser à nous... Mais au final, ce n'est pas tout à fait ça. Ce point là est un vrai point positif, et je regrette d'autant plus que la chose ne soit pas un plus creusée. 

Je ne vois au final pas grand chose à dire sur ce roman, car très court et assez répétitif, en tout cas à mes yeux. Ca n'en fait tout de même pas un mauvais roman, je trouve juste qu'il manquait vraiment quelque chose, peut être un peu plus d'approfondissement. Je ne remets certainement pas en cause le talent de l'auteur, et je serai ravie de lui redonner sa chance lors d'une prochaine lecture.

En attendant, je ne vous conseille pas de la découvrir avec ce livre-ci.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Je suis toujours passée à côté des hommes, je les ai aimés trop tôt, trop vite ou trop tard.

Attendre sans rien demander. Attendre un homme qui n'a rien promis.

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Chronique littéraire : "Virgin Suicides", par Jeffrey Eugenides

Publié le par Wendy&Belle

Editions Points, parût en 2010, première parution en 1993.

Résumé : "Dans un quartier résidentiel et huppé de Grosse-Pointe (Michigan), cinq soeurs, des adolescentes entre 13 et 17 ans, se suicident en l’espace d’une année. Cécilia, la plus jeune, ouvre le bal. Les autres l’imiteront un an après. Entre-temps, les gamins du voisinage auront vécu et souffert avec elles... à distance. Ce suicide les aura tant marqués qu’une vingtaine d’années plus tard, alors qu’ils frôlent les quarante ans, ceux-ci mèneront une enquête dans l’espoir un peu fou d’éclaircir toute cette affaire. Ce récit en est le résultat, la reconstitution la plus minutieuse et la plus fidèle possible d’une année pour le moins particulière. Tous les témoins, les animés comme les objets les plus dérisoires, sont donc convoqués."

                                                                                                                                                                     

" Le matin où ce fut au tour de la dernière des filles Lisbon de se suicider - c’était Mary cette fois-là, et les somnifères comme Thérèse -, les deux infirmiers arrivèrent à la maison en sachant exactement où étaient le tiroir des couteaux, et le four à gaz, et la poutre dans la cave où on pouvait attacher une corde. Ils sortirent du véhicule du Samu comme d’habitude beaucoup trop lentement, selon nous, et le gros murmura : « On n’est pas à la télé, nous on va pas plus vite que ça. » "

Ceci est le tout premier paragraphe du roman. 

Nous pouvons réellement dire qu'il donne tout le ton de son histoire.

Il est difficile d'aborder un livre tel que Virgin suicides, car il est difficile d'aborder le sujet de Virgin suicides. Le suicide, qui plus est chez de si jeunes personnes, et une chose si délicate à traiter. Pourtant, l'auteur ne prend aucune pincettes pour nous conduire au coeur de la chose, puisqu'il nous annonce dés le départ que les cinq filles Lisbon se seront tuées avant la fin du bouquin. De ce fait, on ne peut décemment pas s'attendre à une lecture légère, au contraire. C'est un livre très dur, évidemment, qui nous trouble, déstabilise, à tel point qu'on ne sait pas très bien quoi en penser une fois terminé. La chose est assez complexe.

 

 

Tout est relaté par un groupe de garçons fascinés par les filles, qui se trouvent être leurs voisines. Ce choix les rend totalement anonymes, on ne sait rien sur eux en tant qu'individus hormis quelques détails de leurs vies après le suicide des filles, afin d'illustrer quel impact celles-ci ont eût sur eux, même après leur décès. La narration se concentre énormément sur des descriptions des filles, de leurs actions, qui sont au final de banals événemments du quotidien la plupart du temps - celles-ci n'ayant aucune libertés - à l'exception de Lux, sur laquelle on s'attarde principalement, car semblant être celle qui tenta de mettre fin à son ennui par des moyens plus extrêmes que les autres, et leurs suicides, évidemment encore. C'est donc une narration relativement passive et contemplative. Toutefois, la fascination qu'ont ces adolescents sur ces adolescents rend toutes ces actions plus fortes, et lourdes de sens. Leur emprisonnement et leur mise à l'écart est décrit à la perfection, tout comme leur dépression, ou du moins l'accentuation de ses signes : En effet, comme le point de vue des filles n'étant jamais explicité, on ne peut essayer de les comprendre et de les cerner qu'à partir des témoignages que les garçons auront collecté au fil du temps. L'inaction est également l'un des thèmes les plus présents dans l'oeuvre. 

" Trip Fontaine ne perçut aucun signe d'anormalité chez les filles, mais plus tard il dit quand même : " Vous vous seriez tués juste pour avoir quelque chose à faire." " 

Ce qui peut poser probème au cours de cette lecture, c'est justement cette fascination qui caractérise le groupe de garçons, cette inclination à sublimer les filles, à sublimer leur dépression, leurs gestes, jusqu'à leur suicides. Ceci mène à un certain lyrisme magnifique, mais qui se retrouve finalement être horrible, jusqu'à pouvoir choquer le lecteur. Cette représentation des filles comme des êtres presque mystiques, quasi surréels, fantomatiques, peut donner l'impression que les garçons leur donne au final raison, d'une certaine façon. Ces remarques peuvent être balayées d'un simple coup d'oeil aux derniers paragraphes du roman, qui paraît être bien l'avis de l'auteur que celui des garçons, car pourrait jurer avec la façon dont ils ne cessent de décrire les filles

Personnellement, je trouve que cet espèce de détâchement par rapport à la gravité de leur acte est dû évidemment à cette fascination qui les anime, mais égalemment au fait que l'intention de l'auteur n'était clairement pas d'écrire un livre de développement personnel par le biais d'une fiction, et ne donne à aucun moment de solutions à la depression, ou à l'ennui, ou à quoi que ce soit. Il est clairement plus tangible que ce que blâme l'auteur est l'innaction des témoins.  Les narrateurs n'en sont pas moins choqués, mais leur choc se manifestera sous une forme plus latente. Ce livre, ce ne sont que des garçons, qui finissent par devenir des hommes, qui tentent de comprendre, pour au final se rendre compte que jamais cela ne sera jamais possible. 

" "Qu'est ce que tu fais là, ma petite ? Tu n'as même pas l'âge de savoir à quel point la vie peut devenir moche." Et c'est alors que Cecilia délivra oralement ce qui devait être la seule forme que prendrait son ultime message, inutile d'ailleurs, puisqu'elle allait vivre : "On voit bien, docteur, dit-elle, que vous n'avez jamais été une fille de treize ans." "

Cela nous ramène énormément à Nietzsche, et à sa philosophie de l'art : Qu'il est le voile que l'on pose sur la vérité afin de rendre celle-ci, qui est par nature horrible, dont même le plus courageux des hommes ne serait assez fort pour la regarder en face, supportable, et belle, même si la beauté est encore un concept à approfondir et sujet à débats. Cela mène au sublime, du genre de celui-ci qui est, je trouve, représenté dans ce livre, qui paraît et nous fait ressentir une gêne, quelque chose proche du malsain et du glauque par moments, mais avec des passages qui restent fondamentalement magnifiques, malgré son horreur. De l'art, quoi. Le style de l'auteur est magnifique, rempli de métaphores, très bien construit - la seule chose que je pourrais lui reprocher serait peut-être l'un des éléments de fin que j'ai trouvé fort peu crédible, mais enfin, passons. Ce roman reste un roman extrêmement bien écrit, même si je ne sais honnêtement toujours pas si cette j'apprécie ou non cette façon de sublimer les filles, que l'on finit par décrire plus mortes que vivants alors même qu'elles respirent encore. Je pense à la fois que oui, et à la fois que non. Il est difficile d'avoir un avis tranché sur la question. 

Nous sommes toutefois happés à notre tour par ces filles, qui finissent par nous fasciner, et que nous tenterons de comprendre - même si le livre transcrit très clairement des raisons pouvant expliquer leur decision, tout cela ne sera au final qu'hypothèses et suppositions. 

"Nous avions affaire à une rêveuse totalement déconnectée de la réalité, en sautant elle a du penser qu’elle allait voler."

Ce livre a eu droit à son adaptation, datant de 1999, réalisé par la génialissime Sofia Coppola, que j'avais visionné bien avant de lire le livre, et que j'aimais déjà beaucoup, et peut maintenant affirmer que celle-ci a parfaitement su retranscrire l'ambiance de ce roman, avec un style qui lui correspond parfaitement.

Je serais ravie de savoir ce que vous avez pensé de ce roman - ou de son adaptation. 

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

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Chronique littéraire : "Nos âmes jumelles", de Samantha Bailly

Publié le par Wendy&Belle

Editions Rageot, parût en 2015.

Résumé : Sonia est la plume, Lou le crayon. Ensemble, elles inventent, osent, racontent, décrivent... Y seraient-elles parvenue l'une sans l'autre ? De virtuel sur un forum, leur duo peut-il leur faire vivre une amitié réelle ?

                                                                                                                                                                            

Alors, comment était-ce ? 

...

Sincérement, je ne m'attendais pas à aimer autant.

Le dernier livre que j'ai pu lire de cette auteure ( c'est-à-dire Ce qui nous lie ) m'ayant laissé une impression d'incohérence, et donc de déception, je partais avec quelques attentes, et ce livre étant orienté jeunesse, j'avais de sérieux doutes quant à sa qualité. Toutefois, ayant beaucoup apprécié Les Stagiaires, et l'écriture de l'auteure étant très agréable, j'ai laissé sa chance à cette nouveauté, sur un coup de tête, une envie soudaine. Et j'ai bien fait ! C'est ravie de cette lecture que je reviens finalement écrire cette chronique. (comme quoi, les aprioris...)

Comme dans chacun des livres de l'auteure, le contexte très actuel et donc très réel de ces histoires est très appréciable. Celui-ci notamment, se déroule à la période du lycée : Nos deux protagonistes principales sont en première, l'une en scientifique, l'autre en littéraire. Retrouver les couloirs du lycée, les profs, les cours, les choix d'orientation... Etrangement, ça fait du bien, même si c'est loin d'être une période facile à vivre. Mais c'est un terrain que l'on connaît, qui nous parle. Ainsi, ce que traversent les deux jeunes filles nous touchent. D'autant plus qu'elles ne sont pas seules face à cette période : Nous découvrons leurs parents, qui ont eux aussi une façon bien différente de concevoir l'adolescence et la scolarité de leurs filles, tout comme leur amitié virtuelle. 

Lou et Sonia sont très différentes, à la seule différence qu'elles sont toutes deux très passionnées par leur art. Je trouve que cela se ressent davantage chez Lou, mais j'imagine que c'est assez subjectif. Lou est considérée comme une paria à son lycée, harcelée par ses camarades, déprimée par le divorce de ses parents, et agacée par sa mère, qui ne l'entend pas et reste sur son dos 24h/24, tandis que Sonia est une jeune fille à qui tout semble réussir, mais qui se sent terriblement seule. L'art permet ainsi aux deux jeunes de s'évader, de s'exprimer - Lou le dira elle-même, "l'art est la meilleure des thérapies."  Les problèmes de chacune sont très bien retranscrits : Le mal-être adolescent, en particulier chez Lou, est très présent (même s'il gagnerait à être développé) et permettent aux deux jeunes filles de se compléter, de prendre du recul par rapport à leurs situations respectives, et d'avancer lorsqu'elles ne savent plus quoi faire. Chacune apporte à l'autre une chose plus importante encore : Une amitié fiable, solide, avec une personne de confiance, qui offre un sentiment d'appartenance rendant la vie bien plus belle. Cela montre aussi une vision très positive d'Internet, qui permet de belles rencontres et de partager ses passions, nuancé à la perfection avec les risques qu'il contient.

Je suis très étonnée du rythme : Il est brillament géré ! Nous suivons nos deux héroïnes toute une année durant, et alternons les points de vue. A chaque début de chapitre, nous avons droit à un commentaire, une sorte de message de la narratrice à son amie, écrit dix ans après les faits narrés, ce qui était juste génial. Les conversations par messagerie instantannée et par texto permettaient à l'intrigue de prendre une réelle consistence, et de la faire progresser rapidemment grâce à la fluidité de la chose.  Cependant, je me dois d'exprimer un regret : Certaines choses auraient pu développées davantage, d'autant plus que le livre n'est pas trèrs long et se lit vite, l'auteure aurait très bien se le permettre. L'histoire aurait gagné en profondeur, les personnages en sympathie. Ici, nous restons donc parfois assez en surface, ce qui est regrettable quand on regarde à quel point nous sommes pris dans l'histoire. Ainsi, Peter est un personnage plat, qui n'est absolument pas abouti, et c'est dommage, car j'aurais beaucoup aimé que sa relation avec Sonia soit plus présente, plus développée, plus détaillée, bref, plus approfondie, car sa trame démarrait très bien. Ici, il n'est alors résumé qu'à une fonction. Cependant, cela accorde beaucoup plus d'importance et plus de place au concept d'amitié, qui est au coeur du roman, et cela n'est pas mal du tout. Aussi, certains clichés sur les élèves, et particulièrement sur les élèves de L, étaient présents, et ont de quoi faire lever les yeux au ciel (je pense notamment au meilleur ami gay de Sonia et aux pestes de la classe de Lou).

Enfin, le projet que mettent en place les deux adolescentes était fascinant, et très bien imaginé. Ce fût très intéressant à lire, même si un peu plus de détails n'auraient pas été de trop, une fois encore. Nous noterons d'ailleurs que les milieux du manga et de la BD sont des thèmes récurents chez Samantha Bailly. La fin m'a surprise, et énormément plu.

En fait, après avoir énuméré les quelques regrets à émettre sur cette oeuvre, je n'ai pas l'impression que les sentiment de captivation et de satisfaction face à cette lecture se fassent suffisament ressentir. Pourtant, j'ai réellement adoré cette lecture. Je n'ai pu lâcher ce livre que rarement tant j'étais prise dans l'action de ses pages. J'ai beau ne pas être convaincue de la nécéssité d'un deuxième tome, - j'ai d'ailleurs été assez étonnée qu'il y en ait un de prévu - vu le plaisir que j'ai pris à cette lecture, je suis preneuse, et espère être suprise encore une fois. Je recommande donc ce livre avec ferveur.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Tu sais, Sonia, tu as toujours été la plus forte de nous deux. La plus souriante, la plus lumineuse. A côté de toi, je me suis souvent sentie sombre, très sombre. J'imagine que c'est ce mélange de noir et de blanc qui a permis que nous en soyons là aujourd'hui.

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Chronique littéraire : "Fangirl", par Rainbow Rowell

Publié le par Wendy&Belle

Editions Castelmore, parût en 2015, première parution en 2013.

Résumé : Cath est fan de Simon Snow. 
Okay, le monde entier est fan de Simon Snow... 
Mais pour Cath, être une fan résume sa vie - et elle est plutôt douée pour ça. Wren, sa soeur jumelle, et elle se complaisaient dans la découverte de la saga Simon Snow quand elles étaient jeunes. Quelque part, c'est ce qui les a aidé à surmonter la fuite de leur mère.  Lire. Relire. Traîner sur les forums sur Simon Snow, écrire des fanfictions dans l'univers de Simon Snow, se déguiser en personnages pour les avant-premières de films. La soeur de Cath s'est peu à peu éloignée du fandom, mais Cath ne peut pas s'en passer. Elle n'en éprouve pas l'envie.  Maintenant qu'elles sont à l'université, Wren a annoncé à Cath qu'elle ne voulait pas qu'elles partagent une chambre. Cath est seule, complètement en dehors de sa bulle de confort. Elle partage son quotidien entre une colocataire hargneuse qui sort malgré tout avec un mec charmant et toujours collé à ses bottes, son professeur d'écriture inventée qui pense que les fanfictions annoncent la fin du monde civilisé, et un camarade de classe au physique alléchant qui a la passion des mots...  Mais elle ne peut s'empêcher de s'inquiéter à propos de son père, aimant et fragile, qui n'a jamais vraiment été seul. Pour Cath, la question est : va-t-elle réussir à s'habituer à cette nouvelle vie ?  Peut-elle le faire sans que Wren lui tienne la main ? Est-elle prête à vivre sa propre vie ? Ecrire ses propres histoires ? Et veut-elle vraiment grandir si c'est synonyme d'abandonner Simon Snow ?

                                                                                                                                                                        

Oh le joli coup de coeur que voilà...!

Ce qui est bizarre avec ce livre, c'est que je l'ai adoré du début à la fin. J'ai ressenti cet effet - vous savez, cet effet où votre coeur fond littéralement, bat plus vite, et vous fait bien comprendre que vous kiffez le moment plutôt pas mal - dés les premières pages. 

Comme si je savais d'insctinc que ça allait être un coup de coeur. Je développe peut être des pouvoirs de médium...

Premièrement, il est bon de noter que la plume de Raibow Rowell dans Fangirl diffère bien de celle d'Eleanor & Park, et personnellement, je trouve que rien que cela prouve une majeure partie de son talent : Non seulement ses techniques de narration sont multiples, mais en plus elle sait s'adapter en fonction de ce qu'elle veut faire passer, du contexte de son histoire, de ses protagonistes. En effet, ce livre est beaucoup moins lyrique que son oeuvre la plus célèbre, plus léger car ne comportant pas d'enjeux aussi grave, et cela donne toute son âme au récit, participe grandement à nous toucher. ll  est pertinent d'admettre qu'un langage soutenu qui ne nous serait pas familier contrasterait énormément avec le réalisme et la modernité de ses intrigues, et diminuerait ainsi l'empathie, créant une barrière entre ces êtres de papier et nous. Qui plus est, ces pages regorgent d'un humour marquant délicieusement innocent, concept qui crée d'ailleurs toute l'ambiance de l'oeuvre : Tout est abordé de façon tendre, innocente, maitrisé de sorte que ça nous émeut, et non que ça nous agace.

Dans une de ses vidéos Caroline Alaska  disait à propos d'Eleanor & Park "J'avais l'impression de m'envelopper dans une couverture toute chaudre", et c'est vraiment ce que j'ai ressenti en lisant ce livre. Je pense que c'est essentiellement dû au personnage de Cath, et aux réfléxion qu'elle doit mener afin de mettre un peu d'ordre dans sa vie et dans sa tête.

Cath est une fille introvertie. Elle n'est pas particulièrement sociable, préfère de loin rester enfermée dans sa chambre à écrire que sortir avec des personnes de son âge et faire des choses propres aux personnes de son âge, et n'a pas envie que quoi que ce soit vienne perturber son train de vie. C'est un personnage au sein duquel on peut parfaitement se retrouver car elle très humaine, autant dans ses défauts, ses faiblesses, que dans ses forces et ses qualités, d'autant plus que son caractère en retrait ne l'empêche pas de s'affirmer et d'oser prendre ses décisions. Cath sait quand elle doit ou aurait dû faire des efforts, quand elle doit s'adapter, et quand elle doit rester elle-même, entre autres quand c'est aux tour des autres de se remettre en question. 

J'ai beaucoup aimé la façon dont ont été traitées ses relations, à commencer celles d'avec sa famille, c'est-à-dire sa soeur, sa mère, et son père. Tout était développé avec beaucoup de justesse, que ce soit la colère, la tristesse, le ressentiment ou l'attachement. Tout est amené de sorte à ce qu'on comprenne Cath, renforçant ainsi la sympathie que l'on développe envers elle sans tomber dans le manichéisme. 

Enfin, je m'étendrai surtout sur le point central de l'intrigue : La fanfiction, évidemment. Il apparaît que beaucoup de lecteurs n'aient pas apprécié les passages des fictions écrites par Cath. Personnellement, je les ai adoré : Non seulement ils nous permettaient de constater le réel enthousiasme de Cath envers  elles, de le partager, mais apportent une vraie dimension structurale à l'oeuvre, en plus d'une réelle profondeur, une vraie réfléxion. On se questionne ainsi sur l'écriture, la passion, les droits de propriétés intellectuelles (qui ont leur importance, oui oui oui) - en effet, comment devons-nous percevoir ces fanfictions ? Comme du plagiat, ou comme une oeuvre à part entière ? C'est un phénomène très actuel, si l'on compte qui plus est toutes celles qui se font publier et vendre à des millions d'exemplaires. Cela permet également à l'auteure d'aborder son propre domaine : l'écriture. Tout comme les dramaturges de l'époque réfléchissait leur domaine à travers la métaphore du théâtre dans le théâtre, ici nous avons une fiction au coeur d'une fiction. Si l'on s'attarde d'ailleurs sur la fiction écrite par Cath, celle-ci est une jolie métaphore explicitée dés le début du roman : Simon Snow se bat contre la Monotonie Rampante, qui souhaite éradiquer toute la magie du monde ; si nous lisons entre les lignes, la magie, c'est l'écriture, et la monotonie la triste réalité de ceux qui ne la considèrent que comme distraction ou pire, qui ne la considèrent pas du tout. Cath se bat elle aussi contre la monotonie que serait sa vie sans ses fanfictions, et nous montre que le seul moyen de la faire perdurer dans le monde, c'est de continuer d'écrire. 

Tout est réuni pour que Fangirl soit un contemporain fonctionnant à la perfection. L'ambiance est légère sans pour autant être vide. Les thèmes sont traitées avec beaucoup de justesse, de tendresse, et de rélfexion. Je considère sincérement Fangirl comme la déclaration d'amour de l'auteure à sa passion de l'écriture, et même comme une thérapie : Ce livre fait du bien. Il met du baume au coeur, et nous fait un effet chamallow, un effet de douceur, de chaleur...

En d'autres termes, réunit tous les facteurs pour que ce livre soit un réel coup de coeur.

Qui plus est, moi qui me suis tout autant attachée à Simon et à Baz qu'à Cath, j'ai été plus que ravie d'apprendre que l'auteure allait publier la fanfiction elle-même de Cath, sous son titre Carry on. Ô comme j'ai hâte !

 

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Parfois, écrire se rapproche de la chute libre : vos doigts s'agitent sur le clavier comme vos jambes dans le vide.

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Chronique littéraire : "Les brumes du Caire", par Rosie Thomas

Publié le par Wendy&Belle

Editions Charleston, parût en 2014.

Résumé : "Trois femmes, trois générations, une histoire d'amour et de perte, tout en nuances.
L'arrivée inattendue de Ruby, une adolescente obstinée, apporte vie et désordre à la vieille maison du Caire d'Iris Black, sa grand-mère de 82 ans. Poussée par la relation tendue qu'elle entretient avec sa mère, Ruby a quitté l'Angleterre et cherche refuge chez cette vieille dame qu'elle n a pas vue depuis des années. Un lien étonnant s établit entre elles tandis que Ruby aide Iris à se remémorer ses souvenirs du Caire scintillant et cosmopolite de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que de son grand amour l'énigmatique Capitaine Xan Molyneux que les ravages du conflit lui ont arraché. Cet ancien amour a déterminé la vie d'Iris, et celle de sa fille et de sa petite-fille. Et il va les affecter à nouveau, toutes les trois, d'une façon qu'elles n'auraient jamais imaginée."

                                                                                                                                                                       

Après une lecture à fin décevante et une énorme déception, j'ai été ravie d'ouvrir ce livre. Les avis, bien que peu nombreux, étaient excellents. Alors, forcément, quand j'ai eu besoin d'une pause, d'une lecture sûre, j'ai foncé. Et j'ai eu raison. 

D'ailleurs, ça, c'était moi au début du roman.

S'il y a une chose que je dois à tout prix relever dans ce roman, c'est bien la plume de l'auteure : Elle est dotée d'un lyrisme à tomber. Les descriptions, même les plus banales, les plus ordinaires, sont sublimées. Vraiment, elle m'a envoûté, et c'est grâce à elle que malgré les quelques petites choses qui m'ont dérangées, je n'ai pas lâché ce livre. 

Donc, entrons directement dans le vif du sujets, les bémols :

  • La longueur. Est-ce que ça peut compter comme un bémol, cependant ? Sans longueurs, bien des oeuvres ne sont pas bonnes. Si cette histoire étaient longue, c'est parce qu'elle avait des choses à raconter : La vie de trois femmes, une époque et un amour de guerre, de vieilles blessures et de nouvelles joies, si nouvelles qu'on a l'impression que c'est la première fois. Attendez, on est toujours dans les bémols, là ? Parce que c'est un énorme point positif, tout ce que ce livre a à nous dire. Mais le soucis, c'est que l'on n'est pas impatients de découvrir la suite de cette histoire - Elle s'étend sur trois générations, et Iris a attendu toute une vie avant de révéler ses secrets à qui que ce soit, elle peut bien attendre encore un peu. - Ce qu'il y a, c'est que j'ai mit plus d'une semaine pour achever ma lecture, et entre temps, j'avais envie de lire autre chose. Et pour moi, même si je ne regrette pas, c'est un souci.
  • J'ai trouvé maladroite la façon dont l'histoire Iris nous a transmis son histoire : Par une narration au passé, comme si on y était. Là où ça cloche, c'est qu'ensuite, quand on retourne au temps présent, on retrouve une Ruby qui ne comprend pas tout, car on nous dit qu'Iris est confuse. Ainsi, on assiste à la vie passée d'Iris, mais pas à comment cette vie passée narrée à sa petite fille permet à cette dernière de la comprendre, les questions qu'elle pouvait bien se poser. 
  • J'avais l'impression de pas mal de répétitions. Cela dit, c'est le récit d'une vie, et force est de reconnaîte que la plupart des choses qui nous arrivent se répètent inlassablement.

Enfin, rassurez vous, je vous l'ai dit, ces choses sont noyées dans beaucoup de points positifs, que je vais me faire un plaisir de citer :

  • Le lyrisme. Un lyrisme envoûtant. Tout simplement magique.
  • L'originalité de la chose : L'histoire se déroule au Caire, en Egypte, et les descriptions sont si parfaites que j'avais l'impression d'y être. C'est un lieu qui nous dépayse, on y apprend de son histoire et de ses coutumes en même temps que Ruby s'acclimate à ce nouveau pays. On finit par comprendre pourquoi Iris se sent chez elle là-bas. 
  • Le parrallèle parfaitement mené entre comment Iris voit sa vie passée et sa vie présente, comment elle voit les choses qui se sont passées, comment elle voit son avenir, comment elle voit les gens. En fait, le personnage d'Iris est génial. C'est une femme qui a fait de lourdes erreurs, une femme qui doit maintenant y faire face, une femme qui apprend à briser l'idéal qu'elle s'est construit dans son passé pour ce qui est en train de lui arriver depuis l'arrivée de Ruby, une petite qui à priori n'a rien à voir avec elle.
  • Ruby, bien que parfois agaçante, est une fille passionnée. Passionée par tout, par des choses insignifiantes, par les gens, par la vie. On sent cette passion dans tout ce qu'elle fait, dans la façon qu'ont sa mère et sa grand-mère de la voir, d'une façon bien différente, mais qui, au final, se rapprochent.
  • Au final, tout se rapproche, tout s'assemble en un tout cohérent. Le passé et le présent retrouvent leurs places. Chacun en ressort touché, chacun a appris, chacun a évolué, a grandi, en particulier Ruby. La famille, la vie en général, est perçue d'une nouvelle façon. Et c'était beau. 

 

En conclusion, c'est bien loin d'être une lecture que je regrette. Je la conseillerais à tous les amateurs de lyrisme, de dépaysement. 

Ou à tous ceux qui, entre deux lectures éprouvantes, laborieuses ou peu importe, souhaitent faire une pause. C'est une histoire que l'on doit savourer. 

Alors savourez la.  Love always. 

 

La mort préserve un idéal. L'amour idéal, l'amant idéal, l'enfant idéal. Tu me suis ? Tu arrives à me suivre ? Pas d'histoire romantique. Pas de bravo, rien. Juste la réalité pure et glaciale.

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