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drame

Chronique littéraire : "Hate List", par Jennifer Brown

Publié le par Wendy&Belle

Editions Albin Michel, parût en 2010.

Résumé"C'est moi qui ai eu l'idée de la liste. Je n'ai jamais voulu que quelqu'un meure. Est-ce qu'un jour on me pardonnera ?" C'est ce que pense Valérie, effondrée après un drame inexplicable survenu au lycée. Son petit ami, Nick, a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste. Cette fameuse liste qu'ils ont écrite pour s'amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants dans l'établissement. Maintenant, ils sont blessés ou morts. Et Nick s'est suicidé, emportant son secret pour toujours. Mais Valérie elle, est toujours là, enfermée dans une bulle de questions sans réponses. Jusqu'au matin où elle se lève et quitte sa chambre pour retourner au lycée..."

                                                                                                                                                                                               

Wow. 

Il y a longtemps que je n'avais pas été happée à ce point par un roman.

J'ai été très étonnée, au début, de lire autant d'avis concernant ce livre. Et puis, à y réfléchir, plus du tout... Il faut dire qu'il traite un sujet tellement délicat que chacun a sa propre façon de l'appréhender; je peux donc ainsi comprendre que l'on puisse ne pas être satisfait par la manière donc ce - ou même n'importe lequel - roman l'aborde. Toutefois, en ce qui me concerne... J'ai été extrêmement touchée.

J'ai trouvé extrêment juste la façon dont l'auteure a traité tous ses thèmes, sous toutes ses dimensions : Que ce soit l'extrême violence du geste de Nick, les incomensurables dégâts qu'il a provoqué, les traumatismes, les séquelles, toutes les conséquences... J'ai trouvé le tout très fort, très puissant, et le plus impressionnant a été de ne pas tomber dans un pur schéma manichéen. Au contraire, l'environnement a beau être marqué par le choc, l'angoisse et l'horreur, j'ai trouvé beaucoup de tact dans l'écriture, qui sait s'adapter à son contexte, c'est-à-dire osciller entre les émotions, parfois contradictoires, entre les différents temps, et surtout les traiter en circonstances : Le temps avant la tuerie, et après la tuerie, qui évidemment, a tout chamboulé. 

Nous tournons principalement autour du personnage de Valérie, avec lequel je n'ai pu que compatir. Celle-ci s'interroge énormément, notamment dans sa part de responsabilité dans l'affaire, par rapport aux signes potentiellement avant coureur du plan de Nick, et dans l'élaboration de sa "liste de la haine", qui, elle ne cesse de le jurer, n'a jamais eu pour vocation de susciter tel drame. Elle est très confuse par rapport à cet événement, ne sait pas comment s'en relever, ne sait pas quoi faire par la suite, ne sait pas comment réagir face aux autres, dont certains la jugent aussi coupable que Nick, d'autres comme l'héroïne qui a mis fin à l'horreur, d'autres encore comme de plus en plus égoïste. Personnellement, je me suis beaucoup attachée à ce personnage, dont les émotions et les réflexions sont, je trouve, très bien amenées, traitées, tout en nuance. C'est ce que j'ai adoré, dans ce livre : Les nuances. C'est ce  recul qui a rendu ce roman très intéressant, plus que prenant, et plus que touchant.

 

Dans ce livre, à aucun moment je ne me suis doutée de ce qui allait se passer au fil des pages, pas plus de la façon dont tout cela allait finir, se conclure. J'ai juste été plus que happée par les chapitres, par les événements, et je n'ai pu que me dire, une fois terminé, que ce roman débordait de justesse, et je trouve extrêmement belle la fin écrite par l'auteure, et le message, si on peut appeler ça comme ça, qui s'en dégage.

Je ne peux que vous recommander ce livre si jamais il vous tente - et j'espère qu'il saura vous toucher comme il a su me toucher. Je pense m'en souvenir très longtemps, et le relire très certainement.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

D'une certaine façon il avait raison : à un moment ou à un autre, chacun était gagnant. Mais ce qu'il n'avait pas compris, c'est que l'inverse était aussi vrai : à un moment ou à un autre, chacun était perdant. L'un et l'autre étaient forcément liés.

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Chronique littéraire : "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", par Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

Publié le par Wendy&Belle

Editions France Loisirs, parût en 2008.

Résumé : "Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant."

                                                                                                                                                                                                                             

Lire ce livre a été un véritable voyage.

Un voyage dans un temps, dans un pays différent. Un voyage épistolaire. Un voyage de personnalités en personnalités. Et j'ai adoré.

Au fil des lettres qui composent ce livre, nous apprenons non seulement à connaître Juliet, le personnage principal, celle qui amène l'histoire, mais aussi tous ceux avec qui elle entrera en contact en apprenant l'existence de ce fameux cercle littéraire - qui se trouve être fascinant ! Et pour compte : Ses membres sont exceptionnels. Tous sont dotés de caractères bien distincts et ô combien différents, mais forment ensemble une si joyeuse petite bande, qui partagent bien plus qu'une passion commune : La lecture.

La lecture est d'ailleurs ici magnifiquement abordée ! Juliet est écrivain, et se lie d'amitiés avec des lecteurs. Mais ces lecteurs ont tous des habitudes différentes : Certains ne se lassent jamais de découvrir des nouveautés, d'autres mettent un point d'honneur à ne lire qu'un seul et même livre indéfiniment. Pour nous, lecteurs assidus que nous sommes, nous ne pouvons que nous reconnaître dans ces écrits. Et quelle joie. 

Nous nous attardons plus particulièrement sur le personnage d'Elizabeth, autour duquel tout tourne un petit peu, finalement, pour nous retrouvés finalement aussi attachés à elle que la plupart des protagonistes, et aussi fascinés que Juliet elle-même. Car... quel personnage ! Et quelle façon de la décrire. Magnifique. Quelle compassion et quel courage habitaient cette femme...

J'ai trouvé la façon de dresser cette fresque histoirique très originale et surtout excellente. Le livre se situant juste après la Seconde Guerre Mondiale, l'Europe essaie tant bien que mal de se reconstruire, tandis que les marques qu'elle a laissé sont encore là, visibles partout, encore fraîches et loin d'être effacées des mémoires des habitants. Nous voyons cette époque du point de vue de témoins d'un tout petit village qui se fera occupé, et ainsi voyons les choses sous un angle précis, sous un schéma loin d'être manichéen.

Je ne saurais vous recommander autre chose que de vous plonger dans cette lecture exceptionnelle ! 

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Lire de bons livres vous empêche d'apprécier les mauvais.

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Chronique littéraire : "Virgin Suicides", par Jeffrey Eugenides

Publié le par Wendy&Belle

Editions Points, parût en 2010, première parution en 1993.

Résumé : "Dans un quartier résidentiel et huppé de Grosse-Pointe (Michigan), cinq soeurs, des adolescentes entre 13 et 17 ans, se suicident en l’espace d’une année. Cécilia, la plus jeune, ouvre le bal. Les autres l’imiteront un an après. Entre-temps, les gamins du voisinage auront vécu et souffert avec elles... à distance. Ce suicide les aura tant marqués qu’une vingtaine d’années plus tard, alors qu’ils frôlent les quarante ans, ceux-ci mèneront une enquête dans l’espoir un peu fou d’éclaircir toute cette affaire. Ce récit en est le résultat, la reconstitution la plus minutieuse et la plus fidèle possible d’une année pour le moins particulière. Tous les témoins, les animés comme les objets les plus dérisoires, sont donc convoqués."

                                                                                                                                                                     

" Le matin où ce fut au tour de la dernière des filles Lisbon de se suicider - c’était Mary cette fois-là, et les somnifères comme Thérèse -, les deux infirmiers arrivèrent à la maison en sachant exactement où étaient le tiroir des couteaux, et le four à gaz, et la poutre dans la cave où on pouvait attacher une corde. Ils sortirent du véhicule du Samu comme d’habitude beaucoup trop lentement, selon nous, et le gros murmura : « On n’est pas à la télé, nous on va pas plus vite que ça. » "

Ceci est le tout premier paragraphe du roman. 

Nous pouvons réellement dire qu'il donne tout le ton de son histoire.

Il est difficile d'aborder un livre tel que Virgin suicides, car il est difficile d'aborder le sujet de Virgin suicides. Le suicide, qui plus est chez de si jeunes personnes, et une chose si délicate à traiter. Pourtant, l'auteur ne prend aucune pincettes pour nous conduire au coeur de la chose, puisqu'il nous annonce dés le départ que les cinq filles Lisbon se seront tuées avant la fin du bouquin. De ce fait, on ne peut décemment pas s'attendre à une lecture légère, au contraire. C'est un livre très dur, évidemment, qui nous trouble, déstabilise, à tel point qu'on ne sait pas très bien quoi en penser une fois terminé. La chose est assez complexe.

 

 

Tout est relaté par un groupe de garçons fascinés par les filles, qui se trouvent être leurs voisines. Ce choix les rend totalement anonymes, on ne sait rien sur eux en tant qu'individus hormis quelques détails de leurs vies après le suicide des filles, afin d'illustrer quel impact celles-ci ont eût sur eux, même après leur décès. La narration se concentre énormément sur des descriptions des filles, de leurs actions, qui sont au final de banals événemments du quotidien la plupart du temps - celles-ci n'ayant aucune libertés - à l'exception de Lux, sur laquelle on s'attarde principalement, car semblant être celle qui tenta de mettre fin à son ennui par des moyens plus extrêmes que les autres, et leurs suicides, évidemment encore. C'est donc une narration relativement passive et contemplative. Toutefois, la fascination qu'ont ces adolescents sur ces adolescents rend toutes ces actions plus fortes, et lourdes de sens. Leur emprisonnement et leur mise à l'écart est décrit à la perfection, tout comme leur dépression, ou du moins l'accentuation de ses signes : En effet, comme le point de vue des filles n'étant jamais explicité, on ne peut essayer de les comprendre et de les cerner qu'à partir des témoignages que les garçons auront collecté au fil du temps. L'inaction est également l'un des thèmes les plus présents dans l'oeuvre. 

" Trip Fontaine ne perçut aucun signe d'anormalité chez les filles, mais plus tard il dit quand même : " Vous vous seriez tués juste pour avoir quelque chose à faire." " 

Ce qui peut poser probème au cours de cette lecture, c'est justement cette fascination qui caractérise le groupe de garçons, cette inclination à sublimer les filles, à sublimer leur dépression, leurs gestes, jusqu'à leur suicides. Ceci mène à un certain lyrisme magnifique, mais qui se retrouve finalement être horrible, jusqu'à pouvoir choquer le lecteur. Cette représentation des filles comme des êtres presque mystiques, quasi surréels, fantomatiques, peut donner l'impression que les garçons leur donne au final raison, d'une certaine façon. Ces remarques peuvent être balayées d'un simple coup d'oeil aux derniers paragraphes du roman, qui paraît être bien l'avis de l'auteur que celui des garçons, car pourrait jurer avec la façon dont ils ne cessent de décrire les filles

Personnellement, je trouve que cet espèce de détâchement par rapport à la gravité de leur acte est dû évidemment à cette fascination qui les anime, mais égalemment au fait que l'intention de l'auteur n'était clairement pas d'écrire un livre de développement personnel par le biais d'une fiction, et ne donne à aucun moment de solutions à la depression, ou à l'ennui, ou à quoi que ce soit. Il est clairement plus tangible que ce que blâme l'auteur est l'innaction des témoins.  Les narrateurs n'en sont pas moins choqués, mais leur choc se manifestera sous une forme plus latente. Ce livre, ce ne sont que des garçons, qui finissent par devenir des hommes, qui tentent de comprendre, pour au final se rendre compte que jamais cela ne sera jamais possible. 

" "Qu'est ce que tu fais là, ma petite ? Tu n'as même pas l'âge de savoir à quel point la vie peut devenir moche." Et c'est alors que Cecilia délivra oralement ce qui devait être la seule forme que prendrait son ultime message, inutile d'ailleurs, puisqu'elle allait vivre : "On voit bien, docteur, dit-elle, que vous n'avez jamais été une fille de treize ans." "

Cela nous ramène énormément à Nietzsche, et à sa philosophie de l'art : Qu'il est le voile que l'on pose sur la vérité afin de rendre celle-ci, qui est par nature horrible, dont même le plus courageux des hommes ne serait assez fort pour la regarder en face, supportable, et belle, même si la beauté est encore un concept à approfondir et sujet à débats. Cela mène au sublime, du genre de celui-ci qui est, je trouve, représenté dans ce livre, qui paraît et nous fait ressentir une gêne, quelque chose proche du malsain et du glauque par moments, mais avec des passages qui restent fondamentalement magnifiques, malgré son horreur. De l'art, quoi. Le style de l'auteur est magnifique, rempli de métaphores, très bien construit - la seule chose que je pourrais lui reprocher serait peut-être l'un des éléments de fin que j'ai trouvé fort peu crédible, mais enfin, passons. Ce roman reste un roman extrêmement bien écrit, même si je ne sais honnêtement toujours pas si cette j'apprécie ou non cette façon de sublimer les filles, que l'on finit par décrire plus mortes que vivants alors même qu'elles respirent encore. Je pense à la fois que oui, et à la fois que non. Il est difficile d'avoir un avis tranché sur la question. 

Nous sommes toutefois happés à notre tour par ces filles, qui finissent par nous fasciner, et que nous tenterons de comprendre - même si le livre transcrit très clairement des raisons pouvant expliquer leur decision, tout cela ne sera au final qu'hypothèses et suppositions. 

"Nous avions affaire à une rêveuse totalement déconnectée de la réalité, en sautant elle a du penser qu’elle allait voler."

Ce livre a eu droit à son adaptation, datant de 1999, réalisé par la génialissime Sofia Coppola, que j'avais visionné bien avant de lire le livre, et que j'aimais déjà beaucoup, et peut maintenant affirmer que celle-ci a parfaitement su retranscrire l'ambiance de ce roman, avec un style qui lui correspond parfaitement.

Je serais ravie de savoir ce que vous avez pensé de ce roman - ou de son adaptation. 

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

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Chronique littéraire : "Oscar et la dame rose", par Eric-Emmanuel Schmitt

Publié le par Wendy&Belle

Editions Albin Michel, parût en 2002.

Résumé : "Oscar a dix ans et il vit à l'hôpital. Même si personne n'ose le lui dire, il sait qu'il va mourir. La dame rose, qui le visite et " qui croit au ciel ", lui propose, pour qu'il se sente moins seul, d'écrire à Dieu."

                                                                                                                                                        

 

A mon sens, je trouve que l'on reconnaît la bonne littérature jeunesse à ce qu'elle n'en est pas. Enfin, pas vraiment. Je ne sais pas où est rangé ce roman en librairie... Mais quelque chose me dit qu'il doit être à portée de mains des plus jeunes mains. C'est bien. On a besoin de livres de cette qualité dans nos jeunes âges. Toutefois, nul besoin d'être jeune pour apprécier ce roman, et ceux de son genre, pour une raison simple : Le protagoniste, Oscar, n'a beau être âgé que d'une dizaine année, et s'exprime donc avec la manière et le vocabulaire, celui-ci va s'interroger sur des questions essentielles, aux enjeux cruciaux, qui toucheront tout, et tout le monde. Il va ainsi chercher à comprendre la vie, la mort, les façons de vivre, et celles de mourir. 

Il découvre ainsi le concept de perception. J'ai ainsi beaucoup aimé les réflexions que lui pose la Dame Rose, et sa façon de voir Oscar avant tout comme un enfant, non pas comme un enfant malade, même si elle est la première à admettre sa condition, et la seule à accepter de lui en parler sans tabou. Oscar trouve ainsi en elle une confidente, une amie avec laquelle il n'a pas à faire semblant. A laquelle il peut poser des questions sans que celle-ci ne cherche à les éviter, contrairement à ses parents ou même à ses médecins.

La Dame Rose simplifie évidemment les choses afin qu'Oscar puisse prendre pleinement conscience de l'importance de ces réflexions, sans pour autant les réduire. C'est d'ailleurs elle qui l'incite à entreprendre ce format épistolaire avec un correspondant qui n'est autre que Dieu lui-même. La question est d'ailleurs abordée avec une très grande subtilité, et les deux dernières lettres du roman m'ont énormément touché. 

Qui plus est, tout ce roman est teintée d'une douceur extrême. Cette tragédie qui est relatée parvient à créer une très grande tendresse en même temps qu'une très grande sagesse. J'admire le talent de l'auteur d'avoir réussi à faire cela. 

Je vous conseille donc ce livre de tout mon coeur.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Si je m'intéresse à ce que pensent les cons, je n'aurai plus de temps pour ce que pensent les gens intelligents.

Regarde chaque jour le monde comme si c'était la première fois.

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Chronique littéraire : "L'instant précis où les destins s'entremêlent", par Angélique Barbérat

Publié le par Wendy&Belle

Editions J'ai lu, parût en 2015, première parution en 2013.

Résumé : "Une tache rouge sombre sur l’oreiller, juste sous les cheveux de sa maman morte sous les coups de son mari, le père de Kyle : voilà ce que le petit garçon a vu, à cinq ans… Comment peut-on vivre après cela ? Kyle se lance à cœur perdu dans la musique, que sa mère aimait tant… Vingt ans après le crime, leader d’un groupe rock à la mode, il est célèbre dans le monde entier. Mais inapte au bonheur. Coryn, seule ?lle d’une fratrie de onze enfants, est tombée dans le piège ourdi par son père pour la sortir de la misère : épouser un homme riche, « fou amoureux » d’elle. Surtout fou. D’une jalousie maladive, d’une violence inouïe, il lui fait trois enfants et la coupe du reste du monde. Tous ses rêves se sont envolés. Comment cette star internationale et cette prisonnière pourraient-elles se rencontrer ? Un accident de voiture va pourtant les réunir un instant, celui où les destins s’entremêlent. C’est suf?sant pour qu’ils se «reconnaissent » sans bien savoir pourquoi et se laissent attirer dans une toile amoureuse tissée au jour le jour, malgré l’éloignement, la peur pour elle et, pour lui, l’emprise d’un métier dévorant. Parviendront-ils à vivre ce que leurs sentiments leur inspirent ?"

                                                                                                                                                        

Je tiens à rendre justice à ce livre, mais je ne sais pas comment c'est possible. Je ne sais pas si je saurai trouver le mots adéquats. Aussi justes que les siens. 

Ce livre m'a fait traversé un véritable arc-en-ciel d'émotions, comme rarement.

C'est parfaitement le genre de titre qui m'interpelle, et pour être franche, son résumé m'a attiré comme il m'a effrayé : J'avais tellement peur de tomber dans une romance de base, du genre comédie romantique sous format téléfilm qui passe sur les chaînes publiques l'après-midi.

Et donc toi, livre qui ne paye pas mine, dont on ne parle quasiment pas, tu n'as pas seulement tenu les promesses que contenaient ton titre et comblé mes attentes, tu m'en as mis plein les yeux. A un point que je ne saurais décrire...

Ceci est un livre sur le Destin et le Hasard. Sur la Vie. Sur les humains. Sur la Vie. Sur les petites choses et sur les grandes. Sur la Vie. Sur le quotidien et la Grande Aventure. Sur la Vie... Il m'a ému aux larmes, et je ne peux d'ailleurs désormais plus compter sur les doigts d'une seule main les livres qui y sont parvenus. Un sujet aussi profond et philosophique se doit d'être traité avec talent et justesse, dans toute sa complexité, et toi, mon si beau livre, tu as plongé au coeur de la chose. 

Par tes mots et ton lyrisme, dans la beauté de ton - ou tes - histoire, tu as fait en sorte que chacun des personnages me touchent, tous autant qu'ils sont. Coryn m'a touché pour son parcours - comment pourrait-il en être autrement ? -, par sa profondeur et son aboutissement, son évolution, toute sa description, sa prise de conscience, de confiance, et de décision. Elle m'a touché par sa faiblesse, et par la force qu'elle réussit à trouver. Kyle m'a touché par tous les côtés de son personnage, exactement comme Coryn, avec plus de tenacité et de détermination qui ont fait que mon coeur ont fondu en lisant ses passages. J'ai haïe Jack à la seconde où il a fait son apparition, grâce à l'ironie dramatique qui est parfaitement mise en place. Et il y en a tant d'autres... Pourtant, tous ont leur importance, même ceux que l'on ne voit passer que quelques pages, quelques lignes, par ci et par là. Tous laissent une trace sur chacun, et contribue à faire évoluer leurs destins, parfois même sans le vouloir, de manière inentionnelle, juste en étant qui ils sont. Ils vont ainsi jouer un rôle, peut être un tout petit, un infime rôle, mais un rôle tout de même, qui fait que sans leur participation, les choses se seraient passées de manière différente, peut être pour le meilleur, peut être pour le pire. Et c'est tellement beau, cette façon de décrire les gens, de décrire la vie, de parler du Hasard et du Destin...

 

Encore une fois, ton écriture a fait que je suis tombée amoureuse de tes lignes. Je suis tombée amoureuse de cette histoire. De ces destins. De la façon dont tous se rejoignent... 

La fin m'a, je dois l'avouer, prise par surprise. Je ne m'attendais pas non plus à cela... Et j'ai fini en larmes au fond de mon lit. Tant c'était à la fois beau, tellement beau, et déchirant, si déchirant. J'ai été à la fois si heureuse et si triste, si en colère en lisant ce livre. Il est si dur, si violent. Pourtant... Il a su m'entraîner dans son monde, qui est un si joli et si juste reflet de notre monde, dans sa tragédie, son horreur, mais aussi dans sa bonté et de sa beauté. N'est-ce pas un gage de sa qualité ? 

Je remercie ainsi tous les éléments de la Vie, du Destin et du Hasard qui ont fait que ce bouquin s'écrive, qui se fasse publier, et qu'il attérisse entre mes mains. Tu as une place toute particulière dans mon parcours de lectrice. Merci, livre.

Grâce à toi, je ne verrai plus jamais les araignées de la même façon...

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Peut-être avons nous tous une instinct de possession si développé qu'il nous pousse à croire que l'endroit-d'une-fois nous appartient à jamais ? Ou bien parce que c'est rassurant... A moins que ce ne soit une vielle habitude du temps où nous étions en classe ? Ou alors, c'est à cause des phéromones...

Elle observa la course de la lune tandis que celle-ci traversait sa fenêtre. Elle était ronde et pleine. Éclatante. Coryn pensa à la face que l'astre ne montrait qu'aux étoiles. Quelle astucieuse audace...

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Chronique littéraire : "Hopeless", par Colleen Hoover

Publié le par Wendy&Belle

Editions Fleuve noir (Territoires), parût en 2014, parution VO en 2012.

Résumé : "Sky, 17 ans, vit avec sa mère adoptive Karen. Après plusieurs années de scolarisation à domicile, elle débute sa dernière année de lycée dans un nouvel établissement où elle ne connaît quasiment personne. Peu importe, de toute façon, Sky ne ressent aucune émotion pour personne depuis son enfance. Alors quand elle croise Holder, le bad boy du lycée, elle est surprise de l'effet qu'il a sur elle. Sky comprend rapidement qu'Holder n'est pas celui que tout le monde croit et leur relation devient passionnée. Peu à peu, elle découvre grâce à lui la vérité sur son passé. Tous deux étaient amis et voisins dans leur enfance. Mais elle ne s'en souvient pas..."

                                                                                                                                                                            

Je dois avouer que ce livre m'a foutu une sacrée claque.

Il m'a berné du début à la fin !

Je n'ai vraiment rien vu venir. Rien du tout. Et j'ai adoré ça ! Cela faisait beaucoup trop longtemps que je n'étais pas tombée sur un tel page-turner. 

L'étrangeté de la chose est que le début ne me paraissait pas si prometteur, pourtant, il y avait déjà cet effet page-turneur, même si je pense sincérement que l'effet "période d'examens" a influé sur le fait que j'avais vraiment besoin de lire au moment où je l'ai commencé. Néanmoins, si j'appréciais énormément le sarcasme de l'héroïne, Sky, j'avais l'énorme impression de me retrouver dans Eternels d'Alyson Noël, qui est plutôt vu et revu. C'est l'un des reproches que j'adresse au roman : Son aspect cliché. Le fait qu'au bout de deux jours Sky soit tombée raide pour Holder, qui est bien sur un genre de brun mystérieux. Le meilleur ami gay surjoué. Le côté "toi et moi c'est pour toujours." Je commençais à me dire que le livre avait tout le côté émo de la couverture, et que ça allait être une énorme déception. 

Très franchement, à ces moments là, moi, c'était ça :

Pourtant, j'ai continué, non seulement parce que je me force toujours à finir mes livres, mais en plus à cause de cet effet page turneur. Encore une fois, le sarcasme de Sky me plaisait énormément, et son ignorance par rapport à tout ce qui est technologique était génial. Le style de l'auteur est plutôt addictif, descriptif sans être lourd et très sarcastique -vous l'aurez compris- quand il le faut, même si j'admets que certaines tournures de phrases du genre me fou grave en rogne me hérissaient quelque peu le poil. De plus, l'auteure trouve des métaphore absolument magnifiques. Je pense notamment à une qui m'a particulièrement marquée...

J'ai donc continué à tourner les pages, jusqu'au moment où : 

Je brûle d'envie de tout vous raconter, mais vu l'effet que m'a fait le passage "révélations", je ne veux pas vous enlever ça. C'est un moment où tout devient beaucoup plus clair, et où tous les reproches adressés au livre prennent un sens, si bien qu'on ne peut plus tellement les reprocher : On a plus qu'une envie, tout relire, en ayant tout compris. Le plus beau dans l'histoire, c'est que ce n'est que le milieu du livre. Ce qui arrive par la suite est juste... Wow.

Je ne m'attendais pas à trouver non seulement des choses aussi taboues, aussi ouvertement discutées ! Ce livre est un énorme risque qu'a pris l'auteure. Aborder de telles choses est loin d'être facile, mais l'aborder avec autant de nuances était brillant. C'est une des choses qui m'ont fait adorer ce roman. Toutes les nuances. Après tout, l'être humain est complexe. Les sentiments le sont aussi. Et c'est quelque chose de très bien construit ici. Qui plus est, l'auteure aborde également comment accepter ses sentiments, les gérer, y mettre un peu d'ordre. 

En fait, le livre démarre comme une banale histoire entre deux adolescents que tout semble opposer jusqu'à la découverte d'une passion, avis ou intérêt commun où il se trouveront par la suite incroyablement attirés l'un par l'autre grâce à la magie des hormones à une quête identitaire, une réflexion sur comment gérer les choses citées plus haut, s'arrêter un moment pour penser, quoi. Pour un roman qui sera essentiellement lu par des adolescents ou des jeunes adultes, c'est vraiment brillant.

En ce qui concerne la dimension sexuelle - parce que ces deux jeunes gens s'aiment plutôt pas mal et veulent exprimer cet amour sous forme physique -, j'ai entendu beaucoup d'avis mettant en garde, du genre "si les scènes érotiques ne sont pas votre dada, ça risque de vous déranger." A cela, je tiens à réagir. Le thème du roman en lui même est dérangeant, car c'est un sujet tabou qui est discuté et nuancé. Ce n'est en aucun cas un livre érotique, néanmoins c'est une dimension extrêmement importante, car elle est la base de l'opposition que veut montrer l'auteure. Je ne tiens d'ailleurs plus, alors je vais faire un passage spoilers qu'il vous faudra surligner pour lire si vous désirez savoir (même si ça va vraiment, vraiment vous spoiler) : 

 Lorsque le père de Sky abusait d'elle, il le faisait par pulsion, ivre, et ne peut en aucun cas être toléré ou passer pour de l'amour. En comparaison, Holder iniste bien sur le fait que quoi qu'il fasse avec elle, ce sera par amour, car il est amoureux d'elle, "si je te fais l'amour, c'est littéralement ce que je fais." C'est une opposition cruciale, les raisons de l'acte sexuel sont bien distinctes, et cela fait une différence de taille pour le personnage de Sky.

Ce livre fait radicalement une différence entre le bien et le mal, surtout en ce qui concerne les règles, ce qui est inscrit dans les textes de loi comme les définissant, et même quand je pensais tout savoir l'auteure a su encore plus nuancer son propos et me faire encore une fois changer d'avis. Je ne peux que chaudement vous le recommander, car malgré certaines facilités scénaristiques, à la vue du travail effectué sur son histoire sur plus de la moitié de son roman, on peut se permettre de lui pardonner. En tout cas, moi je lui pardonne, et après un tel livre, j'ai besoin de me retirer vers mon palais mental. 

Il faut le lire.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always.  

Le mot m'apparaît soudain comme une évidence, comme s'il avait toujours été là en filigrane entre "affection" et "amour" dans les pages du dictionnaire.
- Vivant.
Le désespoir dans ses yeux s'estompe légèrement tandis qu'il laisse échapper un petit rire interloqué.
- Quoi, vivant ? répète-t-il étonné en rentrant le menton.
- Plus qu'attaché mais tout à fait amoureux, tu te sens vivant. Tu peux utiliser le verbe vivre, si tu veux.
Riant encore, cette fois d'un air totalement apaisé, il me prend dans ses bras pour m'embrasser et souffle sur mes lèvres :
- Si tu savais comme je te vis, Sky.

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Chronique littéraire : "La décision", par Isabelle Pandazopoulos

Publié le par Wendy&Belle

Editions France Losirs, parût en 2013.

Résumé : "En plein cours de maths, Louise, jeune fille sans histoires, excellente éléve de Terminale S, a un malaise. Samuel, le délégué, l’accompagne aux toilettes. Du sang s’écoule, Louise ne répond plus. Hémorragie ? Suicide ? En fait, la jeune fille a accouché. Elle ne savait pas qu’elle était enceinte, mais elle a donné naissance à un petit garçon de 3,3 kg. Pourtant, Louise affirme qu’elle n’a jamais couché avec personne… Alors que s’est-il vraiment passé ? En état de choc, la jeune fille ne peut accepter la réalité. Pourtant, il lui faut décider du sort de son enfant : le garder ou le confier pour adoption. Elle n’a que quelques semaines. Et un long chemin à faire…"

                                                                                                                                                                     

Quand je dis qu'il y a des moments où il faut savoir écouter son instinc.

Ce livre en est la preuve. 

Je suis tombée dessus comme ça, bêtement, en flânant dans une librairie. Il était là, noyé dans une masse de bouquins connus de tous, il était seul, et en regardant sa quatrième de couverture, quelque chose m'a appelé. 

Son sujet.

Le déni de grossesse, même si je ne suis pas renseignée à bloc sur le sujet, semble être un thème relativement peu abordé en littérature, qui plus est en littérature jeunesse. Cela est compréhensible : C'est un peu tabou, c'est dérangeant, ça peut faire peur, ça prouve qu'on peut n'avoir aucun contrôle sur certaines choses, et surtout, c'est très délicat. En effet, parler d'une adolescente qui accouche d'un enfant non-désiré porte déjà l'enjeu de la décision finale, c'est-à-dire le garder ou non, mais si en plus la dite adolescente accouche du jour au lendemain sans l'avoir venir de près ou de loin, c'est encore plus délicat, car elle n'a pas eu de temps pour se préparer, pour réfléchir... Et puis il y a le choc, le traumatisme, évidemment. 

Tout cela, le livre le traite très bien.

Nous sommes directement plongé dans le récit, le jour même où Louise accouche, sans n'avoir appris à connaître aucun des personnages. Bien sur, on en apprend au fur et à mesure, mais au fond, cela n'a pas vraiment d'importante : Sur ce quoi porte le livre, c'est comme la princpale intéressée et toutes les personnes qui l'entourent réagissent à cette situation à laquelle rien ne pouvait les préparer. Par certains côtés, cela peut faire penser au livre As I lay dying, de William Faulkner, où un seul événement est relaté quatorze fois, par quatorze narrateurs différents.

En ce qui concerne la décision finale... Wow. Il n'y a bien sur aucune solution dite bonne et une autre dite mauvaise. Ce qui importe dans ce genre d'oeuvre, c'est la façon dont cette décision est prise, pourquoi elle la prend, bref comme tout cela est amené. Ici, l'auteure amène son histoire d'une main de maître. La narration est multiple, mais pas dérangeante, même s'il arrive de tomber sur un narrateur que l'on ne lira qu'une seule fois, car c'est judicieux : Cela permet en premier d'apprendre à connaître Louise avant d'avoir affaire à Louise, et de suivre son parcours à travers les yeux des autres. Qui plus est, cela permet aussi d'avoir la réaction des gens qui se retrouvent face à ce déni de grossesse, qui touche bien plus de monde que simplement l'adolescente. 

Son choc, son désarroi, sa détresse, son déni pur et simple, sont d'ailleurs très bien transmis. Le lien d'empathie que créee l'auteure entre l'auteure et son personnage est impressionnant, d'autant plus que Louise ne reçoit que très peu de soutient, et se retrouve pratiquement livrée à elle-même face à ce qui lui arrive. Le personnage de Samuel est lui aussi exatraordinaire, je l'ai trouvé très noble. Il est en vérité le seul à vouloir faire quelque chose pour réellement aider Lousie.

Toute l'histoire est bien gerée, les scènes, les décisions prises, les réfléxions menées, les métaphores sont magnifiques...  Je n'ai que deux choses à reprocher à ce livre :

  • Dans un livre narré par plusieurs personnes, le style à son importance, car tous ne s'expriment évidemment pas de la même manière. Globalement je n'ai pas grand chose à redire là-dessus, sauf pour Louise. J'ai beaucoup aimé comment l'auteure a écrit ses pensées, mais il y avait des moments où c'était trop, où j'ai dû relire plusieurs fois un même passage pour comprendre où elle voulait en venir. 
  • Si je n'ai rien à dire sur la profondeur et les enjeux du livre, je trouve à redire sur l'aspect fiction. L'histoire que la découvre lorsqu'on se rapproche de la fin en rapport avec les amis de Louise est... Abusée, je trouve. Je ne vois quel autre terme utiliser. Je ne sais pas, cela m'a parût... Un peu extrême. Plausible, bien sur mais... c'est comme si elle tombait de nulle part. C'est étrange. M'enfin. 

Je suis ravie d'avoir donné sa chance à ce livre dont je n'avais lu aucun avis nulle part. Je pense lire d'autres livres de cette auteure, qui a un talent indéniable. Je vous le recommande vivement, d'autant plus qu'il vous trotte un moment dans la tête par la suite. Il vous fait réfléchir à pas mal de choses... Ce qui devrait être exigé d'un roman destiné à la jeunesse. Ce roman le fait à merveille. 

Puissez-vous passer d'agréables lectures, love always.  

Rien ne reste aujourd'hui de l'innocence qu'on arborait ce matin-là. Comme si nous avions brusquement arraché nos masques d'enfants sages, ce n'était plus un jeu, la vie en vrai nous a sauté au visage, on est devenus grands, capables de faire des choix, des bons et des mauvais, d'être courageux, lâches, lucides ou hypocrites, insolents ou soumis, des hommes honnêtes ou des monstres.
Ou tout ça à la fois.

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Chronique littéraire : "A monster calls" by Patrick Ness

Publié le par Wendy&Belle

Editions Walker Books, parût en 2011, lecture VO.

(également parût en France sous le titre Quelques minutes après minuit)

Résumé :The monster showed up after midnight. As they do.
But it isn't the monster Conor's been expecting. He's been expecting the one from his nightmare, the one he's had nearly every night since his mother started her treatments, the one with the darkness and the wind and the screaming... This monster is something different, though. Something ancient, something wild. And it wants the most dangerous thing of all from Conor.
It wants the truth. "

                                                                                                                                                                      

Ceci sera certainement la chronique la plus courte que je ne ferai jamais, car j'ai la sensation de n'avoir rien à dire, le livre à lui seul dit tout. Prenez le dans vos mains, lisez le, et vous comprendrez.

Aussi, je me suis laissée embarquer dans cet ouvrage sans en savoir beaucoup, et je pense que c'est une raison du pourquoi  ça a tant marché avec moi. Je pense que la seule et unique raison pour laquelle ça n'a pas été un coup de coeur, c'est que je n'ai pu le lire que par intermitance à cause d'un trop plein de boulot, jusqu'aux trois quarts du bouquin, où je m'y suis plongée corps et âme.

Il est magique ce livre...

Tout ce qu'il représente, ses enjeux, son message, la dureté et la beauté de son histoire... L'auteur a fait preuve d'une imagination incroyable, qu'il a exploité à l'aide de choix ingénieux. Ce livre étant de base une idée d'une autre auteure reprise par Patrick Ness suite à son décés, je pense qu'il ne pouvait pas lui rendre plus bel hommage.

Ce livre contient sans doute l'une des plus belles métaphores jamais écrite, et j'aimerais qu'on mette ce livre entre les mains de chaque enfant du monde. Il est à mes yeux porteur d'un tel message qu'il pourrait  en aider plus d'un.

Je peux compter sur les doigts d'une main les livres qui m'ont fait pleurer, et celui-ci en fait désormais parti.

C'était beau, c'est dur, c'était fort. 

Je ne peux rien vous dire de plus, vraiment

Lisez-le.

Lisez-le.

Love always 

Who am I? the monster repeated, still roaring. I am the spine that the mountains hang upon! I am the tears that the rivers cry! I am the lungs that breathe the wind! I am the wolf that kills the stag, the hawk that kills the mouse, the spider that kills the fly! I am the stag, the mouse and the fly that are eaten! I am the snake of the world devouring its tail! I am everything untamed and untameable! It brought Conor up close to its eye. I am thils wild earth, come for you, Conor O'Malley.

You were merely wishing for the end of pain, the monster said. Your own pain. An end to how it isolated you. It is the most human wish of all.

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Chronique littéraire : "Love Letters to the Dead", par Ava Dellaira

Publié le par Wendy&Belle

Editions Michel Lafon, parût en 2014

RésuméAu commencement, c'était un simple devoir. Ecrire une lettre à un mort. Laurel a choisi Kurt Cobain, parce que sa grande soeur May l'adorait. Et qu'il est mort jeune, comme May. Très vite, le carnet de Laurel se remplit de lettres où elle dresse son propre portrait de lycéenne, celui de ses nouveaux amis, de son premier amour... Mais pour faire son deuil, Laurel devra se confronter au secret qui la tourmente, et faire face à ce qui s'est réellement passé, la nuit où May est décédée.

                                                                                                                                                                       

Il n'y a pas de mots pour décrire combien lire ce livre a été laborieux.

Non pas que ce livre soit totalement nul, il est loin de l'être. Il y a d'ailleurs bon nombre de choses à saluer dans l'oeuvre. Cependant, c'est justement peut être un peu trop... et pas assez à la fois. Comme ci les bon points et les mauvais points avaient été semé de façon maladroite... Aboutissant à un avis mitigé.

Déjà, je me dois de noter (comme tout le monde) l'originalité de la chose : Un roman épistolaire destiné à des personnalités décédés. Les références étaient bonnes, recherchées... Mais parfois, à trop vouloir justifier le pourquoi Laurel avait choisi d'écrire à un tel ou un tel, j'avais carrément l'impression que l'auteur me faisait un résumé de ce qu'elle avait appris sur Wikipédia, alors que ce n'est pas du tout rédigé comme une biographie de la personne. C'est vraiment une impression étrange, et une impression de longueur, que je pense dû au fait que chaque fait qu'elle raconte se raccroche à une impression vécue par Laurel, ou à ses hyppothéses, et parfois... ça donnait une impression de répétition.

D'ailleurs, les répétitions, j'ai trouvé qu'il y en avait trop. Répétitions des messages transmis par Laurel, et même des réactions qu'elle peut avoir, ou mêmes celles de ses proches, a commencé par le fait de fondre en larmes. Je dois avouer qu'à force de tous les voir pleurer, ça me sortait pas les yeux plus qu'autre chose. J'ai aussi eu un problème avec la narration des scènes vécues avec sa soeur dans plus de la moitié du bouquin. J'avais encore une fois une sensation de déjà vu, de déjà ressenti, de répétition toujours plus... 

Pourtant, je comprends tout à fait ce que l'auteure a voulu faire, et de façon plus générale je comprends totalement là où Laurel veut en venir. C'est une jeune fille qui a du mal à faire le deuil de sa soeur, qui était pratiquement tout ce qu'elle avait, son répère dans la vie, son modèle, son idole. Alors, maintenant qu'elle l'a perdu, elle veut suivre son exemple, et c'est en essayant d'être elle que Laurel se découvre elle-même. Je n'ai eu aucun mal avec l'idée... Jusqu'à ce qu'évidemment, l'idée se noie dans les points agaçant.

En parlant de point agaçant... Sky. Juste... Sky. Dans le genre personnage absolument pas developpé... Pourtant, en parralèlle, on l'auteure nous fait découvrir les nouveaux amis de Laurel, qui sont géniaux, tous les quatre, que ce soit Nathalie, Hannah, Tristan ou Kristen, bien qu'on en sait un peu moins sur cette dernière que sur les trois précédents. Ce sont des personnages que j'ai adoré découvrir, peut être  même plus que Laurel, et certainement plus que l'image qu'elle veut nous donner de May. Si Sky nous permet de dresser un portrait de May moins idéaliste que celui de Laurel, rien ne nous permet de savoir quoi que ce soit qui rende Sky... Intéréssant. Et puis cette histoire là... Je ne saurais dire si elle est bâlcée ou juste... inintéressante, quoi. 

Ce livre suit très clairement le schéma du Monde de Charlie, de Stephen Chbosky, (livre que j'ai aaaaaaaaadoré et qui figure sur mes plus gros coups de coeur de tous les temps) tel point que je suis pratiquement sûre que les éditeurs ont mit la critique de l'auteur sur ce livre pour montrer aux gens qu'il l'a lu, et éviter ainsi qu'on ne vienne hurler au pastiche. Je ne sais pas si vous avez lu ces deux livres, mais plus j'y pense, plus j'y vois des ressemblances... Enormes. (Je ne vais pas vous les citer pour ne pas vous spoiler.) Non, je ne crie évidemment pas au plagiat, parce que ç'a n'en est pas. L'auteur a son propre style, et n'a pas le même message que l'oeuvre de Chbosky. Il y avait des réflexions très intelligentes, et des passages absolument magnifiques (j'ai corné des pages pour en marquer quelques uns, choses que je ne fais pas d'ordinaire.) Mais parfois, c'était trop, et dans le sens de l'excès.

En conclusion, ce livre ne m'a pas emballé, et m'a même donné un mal de tête tel que je suis à peu près sûre que ça signifiait que Voldemort n'était pas loin. Ce n'est pas un livre que je recommanderai absolument... Si vous avez envie de le lire, lisez le. Sinon, passez votre chemin. C'est tout ce que je peux dire, car c'est vraiment une question d'impression. Si on se lance dans se livre à s'attendant à une explosion d'émotions, vous allez être déçue. L'envie doit vraiment être là. 

Je serai ravie de savoir ce que vous avez pensé de ce livre, ou si vous avez de le lire.

Je vous souhaite  de passer de superbes lectures en ce début d'année 2015 

Et comme dans une chanson de Barbara Streisand, puisse tous les mots que vous avez pu lire vous aider à affronter la folie de ces derniers temps.

Je suis Charlie.

Ce que je t'ai dit sur le fait de sauver les gens... Ce n'est pas vrai. Tu penses peut-être le contraire parce que tu as très envie que quelqu'un te sauve ou de sauver quelqu'un. Mais, en fait, personne d'autre que toi ne peut te sauver. Te sauver de toi-même, a-t'il dit. Tu t'endors au pied de la montagne et le loup arrive. Et tu espères que quelqu'un va te surveiller. Ou le chasser. Ou le tuer. Mais quand tu te rends compte que le loup est à l'intérieur de toi, là tu comprends. Que tu ne peux pas lui échapper. Et personne parmi ceux qui t'aiment ne peut tuer le loup, car il fait partie de toi. Quand ils le regardent, ils voient ton visage. Et ils ne tireront pas.

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Review cinéma : If I stay / Si je reste, écrit par Gayle Foreman, réalisé par R.J. Cutler

Publié le par Wendy-Belle

J'ai enfin pu voir sur écran le film If I stay, adapté du roman du même nom écrit par Gayle Forman dont on entend énormément parler sur la toile, avec des avis relativement assez mitigés.

Faisons un peu le point sur le matériel de base, à savoir le roman, que j'ai lu au cours de l'été en l'emprutant à la médiathèque. Je dois avouer que ce livre m'a un peu déçue, je m'attendais vraiment à une explosion artistique. Au final, même si j'ai apprécié la grande place donnée à la musique dans le récit, je l'ai tout de même trouvé relativement simple, pas suffisament développé. Ce fût dommage, car les personnages avaient tous l'air très intéressants, mais l'auteure est selon moins restée à la surface des choses, elle n'est pas entré au coeur même de son histoire et de ses personnages (oui, c'est très bizarre dit comme ça.) 

En revanche le film, le film... woah, il m'a vraiment bleuffé ! Et pourtant j'étais sceptique. L'intrigue de l'histoire  tournant autour de l'accident, dés l'introduction, c'est la scène que l'on redoute le plus. On ne nous met pas face à une scène d'accident froide, avec des tonneaux ou des choses comme ça, sensées nous impressionner comme dans bien des blockbusters. Non, la scène est alternée avec des flashbacks brillamenet menés, avant de nous montrer l'image d'un obstacle en avant, avant que la caméra ne se se relève lentement vers le ciel. Un plan magnifique, rythmé par une ironie dramatique à son comble, car on sait tous que l'accident va venir, contrairement aux personnages, auxquels on se sent déjà attachés, ne serait ce que par la finale banalité de leur quotidien, qui fait écho au notre, au fait que ceci pourrait nous arriver à tous, à n'importe quel moment. 

La voix off, je ne suis générallement pas fan, mais là, elle est très bien utilisée, de façon à bien nous orienter dans le film, nous mener là où le réalisateur veut nous conduire. Mia ne s'épend pas de façon dramatique sur ce qui lui arrive. La voix -off n'est pas destinée à attiser nos larmes, même si je comprends que certains puissent cependant se laisser aller à leurs sanglots. 

La question même de savoir si elle doit vivre ou mourir es tout aussi brillament travaillée, car si au début Mia ne comprend pas que ce choix est posé devant elle, quand elle en prend conscience, son instinc premier et de trouver un moyen pour se réveiller, retrouver son frère, retrouver Adam... Puis, un peu plus tard (par son frère, essentiellement...) elle prend conscience des conséquences et répercutions sur sa vie si elle décide de survivre à cet accident

Les flashbacks ne se concentrent pas sur les moments merveilleux qu'aura vécu Mia, mais sur les moments de difficultés, de confusions, qui auront déboulé sur de bonnes choses, donnant ainsi tout son sens à la phrase que lui dira sa mère 

"La vie est un gigantesque merdier. C'est ce qui en fait aussi la beauté..."

Notons ainsi la récurrence de la question des choix, ("sometimes you make choices in life and sometimes the choices make you...", la question de l'amour...

Et la place de la musique, dans une bande son magnifique, traitée comme un personnage à part entière de l'histoire, chose que l'on notait déjà le bouquin, mais compliqué à rendre à l'écran. La musique est la forme d'art supposée prendre l'horreur de la réalité pour la transformer en beauté, en amour, et c'est finalement sur ça que repose tout l'aspect moral et artistique du film,                                         !  Spoilers, surlignez pour lire.

et c'est finalement ça qui sauve Mia, ou plutôt qui pousse Mia a rouvrir les yeux, nous laissant sur une fin qui pourrait en frustrer plus d'un mais que j'ai trouvé géniale, (même si c'est la fin exacte du

roman.) 

Si je ne recommanderai pas spontannément la lecture du roman, je recommanderai mille fois le film, qui rend hommage aux films dramatiques dans le sens où il est tourné d'une façon qui ne soit pas tournée vers le tire larmes classique (Nos étoiles contraires visé... Ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose.)  Notons l'excellente performance de tous les acteurs dans une justesse incroyable, un coup de coeur cinématographique, (pour une fois que le film est meilleur que le roman!) une réussite à la fois visiuelle que scénaristique, un grand bravo à toute l'équipe de tournage et de montage. 

Si vous ne l'avez toujours pas vu (et voulez la revoir..), voici le lien de la bande annonce.

 

“If you stay, I’ll do whatever you want. I’ll quit the band, go with you to New York. But if you need me to go away, I’ll do that, too. I was talking to Liz and she said maybe coming back to your old life would be too painful, that maybe it’d be easier for you to erase us. And that would suck, but I’d do it. I can lose you like that if I don’t lose you today. I’ll let you go. If you stay.”

Publié dans review cinéma, Romance, drame

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