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Chronique littéraire : "A Court of Mist and Fury" by Sarah J. Maas

Publié le par WendyBelle

Résumé : "Feyre survived Amarantha's clutches to return to the Spring Court--but at a steep cost. Though she now has the powers of the High Fae, her heart remains human, and it can't forget the terrible deeds she performed to save Tamlin's people.

Nor has Feyre forgotten her bargain with Rhysand, High Lord of the feared Night Court. As Feyre navigates its dark web of politics, passion, and dazzling power, a greater evil looms--and she might be key to stopping it. But only if she can harness her harrowing gifts, heal her fractured soul, and decide how she wishes to shape her future--and the future of a world cleaved in two.

With more than a million copies sold of her beloved Throne of Glass series, Sarah J. Maas's masterful storytelling brings this second book in her seductive and action-packed series to new heights."

Editions Bloomsbury, 2016. Lecture VO. 

                                                                                                                                                                                                                                                                                     Mais wow, quelle claque

  Quelle claque, quelle claque, quelle claque... 

“To the stars who listen— and the dreams that are answered.” 

  J'avais dévoré, la semaine dernière, le premier tome  de cette saga, A Court of Thorns and Roses. Pourtant, j'avais pinaillé sur certains points. Là, c'est comme si l'auteure avait pris chacun de ces points, et en avait fait quelque chose de génial. Cette chronique va sévèrement spoiler le premier tome. Et celui-ci, un peu plus bas (j'aurais la courtoisie de prévenir quand, pas de panique.) J'ai besoin de parler de ces deux bouquins. Il y a trop de choses à en dire pour juste s'étaler sur toutes ses qualités. J'ai un besoin insatiable d'en discuter. Donc, si vous l'avez lu, je vous en supplie. Discutons-en. 

  Sans spoilers,

  Je dirais juste qu'il est IMPOSSIBLE de ne pas lire le second tome de cette série, si on a déjà lu le premier. On ne peut pas se contenter du premier. Ce serait juste intolérable, interdit, illégal. Ce bouquin remet tout en question, bouscule tout, chamboule tout. A commencer par le lecter. On ne peut tout simplement pas comprendre ni apprécier l'oeuvre de l'auteur sans ce tome. Ce tome est une juste une bombe. Il explose de partout. 

Pour où commencer ? Feyre. Feyre. Feyre explose, Feyre éclate. Dans le premier tome, je lui reprochais de perdre au fur et à mesure cette force de survivante que j'adorais au début. Et là, dans ce bouquin, elle se révèle. Feyre est forte. Feyre est puissante. Feyre, elle a à l'intérieur d'elle un feu qui la consumme, une envie de bouger, une envie de participer, un désir de liberté immense, et se rend peu à peu compte d'à quel point elle a laissé ce feu s'éteindre. Elle décide de le raviver. Dans ce monde qui reste par certains aspects très sexiste et patriharcal, Feyre se révolte. Loin de changer, dans ce tome, elle se découvre. Elle devient elle-même. Elle ne se laissera pas dicter sa conduite, plus jamais. Elle se fait maître de son destin. Et, avec la plume sublime de l'auteure, c'est juste ultra puissant. Et magique. [Feyre me fait énormément penser à Sansa. Je n'ai pas pu l'imaginer en quelqu'un d'autre qu'en Sansa. Et j'adore Sansa.]

  Dans le premier tome, le personnage de Rhysand est un personnage énigmatique. Mystérieux. Bien que secondaire, il était, à mes yeux, bien plus complexe et, avouons le, bien plus intéressant que Tamlin. Ici, le voile se lève sur Rhys. Rhys lève le voile sur lui-même. Et quel voile ! Wow. Juste, wow. Rhys, c'est juste wow. Rhys, vous voulez le prendre par la main et l'épouser. Rhys, [que je n'ai pu imaginer qu'en Dean, parce que personne n'est aussi parfait que Dean] est un personnage qui a un lourd passé, et qui a dû faire des choix tragiques, affronter et subir des situations atroces. Apprendre à connaître Rhys, c'est apprendre à l'aimer. C'est un personnage qu'on découvre profond, à l'exact opposé de ce qu'il laisse paraître - et de ce paraître, on apprend à se méfier. On se demande pourquoi, comment, il nous ait apparût comme ça. Et c'est juste génial. Rhys est juste génial. coeur sur lui. 

  J'admire ce livre. J'admire ce que l'auteur a eu le cran de faire. Elle a pris le risque de renverser tout ce qu'elle avait établie dans son tome précédent, et se faisant, elle donne une dimension très profonde à son récit, à son histoire, à ses personnages, et convoit un message très fort, un message vital, même. J'ai hésité à oser qualifier ce livre de féministe - mais par bien des aspects, il l'est. Feyre en est le meilleur exemple, mais les idées de Rhys, également. Sans compter les personnages que nous rencontrons ici, Mor et Armen, qui sont toutes les deux des femmes très fortes, chacune à leur façon, ou encore Nesta, qui a la fureur d'une tigre et est prête à tout pour protéger sa soeur. Honnêtement, les seuls défauts que je trouve à ce livre, c'est quelques longueurs vers le milieu, là où tout le monde raconte un peu son histoire, sa vie. Ce genre de passage m'ennuie toujours. Un personnage se dévoile, ok. S'ils s'y mettent tous pendant trois pages chacun, là ça me chagrine.Il est vrai que se livre se concentre beaucoup sur des récits racontés. Mais le reste, le reste vaut, j'ai trouvé, tellement la peine. Tellement, tellement la peine. 

Ce bouquin m'a fait explosé le coeur. Je ne sais même pas comment je suis sensée survivre à l'attente du tome trois qui ne sortira qu'en mai. Mai! 

C'est ici, chers amis, que je vais commencer à spoiler sévère. Ici, j'aimerais qu'on discute.

 

 

Pour commencer, Tamlin. Juste, Tamlin. Dans le tome un, je lui préférais Lucien, dans ce tome je préfère Rhys - parce que Rhys, c'est Rhys - et juste mais à quel point j'avais raison ! A quel point je l'ai détesté dans ce livre. Son machisme, son égoïsme, son déni - et la fin m'a juste retourné l'estomac. 

  J'avais une colère et une rage si forte quand il excluait Feyre. Quand il décide de la retenir prisonnière, de l'enfermer; j'étais aussi malade qu'elle. Dans ce tome, Feyre était sa possession. Pour lui, sa voix n'avait aucune valeur, - il ne l'estimait même pas assez pour la croire capable de consentir ou de ne pas consentir à son sort sans avoir été manipulée. Tamlin, dans ce tome, c'est un être à vomir. Alors, qu'à côté, on voit se dévoiler Rhys. Rhys respecte Feyre. Il la considère comme la personne qu'elle est, capable de prendre ses propres décisions, et plus que tout respecte ses décisions, toujours. Jamais il ne la forcera. Il se battra pour Feyre s'il le doit, mais il sait que Feyre saura se battre pour elle-même. Il est prêt à tout parier sur sa force. Rhys aime Feyre - la personne qu'elle est, dans toutes ses dimensions. Pas l'image qu'il en a, pas par envie de la posséder. Il n'a aucun à prioris machistes, au contraire. Il considère les femmes l'égal des hommes - et c'est en ça qu'il est un personnage féministe. 

Feyre se révolte contre l'emprise que Tamlin a sur elle-même. Elle refuse d'être traité comme un objet, de rester prisonnière physiquement de sa demeure mais aussi de ce que ce monde voudrait imposer aux femmes. Elle est, bien sûr aussi, un personnage féministe. A travers Feyre, l'auteure a totalement renversé son premier tome - elle en a anéanti la romance, lui a donné une tout autre dimension, et c'est sur ça que Feyre avance. Feyre prend du recul sur sa relation avec Tamlin, pour qui elle avait tout sacrifié. Elle se rend compte de beaucoup de choses, auxquelles elle réagit, elle décide de changer. Feyre, que Tamlin voulait passive, ne se complaît jamais dans l'innaction. J'ai trouvé admirable le point que fait ici l'auteur : Une relation qui vous a convenu ne vous conviendra peut-être pas toujours en fonction de la personne que vous deviendrez. Se battre pour Tamlin a poussé Feyre à être plus qu'une survivante, ça l'a transformé en guerrière. Et c'est un feu qu'elle ne peut plus réfreiner. La relation qu'elle entretient avec Rhys est  en soit parfaite, car ils sont égaux, car ils se considèrent comme des égaux. Leur lien, leurs échanges... Sur ces bases-là, c'était magnifique à lire. Le changement de perception sur le personnage de Rhys était magnifique à lire.

Parce que l'auteur a une plume sublime pour des messages et des scènes très fortes.

C'est pour ça qu'il faut se ruer sur ces livres. Malgré leurs quelques défauts, ce sont juste des pépites. Si n'avez lu que le premier tome, je vous en supplie, jetez vous sur celui-ci. Pour ma part, je ne peux juste pas contenir mon impatience de lire le troisième tome, et en attendant, je ne peux que foncer sans hésitations sur son autre série, Throne of Glass.

  J'ai juste adoré ces livres. Et j'espère sincérement que vous en ferez autant. Il me tarde déjà de retrouver Feyre, qui s'est, en deux tomes, transformée en une héroïne digne d'un personnage de Game of Thrones. C'est le plus beau compliment que je puisse faire.

"Shall we go ?"

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. ♡

And I realized—I realized how badly I'd been treated before, if my standards had become so low. If the freedom I'd been granted felt like a privilege and not an inherent right.

The question isn't whether he loved you, it's how much. Too much. Love can be a poison,

He thinks he'll be remembered as the villain in the story. But I forgot to tell him that the villain is usually the person who locks up the maiden and throws away the key. He was the one who let me out.

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Chronique littéraire : "After", saison 2, par Anna Todd

Publié le par Wendy&Belle

Editions Hugo Roman, parût en 2015.

Résumé : Hardin n'a rien à perdre... sauf elle. Après leur rencontre la vie ne sera plus jamais la même. Après un début tumultueux, la relation de Tessa et Hardin semblait bien partie. Tessa sait qu'Hardin peut être cruel, mais quand les origines de leur relation et son mystérieux passé lui sont révélés, cela lui fait l'effet d'une bombe. Tessa est hors d'elle. Hardin sera toujours... Hardin. Mais est-il vraiment le mec dont Tessa est tombé éperdument amoureuse, en dépit de son caractère colérique, ou est-il un étranger, un menteur depuis le début ? Doit-elle s'en séparer ? Ce n'est pas si facile. Le souvenir de ses bras autour d'elle... de sa peau qui l'électrise... de leurs nuits passionnées, trouble son jugement. Pourtant, Tessa n'est pas sûr qu'elle pourra supporter une autre promesse non tenue. Elle a mis toute sa vie entre parenthèses pour Hardin – l'université, ses amis, sa relation avec sa mère, son petit ami, même son début de carrière. Mais elle a besoin de lui pour avancer. Hardin sait qu'il a fait une erreur, peut-être la plus grande de sa vie, mais il veut se battre pour elle ! Mais peut-il changer ? Va-t-il changer... par amour ?

                                                                                                                                                                          

Oui, c'est un gif étrange. Mais il qualifie bien mon impression après la lecture de ce roman.

Tout à fait entre nous, après le calvaire qu'a été la lecture du premier tome - ou de la première saison, selon comment on l'appelle... -, je n'arrive même pas à m'expliquer ni pourquoi ni comment j'en suis arrivée à lire cette suite. Le livre était là, juste devant moi, et je ne sais pas. C'est arrivé, j'imagine.

J'imagine qu'avoir visionné l'interview de l'auteure réalisé par Nine & Justine m'a un petit peu intrigué. 

Et, je dois avouer que je n'ai pas détesté... Autant que le premier tome.

Dirais-je que c'est meilleur, ou juste moins pire ... ?

Telle est la question.

Certes, ma lecture n'a pas été une torture comme elle le fût pour le premier volume - Je déplore tout de même beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de longueurs, principalement dûes au fait qu'il y a beaucoup trop de passages inutiles, sur des détails insignifiants, des dialogues et des pensées intérieures qui, en plus de se répéter, sont très clichés. Les scènes de sexe se ressemblent également toutes et n'ont guère autre intérêt que de faire taire les deux concernés, et de participer ainsi à les faire se réconcilier plus vite. Je ne dirai donc certainement pas que ce livre est une merveille, un bijoux du genre - j'ai déjà du mal à penser qu'on puisse en trouver dans cette catégorie de livres. Sincérement, les événements se ressemblent tous et n'ont pas grand intérêt ; les sept cent pages du roman auraient largement pu être condensées en la moitié de ce nombre.

L'élément que je ne peux m'empêcher de trouver comique dans ce livre reste toutes les comparaisons, les parrallèles que tisse l'auteure entre l'histoire de Tessa et de Hardin, et celles de grands classiques de la littérature anglophones. Ainsi, nous retrouvons une fois de plus les oeuvres de Jane Austen, mais avons également droit aux Hauts de Hurlevent et à Gatsby le Magnifique. Souhaitons leur la bienvenue ! En effet, ces comparaisons n'ont pas lieu d'être, et la passion entre Tessa et Hardin - si elle a lieu d'être, ce qui reste encore à être déterminé - n'a stricement rien à voir avec celles de ces grands romans. Il faut pas déconner non plus, on parle juste de jeunes adultes avec des hormones en folie... Toutefois, les retrouver m'a quelques fois... Apaisé. Au moins, il y a eu un effort de recherche et de comparaisons.

L'alternance des points de vue entre Tessa et Hardin est définitivement un bon point. Cependant, même s'il est évident que la façon dont s'expriment les personnages en dit long sur eux, il vient un moment où la vulgarité de Hardin devient juste insupportable. 

Alors, je ne saurais dire pourquoi ce deuxième tome se révèle légerement moins décevant que la première saison. Peut être que Tessa s'affirme un petit plus, devenant ainsi plus tolérable. Peut être est-ce le fait que Hardin se révèle être plus présent - malgré son caractère plus qu'irritant. Peut être que tout bêtement j'avais envie de me vider la tête. Le tout reste assez creux, il faut l'admettre -  mais laisse une impression particulière : L'étrange plaisir de lire quelque chose qu'on sait très simplet voire mauvais, mais que l'on lit quand même. Est-ce que ce n'est pas ce qu'on nomme perversité ?

Et là, je sais que certaines personnages réagiront comme ça...

Mais je ne vais pas mentir, tout de même. N'est-ce pas ? Pas à vous.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always. 

Ce n'est pas la douleur que j' ai pu lire dans les bouquins. Cette douleur n'est pas seulement dans mon esprit, cette douleur n'est pas que physique. Cette douleur me touche à l'âme, c'est quelque chose qui me déchire de l'intérieur et je ne pense pas pouvoir y survivre, personne ne le pourrait.

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Chronique littéraire : "Hopeless", par Colleen Hoover

Publié le par Wendy&Belle

Editions Fleuve noir (Territoires), parût en 2014, parution VO en 2012.

Résumé : "Sky, 17 ans, vit avec sa mère adoptive Karen. Après plusieurs années de scolarisation à domicile, elle débute sa dernière année de lycée dans un nouvel établissement où elle ne connaît quasiment personne. Peu importe, de toute façon, Sky ne ressent aucune émotion pour personne depuis son enfance. Alors quand elle croise Holder, le bad boy du lycée, elle est surprise de l'effet qu'il a sur elle. Sky comprend rapidement qu'Holder n'est pas celui que tout le monde croit et leur relation devient passionnée. Peu à peu, elle découvre grâce à lui la vérité sur son passé. Tous deux étaient amis et voisins dans leur enfance. Mais elle ne s'en souvient pas..."

                                                                                                                                                                            

Je dois avouer que ce livre m'a foutu une sacrée claque.

Il m'a berné du début à la fin !

Je n'ai vraiment rien vu venir. Rien du tout. Et j'ai adoré ça ! Cela faisait beaucoup trop longtemps que je n'étais pas tombée sur un tel page-turner. 

L'étrangeté de la chose est que le début ne me paraissait pas si prometteur, pourtant, il y avait déjà cet effet page-turneur, même si je pense sincérement que l'effet "période d'examens" a influé sur le fait que j'avais vraiment besoin de lire au moment où je l'ai commencé. Néanmoins, si j'appréciais énormément le sarcasme de l'héroïne, Sky, j'avais l'énorme impression de me retrouver dans Eternels d'Alyson Noël, qui est plutôt vu et revu. C'est l'un des reproches que j'adresse au roman : Son aspect cliché. Le fait qu'au bout de deux jours Sky soit tombée raide pour Holder, qui est bien sur un genre de brun mystérieux. Le meilleur ami gay surjoué. Le côté "toi et moi c'est pour toujours." Je commençais à me dire que le livre avait tout le côté émo de la couverture, et que ça allait être une énorme déception. 

Très franchement, à ces moments là, moi, c'était ça :

Pourtant, j'ai continué, non seulement parce que je me force toujours à finir mes livres, mais en plus à cause de cet effet page turneur. Encore une fois, le sarcasme de Sky me plaisait énormément, et son ignorance par rapport à tout ce qui est technologique était génial. Le style de l'auteur est plutôt addictif, descriptif sans être lourd et très sarcastique -vous l'aurez compris- quand il le faut, même si j'admets que certaines tournures de phrases du genre me fou grave en rogne me hérissaient quelque peu le poil. De plus, l'auteure trouve des métaphore absolument magnifiques. Je pense notamment à une qui m'a particulièrement marquée...

J'ai donc continué à tourner les pages, jusqu'au moment où : 

Je brûle d'envie de tout vous raconter, mais vu l'effet que m'a fait le passage "révélations", je ne veux pas vous enlever ça. C'est un moment où tout devient beaucoup plus clair, et où tous les reproches adressés au livre prennent un sens, si bien qu'on ne peut plus tellement les reprocher : On a plus qu'une envie, tout relire, en ayant tout compris. Le plus beau dans l'histoire, c'est que ce n'est que le milieu du livre. Ce qui arrive par la suite est juste... Wow.

Je ne m'attendais pas à trouver non seulement des choses aussi taboues, aussi ouvertement discutées ! Ce livre est un énorme risque qu'a pris l'auteure. Aborder de telles choses est loin d'être facile, mais l'aborder avec autant de nuances était brillant. C'est une des choses qui m'ont fait adorer ce roman. Toutes les nuances. Après tout, l'être humain est complexe. Les sentiments le sont aussi. Et c'est quelque chose de très bien construit ici. Qui plus est, l'auteure aborde également comment accepter ses sentiments, les gérer, y mettre un peu d'ordre. 

En fait, le livre démarre comme une banale histoire entre deux adolescents que tout semble opposer jusqu'à la découverte d'une passion, avis ou intérêt commun où il se trouveront par la suite incroyablement attirés l'un par l'autre grâce à la magie des hormones à une quête identitaire, une réflexion sur comment gérer les choses citées plus haut, s'arrêter un moment pour penser, quoi. Pour un roman qui sera essentiellement lu par des adolescents ou des jeunes adultes, c'est vraiment brillant.

En ce qui concerne la dimension sexuelle - parce que ces deux jeunes gens s'aiment plutôt pas mal et veulent exprimer cet amour sous forme physique -, j'ai entendu beaucoup d'avis mettant en garde, du genre "si les scènes érotiques ne sont pas votre dada, ça risque de vous déranger." A cela, je tiens à réagir. Le thème du roman en lui même est dérangeant, car c'est un sujet tabou qui est discuté et nuancé. Ce n'est en aucun cas un livre érotique, néanmoins c'est une dimension extrêmement importante, car elle est la base de l'opposition que veut montrer l'auteure. Je ne tiens d'ailleurs plus, alors je vais faire un passage spoilers qu'il vous faudra surligner pour lire si vous désirez savoir (même si ça va vraiment, vraiment vous spoiler) : 

 Lorsque le père de Sky abusait d'elle, il le faisait par pulsion, ivre, et ne peut en aucun cas être toléré ou passer pour de l'amour. En comparaison, Holder iniste bien sur le fait que quoi qu'il fasse avec elle, ce sera par amour, car il est amoureux d'elle, "si je te fais l'amour, c'est littéralement ce que je fais." C'est une opposition cruciale, les raisons de l'acte sexuel sont bien distinctes, et cela fait une différence de taille pour le personnage de Sky.

Ce livre fait radicalement une différence entre le bien et le mal, surtout en ce qui concerne les règles, ce qui est inscrit dans les textes de loi comme les définissant, et même quand je pensais tout savoir l'auteure a su encore plus nuancer son propos et me faire encore une fois changer d'avis. Je ne peux que chaudement vous le recommander, car malgré certaines facilités scénaristiques, à la vue du travail effectué sur son histoire sur plus de la moitié de son roman, on peut se permettre de lui pardonner. En tout cas, moi je lui pardonne, et après un tel livre, j'ai besoin de me retirer vers mon palais mental. 

Il faut le lire.

Puissiez-vous passer de belles lectures, love always.  

Le mot m'apparaît soudain comme une évidence, comme s'il avait toujours été là en filigrane entre "affection" et "amour" dans les pages du dictionnaire.
- Vivant.
Le désespoir dans ses yeux s'estompe légèrement tandis qu'il laisse échapper un petit rire interloqué.
- Quoi, vivant ? répète-t-il étonné en rentrant le menton.
- Plus qu'attaché mais tout à fait amoureux, tu te sens vivant. Tu peux utiliser le verbe vivre, si tu veux.
Riant encore, cette fois d'un air totalement apaisé, il me prend dans ses bras pour m'embrasser et souffle sur mes lèvres :
- Si tu savais comme je te vis, Sky.

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Chronique littéraire :"Fifty shades of Grey", by E.L James

Publié le par Wendy&Belle

Editions Arrow Books, parût en 2011, lecture VO.

Résumé : Lorsqu’Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime jeune chef d’entreprise Christian Grey, elle le trouve très séduisant mais profondément intimidant. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier – jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille et l’invite à un rendez-vous en tête-à-tête. Naïve et innocente, Ana ne se reconnait pas dans son désir pour cet homme. Quand il la prévient de garder ses distances, cela ne fait que raviver son trouble. Mais Grey est tourmenté par des démons intérieurs, et consumé par le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre ses propres désirs, ainsi que les secrets obscurs que Grey tient à dissimuler aux regards indiscrets…

                                                                                                                                                                        

Il existe une étrange théorie, selon laquelle, pour pouvoir se permettre de juger quelque chose, il faut connaître. 

Hmm, d'accord.

Cependant, concernant Fifty Shades, après tout ce que j'avais pu entendre à son propos, et à partir de ce que j'avais eu la force de lire, je m'estimais franchement capable de pouvoir le juger justement sans m'y être plongée réellement. Je sais, je sais : Faire d'une opinion une vérité acertorique, c'est mal.

Alors, mesdames et messieurs, après des mois, voire des années, passées à répéter que je ne lirai pas ce livre, pour répondre à cette étrange théorie, je l'ai lu. Je me suis attaquée à ce monstre de médiatisation, qui attise autant d'adoration que de haine. Et...

A force de m'attaquer aux romans populaires, je vais vraiment me retrouver dans cette situation :

"Un ami ? - Un ennemi. -Oh. Lequel ?"

Mais tant pis ! Autant vous prévenir que ma chronique est loin d'être positive, et pour que vous ne puissiez vous méprendre sur sa nature, je vais clairement résumer la situation :  Comment est-ce que ce roman a pu devenir le roman le plus lu au monde ? Ce livre, en plus d'être mauvais, a un énorme souci de profondeur. De profondeur, est-ce vraiment le mot à emloyer ? Car l'auteure - je me disais qu'on ne pouvait même pas se permettre de l'appeler de cette façon, mais on dit bien "l'auteur d'un crime", alors pourquoi pas - n'a clairement pas conscience de ce qu'elle a écrit. Volontairement, il n'y a aucune profondeur, pas même chez Christian. Ce qu'il y a, en revanche, c'est un fond, ce que l'histoire nous montre sans le vouloir : une image de l'amour absolument immonde. 

Oui, c'est involontaire. Il suffit de faire une simple recherche pour tomber sur l'auteure vendre son livre comme une romance à l'eau de rose.                                                                                 ça fait peur. 

Attention, je ne parle pas ici de la moralité du BDSM, chose soit disant exploité dans ce roman. à cela, je ne vois aucun mal; après tout, chacun peut bien s'éclater comme il veut. Tant que tout le monde est consentant, où est le problème ? Mais ici, si on jette un oeil dans ce qu'il se passe entre nos deux tourteuraux quand ils sont en privé, qu'y trouvons nous ? Une relation consentante entre deux personnes voulant pimenter un peu leur vie de couple ? Une romance tragique ? Deux personnes qui veulent s'aimer mais qui ne savent pas comment ?

Un amour plus fort que tout, se battant contre vents et marrées ? 

WHATS IS IT LIKE  IN YOUR PRETTY LITTLE BRAINS ?!

Avant toute chose, je tiens à vous prévenir que je vais salement spoiler ce livre. Vous êtes toujours là ? Super. Asseyons-nous donc quelques minutes, et parlons d'amour. L'amour avec un grand A, l'amour du Banquet de Platon, l'amour sous toutes ses définitions. L'amour peut prendre plusieurs formes, se cacher là on n'irait pas le chercher, et avoir autant de défintions qu'il y a d'individus sur Terre. L'amour c'est se dépasser, se surpasser, vous diront certains; c'est le sacrifice, c'est laisser partir, vous diront d'autres. C'est quelqu'un avec qui partager le dernier cookie, c'est le partage, c'est la confiance pour d'autres encore.

Mais est-ce que pour qui que ce soit c'est frapper votre femme quand elle vous implore de ne pas le faire, en lui répondant que c'est "pour votre plaisir, pas le sien" ? Est-ce que c'est se moquer du consentement d'autrui, comme si nous étions retournés au coeur d'une époque moyen-âgeuse, où le conjoint avait droit sur le corps de l'autre ? C'est rendre cette personne si mal qu'elle en pleurera chaque soir, qu'elle en oubliera même comment rir, et sera morte de trouille à chaque fois que vous viendrez à sa rencontre ? C'est lui dire que vous aimez qui elle est tout en exigeant d'elle qu'elle change ? C'est blesser et y prendre plaisir ? ça, c'est de la violence conjuguale, pas de l'amour, et même pire :

C'est de la folie qui vire au viol.

Je pèse mes mots. Il y a tout de même un passage où Christian rejoint Ana sans la prévenir, et sans même se poser de question, commence à la toucher, et quand les choses deviennent un peu plus sérieuse, avant même qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, lui intime de se taire, de ne faire aucun bruit, parce que si elle émet un son, il la baîllonnera. "Tout acte sexuel sous contrainte, menace ou surprise, est un viol." C'est dans le code pénal, mon grand.

C'est là que ce livre est vicieux, car la sournoiserie est très subtile. Anastasia peut bien vous répéter mille fois qu'elle est consentante, de toute façon, Christian, même s'il lui répète qu'elle a le choix, ne lui en laisse aucun. De base, avant même que la demoiselle n'ait pu se plonger deux minutes dans son stupide contrat, passe son temps à lui mettre la pression, en lui répétant qu'elle a le choix hein, mais que ce serait cool, vraiment cool si elle disait oui, pour lui, mais pour elle surtout. Elle ne sait pas à côté de quoi elle passe, n'est-ce pas. Qui plus est, il ne lui laisse pas même deux jours de tranquilité pour réfléchir ou non à ce que ça implique : Tu ne veux pas signer son contrat, Ana ? Que diable, il va te donner un échantillon de ce que tu rates. Tu n'aimes pas tellement ça ? Signe le quand même. Tu veras, avec une petite signature, tout ira bien mieux. Est-il utile de préciser qu'elle ne le signe à aucun moment, car elle ne le veut pas ? 

Ce que veut Ana, c'est une relation dans laquelle elle ne serait pas obligée de se sentir mal, de se soumettre à tous ses désirs plus impétueux les uns que les autres, où elle ne serait pas obligée d'avoir peur. Ce que Christian lui promet de faire, si en retour elle essaie son monde à lui. Sauf que ça ne marche que dans un sens : Ce que veut Christian, c'est baiser - ce sont ses propres termes. Ana s'y soumet. Ce que veut Ana, c'est parler : Il lui répète que c'est inutile, et qu'il préfère mille fois la baiser - mais attention, il lui répète qu'il aime ce qui sort de sa bouche. Après tout, c'est beaucoup plus drôle de faire mal à quelqu'un qui nous met hors de nous qu'à quelqu'un qui ne nous a rien fait, non ?

Il peut vous avoir avec ses "safewords", soit ses mots d'alertes qu'elle est sensée dire si les choses dérapent... Sauf qu'il lui dit très clairement qu'il vaudrait mieux qu'elle ne les utilise pas. De toute façon, elle n'a pas signer son contrat, et elle peut bien lui dire qu'elle n'a pas tellement envie de se lancer dans certaines activités, s'il accepte quelques concessions, quand il lui répond qu'ils vont "en parler", ce qu'il veut en fait dire, c'est qu'il va la persuader de le faire. Il n'y a pas un seul passage où Ana ne se soumet pas à ses désirs alors qu'elle déteste ce qu'il lui fait, et ce n'est pas le pire.

Le pire, c'est qu'il joue tellement d'elle qu'elle est aliénée à aimer ça.

Elle le dit elle-même, il est le tireur de ficelles, the "puppet master", celui qui manipule, et ici, il la manipule jusqu'à altérer sa vision du plaisir, jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'allié à celle de la douleur, à lui. Parce que c'est ce qu'il veut, voyez vous, qu'elle aime ça, comme ça, il n'y a aucun problème. Il va même jusqu'à lui interdire d'éprouver du plaisir ailleurs qu'avec lui, car c'est une chose qui doit lui revenir de droit. Et elle, ce qu'elle veut, c'est lui, sous une forme moins extrême, mais pour ça, il faut parler, mais pour parler, il faut baiser, et pour baiser, il faut se soumettre, et si elle n'aime pas ça, il ne fera rien, et s'il ne fait rien, alors elle n'aura rien. Qui plus est, comme en plus d'être un dictateur du sexe, c'est un maniaque et un harceleur, qui va la rejoindre quand elle n'en a pas envie, qui va la chercher, qui la surveille sans relâche. Comment voulez-vous qu'elle ne puisse émettre que l'ombre d'une opposition ? Ana n'est pas seulement sa "soumise" quand ils sont en privé, mais à longueur de temps. Ce n'est plus un jeu de rôle, à ce niveau là. C'est juste priver un être humain de sa dignité, quand la dignité est justement ce qui fait d'un être humain un être humain. Ici, Ana n'est plus qu'un simple objet sexuel. 

Qui plus est encore, Christian passe son temps à infantiliser Ana. Il lui dit quand -si ce n'est pas quoi - manger, quand dormir, quand sortir, quand rester; va même jusqu'à décider quel genre de contraceptif elle prendra et l'heure à laquelle elle devra l'ingérer. La nécrophilie n'est pas ton truc, Grey, selon tes termes ? Est-ce que la pédophilie est une chose qui te branche davantage ? Car tu la considères clairement comme une enfant. Tu ferais donc tout cela à un enfant ? Un enfant ne peut pas comprendre ce genre de choses que tu lui fais subir. N'est-ce pas le cas de notre chère Anastasia, qui ne cesse de le répéter tout au long du livre ? Dîtes moi si je me trompe, mais profiter de la naïveté et de l'inexpérience d'une personne, n'est ce pas immoral ? Faire passer une contrainte pour un consentement, n'est-ce pas illégal ?Dans mes cours de philo, on définissait la liberté comme le fait que "chacun puisse faire ce qu'il veut tant que ça ne nuit à personne", autrement dit tant qu'aucun mal n'est fait. Corrigez-moi si je me trompe à nouveau, mais Ana ne souligne t-elle du début à quel point il peut lui faire mal ? Si on ajoute à ça toutes les fois où il lui répète que ce type de relation ne peut marcher que s'ils se font confiance -ce qui est vrai-, à toutes les fois où Ana lui prouve qu'elle ne lui fait pas confiance, pourquoi est-ce qu'il continue ? Parce qu'il s'en moque éperdument.

ça ressemble toujours à de l'amour, sous cet angle ?

Merci docteur Watson.

Ajoutons à cela qu'ils ne sont à aucun moment sur un pied d'égalité, qu'obtenons-nous ? Christian peut faire plaisir à Ana en prenant son plaisir à lui, c'est-à-dire seulement sa vision à lui. Non seulement Ana n'a pas son mot à dire sur ce qu'elle aimerait faire, mais comme il refuse de discuter d'autre chose que de sa propre vision du sexe, pour lui faire plaisir, Ana ne peut que se soumettre - au sens littéral du terme. Elle ne peut pas prendre d'initiatives, et ce qu'il offre à Ana est minime par rapport à tout ce qu'elle accepte de faire. Oui, il lui fait des cadeaux hors de prix - mais il est milliardaire. Franchement, vous croyez qu'il est à un ordinateur ou à une voiture près ? La notion même de plaisir n'appartient qu'à Christian. Il n'est pas question de changer pour elle -ça prouve à quel point il tient à elle, non ?- En revanche, il exige d'elle qu'elle cesse d'être elle-même pour se sculpter à ses désirs.

"Ton plaisir, ce sera de me faire plaisir." 

Je m'attarde sur le fond de ce livre, car c'est là tout ce qui intéressant -enfin, intéréssant dans le sens où on se demande constamment comment ce livre peut avoir autant de succès. Le style littéraire est inexistant - certes, c'est facile à lire, mais en même temps, il ne manquerait vraiment plus que l'auteure essaie d'imiter Victor Hugo - et c'est dommage, si l'auteure avait réfléchi deux secondes à ce qu'elle était en train d'écrire ses quelques petites références à la littérature, la linguistique ou même les titres des e-mails auraient été sympatiques. Autrement, les répétitions sont omni-présentes, Anastasia décline "holy crap" sous toutes ses formes, "holy cow", "bloody crap" "bloody hell", "my my." Comment peut-on encore douter du fait qu'elle meurt de trouille ? On a également droit à un rappel toutes les cinq pages qu'elle a pour habitude de se mordre la lèvre, et que cela rend Christian complétement fou. La plupart des passages sont aussi creux et insipides que ses personnages, et la raison pour laquelle l'auteure a appelé son livre "Cinquante nuances de Grey" est incompréhensible car dénuée de sens, - l'ayant lu en VO, il n'y a aucun souci de traduction possible. - Les personnages sont tous plats, y compris Anastasia, qui est tout de même le personnage principal - elle ne prend aucune décision, aucune intiative, ne fait rien à part hésiter tout au long du livre, a un passé basique à peine explorer; quant à Christian, vous pouvez lui inventer le passé le plus torturé que vous voulez, rien n'excuse ce qu'il fait subir à Anastasia, et essayer de justifier ses actions pour y donner un aspect romantique au sens littéraire du terme, c'est à dire un être torturé ayant un idéal qu'il ne peut pas atteindre, malgré tous ses efforts, est un blasphème pour toutes les vraies oeuvres romantiques. Pour être honnête, pas une seule fois Christian ne m'a ressentir autre chose que de l'indignation par rapport à ce qu'il pouvait exiger, et de la pitié par rapport à sa personne. Il est tout bonnement plus pathétique qu'autre chose, et n'a vraiment rien de sexy, contrairement à tout ce qu'on peut entendre.Toute cette histoire ne suit en plus que le schéma de l'histoire de Twilight, qui est déjà loin d'être très profonde à la base, de sorte que les actions s'enchaînent sans réelles raisons, juste pour suivre la trame du roman dont elles sont inspirées - Doit-on rappeler l'intense scène où Christian sauve Ana de la menace mortelle que représente un vélo ? - Twilight, au moins, se vendait comme une romance entre deux ados et n'allait pas plus loin que ça. Ici, c'est faire passer pour profond, émouvant, réfléchi, approfondi quelque chose qui n'a sans doute même pas été relu. On ne sait même pas ce qu'il a pu se passer dans la vie d'Ana avant qu'elle ne rencontre Christian, c'est à dire dans la première dizaine de pages, sa vie ne tourne donc ensuite que par rapport à lui. On ne compatis même pas avec elle par rapport à son personnage, mais par rapport à elle en tant que femme, en tant qu'être humain si on se projette en elle : Comment peut-on avoir envie d'être à sa place, comment peut-on qualifier la relation qu'elle entretient avec le bonhomme d'amour ? C'est insultant pour toutes les personnes réellement victimes de violence. Oui, on peut tous faire des erreurs - une fois, c'est une erreur. à répétition, ça ne l'est plus. Quand bien même, il existe bien une différence entre ce qu'est une erreur et ce qu'est un crime ! Qui plus est, l'auteur de ce crime est bien conscient de ce qu'il fait, puisqu'il doit leur faire signer un contrat avant de passer à l'acte ! 

Surtout qu'il faut voir comment cet amour est manifesté : On peut pardonner Anastasia, qui est tellement sous pression qu'elle ne sait plus penser la tête froide, mais pour le reste ? Le fait que Christian y va tellement fort sur toutes ses actions justifie le fait que, quand il se radoucit un petit peu, cela passe pour une énorme différence aux yeux d'Ana, de son entourage, mais surtout aux yeux du lecteur. Quelle fourberie... Cependant, pour chaque fois qu'il se radoucit un petit peu, il finit toujours par y avoir un prix à payer. Et puis, il faut bien qu'il soit sympa de temps en temps. Sans ça, Ana finirait bien trop tôt par y voir clair. Il faut bien troubler les pistes pour qu'elle continue à stagner entre deux eaux. Il y a aussi le fait que l'auteure se sert de la meilleure amie et de la mère d'Ana pour faire passer le message qu'il l'aime. Comment peuvent-elles le savoir ? D'un oeil extérieur, ça peut éventuellement passer - mais Ana ne leur parle pas de ce qu'il se passe réellement entre eux. Comment peuvent-elles donc juger, et comment peuvent-elles nous convaincre ? Comment accroder une quelconque valeur à leurs paroles ? Vous croyez vraiment qu'elles tiendraient le même discours si elles étaient mises au courant ? Ana est -ou pense être- amoureuse de Christian. Il n'y a de prime abords aucune raison à cela, elle n'est qu'aveuglée par tout ce qu'il lui arrive en même temps, et puis honnêtement, je pense qu'elle est obligée de trouver de l'amour la dedans, autrement, elle serait juste dans une situation pire que catastrophique. Sans cette idée, elle n'aurait rien à quoi se raccrocher. Quand elle finit par l'avouer à Christian, ce dernier lui dit qu'il ne faut pas qu'elle aime, parce qu'il n'est pas un homme pour elle. S'il n'est pas un homme pour elle, pourquoi avoir profiter de sa naïveté et de son inexpérience pour en faire d'elle sa soumise en ayant conscience que ce n'était pas ce qu'elle voulait ? Pourquoi l'avoir présenté à tout le monde comme sa petite amie, pourquoi lui avoir promis qu'il essayerait de lui donner plus pour correspondre à ce qu'elle, elle attend ? Pourquoi lui dire de ne pas l'aimer quand celui-ci lui envoie tous les mauvais signaux ?

La fin du roman, si on la prend en tant que telle, aurait été parfaite : Ana s'en va, Ana dit stop, - après avoir demandé une chose si stupide qu'elle a dû faire baisser le QI de l'Etat tout entier - Ana se rend compte que Christian n'est pas un homme blessé, juste un taré. Cependant, c'était sans compter sur deux choses : De base, elle dit que c'est de sa faute, et ensuite, on sait qu'il y a une suite, et on sait comment cette suite se termine - en tout cas, moi je le sais. Et c'est laid. Le message de la trilogie est clair : Il peut te frapper et t'aimer en même temps, il ne sait peut être juste pas t'aimer autrement, mais s'il t'aime vraiment et que tu te donnes un peu de patience, il changera. Ou tu finiras par aimer ça.

Ce livre ne brise pas tous les tabous. C'est faux.

Mais c'est en effet certainement plus vendeur.

Il fait même tout l'opposé, au lieu d'offrir une nouvelle perspective sur le BDSM, il conforte dans l'idée que c'est malsain, et qu'il faut être un grand malade pour y trouver du plaisir. En revanche, ce qu'il fait très bien, c'est sublimer les violences conjuguales, et banaliser le viol, aussi. Parce que le viol, ça n'arrive pas simplement entre deux inconnus, devons nous le rappeler ? Ce n'est pas parce que deux personnes sont "en couple" que ça n'arrive pas. Est-ce que l'abolition de la loi sur le droit du corps du conjoint est arrivée jusqu'aux oreilles de l'auteure ? Je n'ose même pas penser à ce que cette histoire aurait donné comme polémique si elle avait été écrite par un homme. 

D'autant plus que, non seulement le sujet ici traité est grave et exprimé de façon à parfaitement illustrer ce qu'on appelle la culture du viol, mais à cause d'une trop bonne médiatisation - c'est vrai, on le vend partout comme une romance érotique - l'érotisme joue sur la beauté du sexe, sa mis en valeur de façon esthétique, c'est bien loin d'être le cas ici- touche un public toujours plus grand, et en répend un bien mauvais message, surtout à une partie bien spéciale. Après tout, chacun est libre de lire ce que bon lui semble, en penser ce qu'il veut. Le souci, c'est qu'il fait tellement parler de lui que des jeunes filles âgées de moins de 16 ans lisent ça en pensant y trouver un modèle d'amour. Quelle est l'image de l'amour renvoyée ici ? Quelle vision du sexe nous est donné ? Que fait on pour ces jeunes là qui n'ont pas le recul nécéssaire pour se rendre compte de la gravité des choses ? L'amour est-ce dire oui à tout, l'amour est-il forcément lié à la douleur, le sexe "vanille" est-il forcément ennuyeux ?  Voyez comment est présenté la chose : Tu es vierge ? Je vais rémedier à ça. Quel message est-ce que c'est sensé représenter, que c'est une tare ? Sans compter le fait que l'auteure veut nous faire croire que l'orgasme est une chose totalement banale, si banale qu'il n'existe aucune partie de jambes en l'air qui puisse être décevante, pas même la première.

Quand je dis que les médias nous pissent dessus et nous font coire que c'est de la pluie.

En résumé, donc ce que nous dit ce livre, c'est que : L'amour, c'est dire oui à tout. Les vélos sont la véritable menace de notre société.  Si tu es un petit peu émêché et que tu as le choix entre le collègue devenant un peu trop entreprenant et l'inconnu qui t'a traqué, ne rejoins surtout pas ta meilleure amie qui se trouve deux mètres derrière toi.

Ce livre est a brûlé, a jeter, a enterrer très loin, et ne mérite absolument pas sa place au rayon "littérature."

Wow, ceci était une chronique très dure. J'espère évidemment n'avoir offensé personne. Elle a été éprouvante à écrire. Tant de choses à dire sur une chose qui n'aurait tout simplement jamais dû voir l'intérieur d'une imprimerie...  Je crois que vais sur ce aller me plonger dans un livre que je juge comme une valeur sûre, histoire de me remettre de ces deux dernières lectures que je viens d'enchaîner. Toutefois, avant ça...

                C'est de cette façon qu'on prononce la phrase "laters" avec classe, dear Mr. Grey. Ce que tu ignores, vu que de classe, tu n'as aucune.

Puissez-vous passer d'agréables lectures, love always.  

He is the puppet master.

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Chronique littéraire : "After", by Anna Todd

Publié le par Wendy&Belle

Editions Gallery Books, parût en 2014, lecture VO.

Résumé : "Tessa est une fille gentille avec un adorable petit ami, Noah. Elle est décidée, ambitieuse et sa mère veille à ce que cela continue. Mais elle vient à peine de s'installer dans son dortoir d'étudiante qu'elle se heurte à Hardin. Avec ses cheveux châtains ébouriffés, son p... d'accent anglais, ses tatouages et son piercing sur la lèvre, Hardin est vraiment mignon et tellement différent des garçons qu'elle connaît. Mais il est aussi grossier, voire violent et Tessa devrait donc le détester... Ce qu'elle fait jusqu'au jour où elle se retrouve seule avec lui. Quelque chose du caractère sombre d'Hardin l'attire et leur baiser fait naître en elle une passion jusqu'alors inconnue. Il lui dit qu'elle est belle, qu'il n'est pas un garçon pour elle et il disparait, et ce à plusieurs reprises. Malgré la façon dont il la traite, Tessa va chercher au plus profond d'Hardin et derrière ses mensonges qui il est réellement. Plus il la repousse et plus Tessa sera entraînée plus près du gouffre. Tessa a déjà un petit ami parfait. Alors pourquoi fait-elle tant d'efforts pour surmonter sa fierté blessée et les ravages qu'Hardin fait à de belles filles comme elle ? À moins que... ce ne soit ça l'amour ?"

                                                                                                                                                                       

Ce qui est drôle - enfin, la notion de drôle reste à être définie - c'est que dés le départ, je savais que j'allais perdre mon temps avec ce livre. Pourtant, sans que je ne sache trop ni comment ni pourquoi, quand je l'ai vu en rayon, en anglais, pas très cher, je l'ai pris. Pour me donner raison ? Oui. Pour voir si pour une fois les médias avaient réellement trouvé un bon livre sur lequel parler ? Oui. Mais il n'y a pas que ça, je dois vous l'avouer : Ce livre étant une fanfiction à la base, inspirée paraît-il d'un membre du groupe des One Direction, j'étais curieuse de voir si une fanfiction, certes inspirée d'un homme existant réellement mais tout de même totalement crée de toutes pièces, étaient d'un plus haut niveau qu'une fanfiction directement inspirée d'un film qui se contenterait simplement de reproduire le même schéma narratif en changeant juste les noms et en rajoutant quelques scènes de cul par ci par là. (je ne vise aucun livre en particulier, c'est évident...) Verdict...

Je me suis ennuyée du début à la fin.

ça m'apprendra à ne pas écouter mon instinc. Parfois, sous une couverture apparement laide ou banale, on trouve des joyaux, des pépites, de petits trésors qui mériteraient d'être plus connus. Et parfois encore, ce genre de livre totalement inspide, creux, niais et usé jusqu'à la corde nous sont vendu comme phénomène littéraire. 

Je ne comprends vraiment pas les médias. C'est vraiment contre eux que j'en ai, car éditer ce bouquin était vraiment une opération purement commerciale. Après tout, l'auteure n'a au départ décidé que d'écrire sur internet une histoire qui lui traversait l'esprit, qui lui trottait dans la tête, et internet est a bien été crée pour que tout le monde puisse se lancer et partager avec le monde. Cependant, je suis navrée de le dire, mais rien dans cette fanfiction ne méritait d'être éditée, et méritait encore mois toutes les campagnes de publicités qu'on a pu voir. 

Ce livre n'est qu'un résumé de tout ce qu'on trouve généralement dans les fanfictions du genre, et n'a donc aucune originalité à la base. Cependant, tout ne s'arrête pas à l'originalité de la chose me direz-vous, et vous aurez raison. Toutefois, rien ne rattrape ça. Je peine ne serait-ce qu'à lui trouver des points positifs. Je lui en ai, en cherchant bien, trouvé trois : Premièrement, on a droit à trois références littéraires. Deuxièmement, lorsque Tessa se fait bien évidemment déflorer, elle décrit la douleur de l'acte et non pas quelques inepsies sur combien elle jouit dés la première fois parce que c'est bel et bien l'amour de sa vie et qu'il est, toujours bien évidemment, un amant fort doué. Troisièmement, la fin est, si l'on peut dire, réaliste. Enfin, disonsque Tessa a une réaction appropriée.

Bien, cela étant dit, je ne recommande absolument pas ce livre. Mauvais point numéro un : Les personnages secondaires sont absolument tous plats, c'est-à-dire limités à leur fonction dans le récit, en l'occurence celle de l'entourage, et les deux personnages principaux ne compensent même pas ce manque de profondeur. Certes, l'auteure a essayé de donner un background au dénommé Hardin, mais de façon plus que superficielle et maladroite, et à la dénommée Tessa, de façon franchement ridicule. Hardin est le cliché même du garçon rebelle, argneux, désagréable et méprisant au possible car au fond c'est un homme blessé - sauf que ça ne marche pas. En effet, quoi de mieux, pour manifester le dégoût que son père lui inspire à cause de la façon dont il a traité sa mère, qu'en traitant à son tour les femmes de la même façon, si ce n'est pire ? Tous ses actes sont en contradictions avec ses paroles, et non pas pour donner l'impression qu'il essaie de changer malgré son passé difficile, mais simplement parce que c'est un personnage juste mal écrit. Qui plus est, malgré ce qu'on veut nous faire croire, il n'est empreint d'aucune complexité, n'est défini que par son caractère instable et méprisant, qui le mène à devenir outrageusement possessif. Tessa, quant à elle, est le cliché de l'étudiante modèle qui ne fait qu'étudier à longueur de journée, dont la mère, sans doute puritaine, se mêle de tout, et dont le petit ami avec lequel elle est en couple depuis deux ans n'a jamais eu ne serait que la tentation de lui toucher les seins. Evidemment, quand celle-ci rencontre Hardin, ça ne colle pas instanténément.

L'ennui, c'est qu'elle veut que ça colle, en même temps qu'elle ne le veut pas. Elle n'a de cesse de répéter que malgré leur relation instable, qui lui fait de mal que de bien, et malgré le fait que Hardin se conduise comme un parfait crétin, elle veut s'accrocher pour que ça marche, alors qu'elle sait que ça finira mal. Pourquoi ? Ils ne sont pas mariés, ne se connaissent que depuis quelques semaines, et chacune de leur rencontre s'achève sur la démoiselle ayant une remarquable envie de pleurer. Pourquoi vouloir s'acharner à sauver quelque chose qui n'existe pas, à savoir leur amitié, au départ ? Je dirais même : Pourquoi vouloir à tout prix que quelque chose se mette à exister avec quelqu'un qui ne fait que nous humilier, nous blesser ? Sans compter que Tessa a à ses côtés le petit ami dont selon elle tout le monde rêve, qu'elle connait depuis plusieurs années et qui n'a jamais rien fait d'autre que se montrer présent et attentionné envers elle, qu'elle remercie en le trompant avec un garçon qui, vous l'aurez compris, n'a en tête rien d'autre que se montrer grossier et rustre avec elle. Pourquoi ? Il est intéréssant de noter qu'elle même ne le sait pas, elle répète plusieurs fois. Cette histoire n'a juste pas de sens, pas plus qu'elle n'a d'intérêt. Si vous voulez lire de vraies histoires d'amour torturées et compliquées, lisez des tragédies, des choses qui ont fait leur preuves. 

D'ailleurs, ce couple aime par plusieurs fois se comparer à des figures iconiques de la littérature anglaise : Ils commencent par se prendre pour Elizabeth et Mr. Darcy d'Orgueil et Préjugés, puis pour Cathy et Heathcliff des Hauts de Hurlevent. Comme s'ils pouvaient ne serait ce que rêver d'en avoir la trempe...

Toutefois, attention ! Ici, le temps est une affaire sérieuse avec laquelle on ne rigole pas : Si au bout de deux ans elle n'a rien fait d'autres qu'effleurer son petit ami du bout des lèvres, il lui faut bien attendre au moins une bonne semaine pour que notre héroïne ne se rende compte qu'elle ne peut plus se passer de Hardin, alors que tout ce qu'ils n'ont fait jusque là a été de s'engueuler, s'engueuler, et s'embrasser, pour ensuite s'engueuler à nouveau. et au moins trois mois avant d'accepter d'emménager avec ce jeune homme, avec lequel elle s'était disputé la minute d'avant pour la centième fois de la journée. Parce que c'est là tout ce qu'ils font de leur temps. ça, et se tripoter, naturellement. D'ailleurs, puisqu'on en parle...

Toutes les scènes de sexe sont répétées au mot près, et je n'exagère pas. En même temps, me direz vous, tout est répété au quasi mot près dans ce livre, alors bon. 

Le schéma narratif de ce livre est répété à l'infini. Nous avons droit aux mêmes scènes, pour les mêmes raisons, juste dans des lieux différents, jusqu'à ce que même les lieux se répétent. Je vous fait le vrai résumé du livre : Tessa et Hardin se disputent. Tessa et Hardin s'embrassent. Il se réconcilient. Ce n'est que de courte durée car l'un de deux parle à une personne que l'autre méprise, il s'engueulent à nouveau, avant de se re-réconcilier, en se promettant que cela n'arrivera plus, jusqu'à ce que ça arrive encore. Chaque passage est un copié collé du passage précédent. 

Lire ce livre a été une torture. J'ai plusieurs fois hésité à l'abandonner. Arrivée à la fin - dont je commençais à croire qu'elle ne viendrait jamais -  je voulais savoir. Que se passe t-il donc de si grave pour que tout le monde fasse tant de messes basses ? Quelque chose qui a déjà été vu et revu dans le genre new-adult, qui n'a pas été surprenant outre mesure, qui a même expliqué un certain nombre de choses, mais qui n'a pas été un final donnant enfin toute sa profondeur à l'oeuvre, en tout cas, rien qui ne vaille le tortueux effort de le relire. 

.Honnêtement, si vous voulez lire une romance érotique, je vous conseillerais de vous tourner vers autre chose. Même si vous avez une subite envie de jeter de l'argent par les fenêtres, tournez vous vers autre chose. Ou allez sur internet, des récits comme ça, vous en trouverez des millions, vous trouverez peut être même mieux. C'est une des raisons pour lesquelles je suis en colère contre ce livre : Si une fanfiction a eu tant de succès qu'elle a été édité, c'est qu'elle devait être excellente. Si ça, c'est sensé démontré l'excellence qu'on peut trouver sur internet, que ça doit être le reste ? Il y a tellement de fanfictions merveilleuses, bien écrites, originales, lyriques, bref de vrai chef d'oeuvres, pourquoi ceci méritait-il d'être édité ? Je ne comprends vraiment pas. Qui plus est, je ne comprends pas comment cette histoire peut combler un peu moins de six-cent pages, et compter à ce jour quatre tomes. Mystère total. Cela dit, vu que chaque scène est copié/collé de la précédente, ce n'est pas très difficile de faire grossir le livre.

Mais bien, si l'envie vous tente, lisez le. Après tout, la plupart des critiques j'ai pu lire étaient positives. Même si je ne comprends pas pourquoi. 

D'ailleurs, cette histoire va certainement me rester dans la tête le temps des prochains jours, puisque je m'attaque désormais a une autre fanfiction, qui aura eu le privilège d'être édité, et qui fait bien parler d'elle...

Puissez-vous passer d'agréables lectures, love always.  

       

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Chronique littéraire : Saga les Contes du royaume, tome 3 "Beauty", by Sarah Pinborough

Publié le par Wendy&Belle

Editions Gollanzc, parût en 2013, lecture VO.

Résumé :Cette fois, c'est l'histoire de la Belle au Bois Dormant qui va se prendre un petit coup de neuf ! Bien sûr, on y retrouvera tous les éléments classiques de ce conte (le beau prince, la terrible malédiction, la jeune fille endormie et le château hanté) mais de nouveau revus à la sauce moderne ! Toujours aussi drôle et sexy. "

                                                                                                                                                                        

La littérature, et l'art en général, au delà d'une recherche constante de l'esthétique, est là pour vous ouvrir l'esprit, vous offrir milles et une autres perceptions des choses, de toutes les choses. Là où je trouve que cette saga illustre parfaitement ce fait, ce que l'auteure s'attaque à des choses auxquelles nous tenons, qui nous ont bercé, qui ont participé à faire de nous qui nous sommes aujourd'hui en bercant notre enfance : Les contes, bien sur. Avec sa plume, Sarah Pinborough vient réécrire les histoires que nous connaissons tous, ou du moins que nous croyons connaître, comme jamais auparavant. Je peux comprendre que cela ne plaise pas tout le monde.

En ce qui me concerne, je suis béate d'admiration.

Exactement comme ça.

Ce troisième tome est sûrement celui qui a mis le plus de temps à m'intriguer, mais il est également celui que j'ai lu le plus rapidement, car il m'était tout bonnement impossible de le lâcher une fois plongée dans ce chef d'oeuvre. (Pour tout dire, je me suis couchée à 4h du matin pour le terminer.) Ce qu'à fait l'auteure du personnage de la Belle aux bois dormants, soit Beauty, est juste magique, magistral, majestueux, soupoudré d'une ironie dramatique qui a fait battre mon coeur de plus en plus vite. Mes excuses aux amateurs, mais si l'histoire originale est intéressante, toutes les adaptations qui en ont découlées sont si niaises que même les Bisounours ont envie de vomir. Ici, l'auteure a su mettre du piquant là où d'habitude il n'y en a pas. Elle est même allée jusqu'à dénicher Rumplestiltskin, personnage quasi inexploité dans la littérature - Once Upon a Time, tu as au moins le mérite d'en avoir fait sur écran un personnage génial - en lui confiant un rôle majeur à l'intrigue.

Des trois réécritures qui ont été écrites, je pense que celle-ci est la plus originale, la plus recherchée.  J'ai été bleuffée, je ne l'ai pas vu venir, et j'ai dévoré l'histoire du personnage developpé. 

Vous pouvez vous attendre à voir votre enfance voler en éclats au fil de ces pages.

Oui, Beauty ressemble à ça dans ma tête.

La plume de l'auteure, toujours aussi enchanteresse, décrit si bien les actions et les lieux que les scènes se formant dans notre imaginaire, même dans l'horreur et la décadence, sont sublimes. Littéralement sublimes. Aussi sublime que sa façon de démystifier, encore une fois, les mythes que l'on croit tous connaître, y ôter toute la niaiserie que le Temps  et une grosse société de production- a déposé sur ces contes. L'univers est ici plus noir, plus sombre.

Du pur génie.

Mon seul regret est peut être par rapport à la fin -hormi l'épilogue-, qui manque de cette pointe de 'wow' trouvée et retrouvée dans Poison et Charm, remplacée par une touche de 'ah, d'accord.' Toutefois, l'épilogue final ne m'a donné qu'une envie : Tout relire, et vérifier la concordences des événements, assembler toutes les pièces de ce magnifique puzzle. Et prier pour une suite. Même infime, même toute petite. J'en veux plus. Il m'en faut plus. Je suis accro aux histoires de l'auteure.

D'ailleurs, il paraît que certains prônent le fait de lire, ou en tout cas de pouvoir lire ce livre indépendement des deux autres. 

Personellement, je n'en vois pas l'intérêt. Certes, cette histoire se déroule un peu avant les deux autres, est en quelque sorte une préquelle; cependant, si l'auteure les a écrit dans cet ordre, c'est qu'il y a une raison. Comme pour les Star Wars. Oui je suis fan.

Cette saga est une saga coup de coeur. Même si ma préférence va vers Charm, je vous conseille à tous de les lire, bien que ce soit des ouvrages très controversés qu'il va maintenant être très difficile à trouver. C'est un voyage que je ne regretterais pour rien au monde.

Et je ne pourrais pas rendre justice à un tel talent et à une telle originalité.  Alors je vais simplement commander ses autres romans, et j'espère être tout aussi émerveillée par le reste de ses écrits. Je ne me fais pas de soucis. Je lui accorde une totale confiance.

Puissiez vous passez de belles lectures, love always. 

 

'Sometimes,' Beauty said softly, sipping from her silver goblet, 'everyone needs to let the beast inside them out for a while'. She laughed, a sound like a waterfall meeting the sea and more glitter escaped from her fingertips. 'I like to see it. We all have our dark lusts. We should enjoy them.'

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Chronique littéraire : La saga des Contes du royaume, tome 2, "Charm" by Sarah Pinborough

Publié le par Wendy&Belle

Editions Gollancz, parût en 2013, lecture VO.

Résumé :Rappelez-vous les horribles belles-soeurs, le carrosse magique, le bal enchanté, la pantoufle de verre et l’éternel amour né au premier regard… et à présent, ouvrez ce livre et plongez dans la véritable histoire de Cendrillon, telle qu’elle n’a jamais été révélée… Cendrillon, le conte de fées revisité : cruel, savoureux, et tout en séduction. "

                                                                                                                                                                        

Les producteurs de Once Upon a Time peuvent vraiment aller se rhabiller.

Quelle imagination, quelle audace, quel talent, quel génie !

Il y a les réecritures de contes gentillettes, toutes pleines de happy end, les affreuses versions de Disney préservées... Et il y a celles de Sarah Pinborough. Qui respectent les codes tout en les brisant. Du grand art. Du génie.

J'avoue avoir été bleuffée (encore une fois) par ce que l'auteure est parvenue à faire, et j'admets de ne pratiquement rien avoir vu venir. Et j'ai adoré ! (encore une fois.)

Je n'aime pas l'histoire de Cendrillon, d'ordinaire. (en tout cas, comme on nous la raconte.) Et enfin, j'ai une raison à cela : On a toujours perçu l'histoire de Cendrillon qu'à travers Cendrillon. Elle a toujours été le personnage qui devait attiser l'empathie, au détriment de tous les autres. Ici, tout est inversé, nous n'avons pas le point de vue d'une enfant martyre, mais le récit d'une famille recomposée, chose qui ne lui plaît pas du tout et qui ne fait aucun effort. On s'attache beaucoup à sa demi-soeur, Rose, qui est une jeune femme pleine de bon sens, de compassion et dotée du sens du sacrifice. On pourrait presque dire que c'est elle, en fait, le personnage de Cendrillon tel qu'on le connaît, et que Cendrillon est le personnage de l'une des deux soeurs telle qu'on les connait. 

Encore mieux, l'auteure remet ici les choses à leurs places : Qu'est ce qui vous fait dire que vous mériter une récompense plus que les autres ? Qu'est ce qui vous fait dire que ce dont vous avez toujours rêvé sera ce dont vous rêverez toujours ? Qu'est ce qui vous fait dire que vous méritez tellement de réaliser votre rêve que vous êtes autorisée à tous les coups bas pour le faire ? Toutes ces questions sont soulevées, et brillament menées. Cendrillon était un personnage superficiel, elle n'obtient que ce à quoi mène la voie de la superficialité. Toujours plus encore, elle a réécrit Cendrillon de sorte à prouver que tout n'est pas rose, que vous n'êtes pas tout blanc, aussi innocent qu'un agneau, que le rêve tournera peut être au cauchemar, mais que peut être vous trouverez du bon là où vous n'auriez jamais songé y trouver. Du grand art.

De plus, avec beaucoup d'humour et de sarcasme, l'auteure démystifie totalement le conte, le rendant plus réaliste, plus accessible, de façon toujours aussi talentueuse, en faisant des liens toujours plus ingénieux et originaux avec son premier tome. Nous y retrouvons toute la magie et l'audace qui avait tant marqué Poison.

Ce livre est comme une boîte, une boîte normale, avec un fond et un couvercle, qui nous offre ce qu'elle nous a promis d'offrir ; mais une boîte avec des tas de petits tiroirs secrets, qui ressèlent des tas de choses auquelles on ne s'attend pas. 

J'ai aimé ce deuxième tome, plus encore que le premier, et j'ai maintenant hâte de m'attaquer au troisième. J'ai désormais une confiance totale en l'auteure, je suis sûre qu'elle fera de Beauty un travail excellent.

Je vous conseille donc de remuer ciel et terre pour vous procurer cette merveilleuse saga qui ne sera désormais plus éditée, et de vous jeter dessus.

J'espère que vous passerez vous aussi de mangifiques lectures, love always.

Mais dites-moi, poursuivit-il en s’adossant au mur avec sa décontraction coutumière, à aucun moment, vous ne vous êtes dit qu’il fallait être sacrément stupide pour reconnaître la femme qu’on dit aimer simplement parce qu’une chaussure correspond à son pied ?

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Chronique littéraire : "Loin de tout", par J.A Redmerski

Publié le par Wendy-Belle

Editions Milady, parût en 2012.

Résumé : "Après avoir perdu son premier amour dans un accident, Camryn, 20 ans, plaque tout pour partir à l’aventure. C’est alors qu’elle rencontre Andrew, qui n’a pas été épargné par la vie lui non plus. Camryn a beau s’être juré de ne plus jamais tomber amoureuse, l’amour se révèle à elle sous de multiples facettes au cours de ce voyage. Un road trip improvisé qui marque le début d’une nouvelle existence exaltante. Mais l’insaisissable Andrew cache un secret qui peut les lier à jamais ou les détruire pour toujours…"

                                                                                                                                                           

Au début, je ne voulais pas lire ce livre. Puis je l'ai voulu. Puis ensuite non. Au final, mon envie a divergé à peu près autant que les avis qu'on peut en lire sur internet. J'avais décidé de ne pas acheter ce livre. Que si je le lisais, ce serait parce que l'occasion se serait présentée. 

Et l'occasion s'est présentée. Alors, je l'ai lu. Evidemment.

Je dois dire que je ne saurais pas faire d'avis structuré pour ce livre. Je m'explique (avec un certain nombres de détails, alors, si vous ne voulez pas trop en savoir...) :

Quand je l'ai commencé, je me suis ennuyée. Je n'ai pas aimé le début. Les scènes étaient trop banales (la sortie en boîte de nuit... Wouhou...) Vous pourrez me dire que ce serait voulu : C'est justemen  à cause de cette banalité que Camryn veut tout quitter. Sauf que les personnages aussi sont banals. Même plus : Ils sont clichés. Le cliché de la meilleure amie folle, extrentrique, qui ne sait pas tenir sa langue et qui tient bien de l'écervelée. Le personnage principal incompris, qui rêve d'autre chose. D'ailleurs, ce qui m'a agacé chez Camryn, c'est la maturité que l'auteure voulait lui donner, en faisant des reflexions philosophiques... De base, en fait. Elle n'innove pas dans le genre. De plus, les personnages qui se donnent l'air d'avoir tout compris sont relativement vite irritant. Et les autres... Bref. 

 Le langage m'a vraiment dérangé. Trop de "ouais", tue le "ouais."

 Jusqu'au moment où Camryn part. Elle prend son bus avec trois fringues, comme ça. Et le premier reproche que je pourrais faire à ce roman, c'est bien le manque de description. Pour une histoire centrée sur un road trip aux Etats-Unis, tout ce que l'auteure a décrit, ç'a été les trajets en bus. Certes, ils sont très bien décrits ces trajets en bus -vraiment, je m'y suis crû dans ces bus, croyez moi...- mais ç'a aurait pu être n'importe quel trajet de bus, vu qu'elle ne décrit pas ce qu'il se passe dehors. 

 Puis elle rencontre Andrew.

C'est là que les choses se compliquent. Parce qu'à la fois je l'aimais bien, à la fois non. En fait, je l'aimais bien au début. Puis y a eu un certain laps de pages qui a pratiquement brisé son image. D'un garçon drôle avec des réflexions intéressantes, on passe à...  Un genre de Christian Grey en moins extrême. Cela dit, moi qui ne suis habituellement pas fan de la double narration, je dois avouer que j'étais relativement contente qu'elle soit présente ici. Alterner entre les deux personnages permet de comprendre certaines choses que l'on ne comprend pas dans une des narrations, (ce qui est la plupart du temps assez drôle, d'ailleurs.) 

Je ne veux pas vous méprendre. J'ai eu ce livre entre les mains, je n'ai pas pu m'arrêter avant de l'avoir terminé. Mais je le trouve... Répétitif. Et, au final, ce n'est même pas au roman lui-même que je pourrais adresser ce reproche.

C'est au genre.

Quand je dis que je trouvais ce roman répétitif, j'entendais dans le récit même, où les scènes se répètent sous des allures différentes, mais aussi dans le schéma de base de la "new-adult." Vraiment, en lisant ce livre, j'avais l'impression d'avoir Beautiful Disaster, sauf que l'intrigue se passait sur la route et non pas sur un campus. Les personnages de Travis et d'Andrew ? Musclé, tatoué, aucun mal avec les filles, ne veut pas qu'un simple coup d'un soir avec le personnage féminin principal, veut la protéger, veut la posséder, la sauve d'une scène de viol, va péter la gueule de quelques gars intéressés, ne se sent pas digne d'elle, et bien sur, se différencie par un moyen ou un autre de tous les autres hommes que celle-ci ait pu connaître. Les similitudes ne manquent pas. Les scènes faisaient terriblement écho à cet autre roman. Avec simplement le fait que, peut être, ce roman ci a un peu plus de profondeur que le premier. Et encore. La profondeur qu'il pourrait avoir se retrouve gâchée par deux trois choses :

  • Le fait que de par sa nature, le livre tourne autour de l'érotisme. Ce n'est pas un problème en soi, le problème, c'est qu'il prend le pas sur le récit initial. Au début du roman, Camryn part, sans savoir où ni pour quoi faire une fois là-bas, elle sait juste qu'elle ne veut plus jamais avoir à faire avec l'amour. Et les trois quarts du reste du roman tourne autour du fait qu'elle se demande quand est ce qu'Andrew va bien vouloir sauter le pas avec elle. Cela dit, ça ne s'arrête pas là : Dés que c'est fait (parce que oui, évidemment, ça arrive), ça prend totalement le pas sur tout le reste. Déjà que je trouvais le manque de description (des lieux je veux dire hein, parce que pour le reste, il serait difficile de lui reprocher le manque de détails) conséquent, dés lors, elle devient quasiment inexistante (à mes yeux, du moins.) 
  • Si la romance a le mérite de "prendre son temps" (tout est relatif n'est ce pas), une fois qu'elle est là, que les deux personnages se disent "ok, c'est bon, on y est"... Le récit tourne autour du schéma classique (encore une fois) de la théorie du coup de foudre, et des phrases du genre "c'est toi, ç'a toujours été toi", "dés que je t'ai vu j'ai su que tu étais la femme de ma vie"... Alors qu'ils se connaissent depuis environ... Allez, disons quelques semaines. Sans parler de la fin, qui n'est bien sur pas sans rappeler celle de Beautiful Disaster, ne fait que confirmer ces dires. Au final, Camryn, qui rêvait de fuir une vie banale... Se retrouve bel et bien au sein d'une vie banale, sous des allures extraordinaires. Encore, je pourrais admettre que ç'a peut être une bonne chose : Trouver enfin du merveilleux dans la vie quotidienne. Mais cette fin ne vend clairement pas le rêve que la quatrième de couverture veut nous vendre.   
  • J'ai déjà précisé plus haut que la narration alternée était un point qu'il m'avait plût. Cependant, ce que je n'ai pas aimé, c'est la façon de narrer elle-même. Si la façon de penser d'Andrew m'a souvent amusé, celle de Camryn... Me faisait bien trop penser à une ado de quinze ans. Pour une fille dont on veut nous convaincre de la maturité, c'est râté.

 Bien sur, je ne suis pas sans coeur (du moins, pas complétement), il y a eu des scènes vraimen bien amenées, vraiment prenantes. Des scènes qui ont fait de cette lecture une lecture que l'on peut qualifiée d'addictive. C'est d'autant plus pour ça que mon avis est mitigé : L'auteure aurait pu aller à un point d'apothéose si elle avait su doser les genres et les thèmes, au lieu d'en laisser un prendre le pas sur tout ce que ce roman aurait pu offrir. 

En conclusion, ça pourrait éventuellement être un livre recommandable aux fans de New-Adult, mais pour ma part, ce n'est pas un registre que je recommande particulièrement.  Après, c'est à vous de voir...           Sinon, je vous recommande d'aller voir cet avis.

Cette fille vient de me caresser l'âme du bout des lèvres.

Publié dans New-Adult, Romance

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Chronique littéraire : "Beautiful Disaster", de Jamie McGuire

Publié le par Wendy-Belle

Edition J'ai lu, paût en 2014; 2011 en VO.

Résumé : Travis Maddox est sexy, bâti comme un dieu et couvert de tatouages. Il participe à des combats clandestins la nuit et drague tout ce qui bouge le reste du temps. Exactement le genre de mec qu’Abby doit éviter si elle veut réussir à démarrer une nouvelle vie. 
Mais Travis insiste et lui propose un pari. Si elle gagne, il renonce au sexe pendant un mois. Si elle perd, elle s’installe chez lui pendant un mois. Ce qu’il ignore, c’est qu’il a affaire à bien plus joueur que lui… Une fois toutes les cartes abattues, la catastrophe annoncée se muera-t-elle en amour passionné ?

                                                                                                                                                            

  Bon. Ce livre m'intriguait, parce que je le voyais un peu partout. Puis là, comme ça un jour, je fais l'erreur, l'erreur, l'erreur, de m'arrêter à Gibert Joseph, où il était là... En parfait état... Et il a attérit dans mon panier sans que je m'en rende compte. Je n'ai jamais vraiment lu de romans New Adult, et c'est vraiment la vidéo de Nine  qui m'a poussé à m'y plonger. Donc voilà, j'ai lu Beautiful Disaster. La question est : Mais, est ce qu'il t'a plût ? 

Hmm. Quand j'y prense comme ça, j'ai le souvenir d'une bonne lecture. Je ne me suis pas ennuyé, il m'a fait rire ( il a même faillit me faire pleurer...),  il m'a surpris, étonné... Bref, tourner les pages n'a pas été une torture, au contraire, ça été une très bonne distraction, ce qui est une bonne chose, dans un sens.

Cependant, voilà... C'est une distraction. J'entends d'ici les voix dire qu'on est pas obligé de lire un livre pour nous poser trente six mille questions existentielles, et je suis tout à fait d'accord. Cependant, même si l'auteur d'un roman décide d'écrire un livre pour distraire et non pour faire réfléchir, j'estime qu'il est normal de travailler son manuscrit, de le penser, de le réfléchir, pour le coup.

Ce qui m'a beaucoup gêné, ce sont les nombreuses (trop nombreuses) élipses narratives. L'auteure y a recourt beaucoup trop souvent, et si parfois cela s'avère nécéssaire, il y a des moments où c'est juste clairement succomber à la facilité, de mon point de vue en tout cas. Au milieu d'un truc comme ça elle nous dit qu'il s'est écoulé deux semaines, un mois... Et elle nous dit soit que ça s'est bien passé, soit que non. Je l'imagine se dire en écrivant son livre "bon, là c'est chiant... Passons à un vrai truc." J'ai trouvé dommage qu'elle ne se creuse pas plus la tête pour trouver comment gérer le temps, parce que cela a pour conséquence que la relation entre Abby et Travis se passe... Limite, je ne sais pas... Un jour on s'entend pas, le lendemain on est les meilleurs amis du monde. J'exagère un peu, mais c'est quelque chose qui m'a vraiment dérangé.

En parlons d'Abby et de Travis, ce sont des personnages que j'ai à la fois apprécié, et qui m'ont à la fois agacé. Abby tout d'abord, pour son côté tenace, je l'ai apprécié. Ce qu'on apprend sur son passé m'a vraiment surprise, je m'attendais clairement pas à ça. Le fait qu'elle résiste à Travis m'a tellement, mais tellement plût. Le fait qu'elle finisse (évidemment à un moment...) par lui céder, m'a plût en fait mais... Travis est un garçon impulsif, souvent  trop impulsif. Je veux dire, un peu de jalousie et de possessivité c'est mignon, mais y a un moment où je me suis dis "pourquoi tu lui pisses pas carrément dessus pour marquer ton territoire ?", et le fait qu'à maintes reprises elle le laisse faire. J'ai avais envie de la secouer en mode "mais révolte toi, t'es pas une gamine !" En ce qui le concerne, la façon qu'il a de regardé Abby est un des aspects les plus beaux du roman. Jusqu'à ce que... Jusqu'à ce qu'il tombe dans l'hystérie de l'amour j'ai envie de dire, où tu te dis "wow mais tu l'a connais depuis moins d'un an quand même..." 

Jusqu'à la fin. Où je me suis clairement dis "mais non mais non... ça peut pas se terminer sur un trait aussi niais..." Et pourtant si. 

Autre chose, je trouve que le résumé vend mal le livre. On nous parle du pari que les deux vont mettre en place, et je m'attendais à ce que ce soit la majeure partie du livre, or pas du tout, ça ne fait que mettre en place l'histoire. En revanche, le mot "désastre" du titre est très bien ré-employer dans le récit, il est toujours appréciable qu'un titre ne soit pas donné par hasard. 

En conclusion, c'est un livre que je pourrais recommander si ce que vous recherchez, c'est vous vider la tête. J'avez des attentes par rapport à ce livre, un peu trop peut être, cela dit ça n'a pas été jusqu'à être une déception puisque j'ai tout de même tourné les pages très vite, (je l'ai lu en une journée) voulant absolument connaître le dénoument de cette histoire. Vous voilà prévenu, j'espère que vous aurez pas la suite de belles lectures, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé si vous l'avez lu, ou si vous hésitez à le lire, (ou si vous trouvez qu'aujourd'hui est une belle journée pour profiter du soleil...)

 

 

Je ne savais pas que j'étais perdu avant que tu me trouves.

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Chronique littéraire : Les contes du royaume, tome 1, "Poison", de Sarah Pinborough

Publié le par Wendy-Belle

Edition Milady, parut en mars 2014.

Résumé : Blanche-Neige, le conte de fées revisité : cruel, savoureux, et tout en séduction.
Rappelez-vous l’innocence et belle princesse, la méchante reine impardonnable, 
le valeureux prince, la pomme empoisonnée et le baiser d’amour sincère...
... et à présent, ouvrez ce livre et plongez dans la véritable histoire de Blanche-Neige, 
telle qu’elle n’a jamais été révélée...

                                                                                                                                                          

  En fait, en écrivant cette chronique, je me rends compte que je ne respacte pas du tout mon planning des réécritures de contes que je m'étais imposé. Honte à moi. Mais vous comprennez, à force de le voir partout, ça fini par attisé la curiosité, et puis... Une Blanche-Neige qui boit de la bière et qui danse sur les tables ? Il ne m'en fallait pas plus. De plus, j'aime bien me lancer dans ce genre de livre. Vous savez, ce genre de livre que soit on adore, soit on déteste.

Wouhouuuu j'ai fais parti de la première catégorie !

Ceci est une "vraie" réécriture de conte, dans le sens où elle est vraiment écrite comme tel. Même narration, même façon de raconter les choses : simple, mais efficace, un vocabulaire adapté pour l'époque et l'environnement. Ce qui varie totalement, ce sont bien évidemment les choses qu'elle raconte, tout en reprenant les éléments majeurs du conte réadapté. J'ai beaucoup aimé revenir aux sources, il est évident que l'auteure s'est basée sur le conte original, (et non pas sur la version disney...) cependant on retrouve ces éléments... D'une façon à laquelle on ne s'attend pas. (notamment pour le corset et le peigne, éléments que l'on a souvent tendance à oublier pour se focaliser sur la pomme.

Pour ce qui est des personnages, j'avais entendu dire partout que Blanche était exaspérante. Pour ma part, elle ne m'a pas plus agacé que ça "en tant que tel", dans la façon dont l'auteure même a voulu la décrire : Honnêtement, je l'ai plus ou moins vu comme une sorte de Blanche à la Once Upon a Time (en version dévergondée.) Mais au final, comme dans Once Upon a Time, elle m'a agacé, pour son côté trop (beaucoup trop) noble. (C'est bizarre je sais....)

La reine, je me suis demandé plusieurs fois ce qu'il pouvait bien se passer dans sa tête, mais au fur et à mesure que les pages se tournent, on se surprend à compatir pour elle, avec elle. 

Les autres personnages au final assez secondaires apportaient tous quelque chose à l'histoire, que ce soit le chasseur et sa "noblesse", ou les nains (dont particulièrement Rêveur, qui idéalise bien trop Blanche pour la voir telle qu'elle est.) Bon, peut être qu'il y a le personnage de la vieille sorcière, grand-mère de la reine, dont je n'ai pas vraiment compris l'intérêt, mais qui ajoute un peu de "what the fuck" à l'histoire, ce qui est plutôt drôle. 

Beaucoup reproche la présence d'Aladdin, ne comprenant pas ce qu'il venait faire ici. Pour ma part, c'est une des choses que j'ai le plus aimé, une seconde dose de "what the fuck", et honnêtement, ce qu'en fait la reine (après vous savez quoi si vous avez lu le livre), est tellement, mais teeeeellement classe... (quelle sadique me diriez-vous...) 

Je ne vais pas trop m'attarder autour du prince, pour ne pas prendre le risque d'en dévoiler trop. Je dirais seulement que les versions idéalisées du Prince Charmant en prennent un méchant coup. 

Pour ce qui est de la fin, je dois dire que je n'ai pas vu venir, et pourtant après tous les débats qu'elle a suscité, je m'en étais imaginé des choses. Je peux comprendre que certains ne l'aient pas aimé, mais moi je l'ai trouvé tellement osée et tellement géniale, que j'ai littéralement éclaté de rire (sadique le retour.) Voilà qui change un peu des jolies fin où les oiseaux chantent et où tous les actes des personnages principaux n'ont absolument aucune conséquences. La seule chose que je pourrais trouver à redire serait peut être l'utilité de l'épilogue, que je n'ai pas vraiment trouvé pertinente. 

Pour ce qui est de la partie érotique de l'affaire, qui en a dérangé plus d'un, elle ne m'a pas vraiment gênée, parce que ce n'est pas non plus tout le récit, l'auteur ne s'est pas focalisé sur cet aspect, je dirais plutôt que pour partir du point A (qui est le conte original) au point B (qui est ce qu'elle a voulu en faire) cet aspect a été un des cailloux blancs qu'elle a semé pour y parvenir : Il y avait d'autres choses pour mener à ça, (la bière, la danse, se vêtir comme un homme, monter des chevaux sauves, pour en citer quelques uns.)

En conclusion, ce livre a eu tout l'effet enchanteur d'un vrai conte sur moi, j'ai adoré le lire, et je n'ai eu plus qu'une envie, ça a été de me ruer en librairie pour acheter le deuxième tome, à savoir  Charme. A noter en plus que l'objet livre est magnifique, et les petites illustrations en début de chapitre n'ont fait qu'ajouter un peu de magie à ce livre déjà superbe. (J'ai aussi beaucoup aimé que l'on retrouve dans chaque chapitre, une phrase reprenant le titre du chapitre.  Je ne peux que le recommander si vous en avez assez des princesses portant de longues robes et des tiares sur la tête, et si vous n'avez pas peur de les voir d'une façon totalement différente par la suite. J'hésitais aussi à me lancer au début, mais c'est finalement la vidéo de Margaud  qui m'a convaincue, et je la remercie donc, car ça c'est conclut par une très belle découverte, proche du coup de coeur. 

- Elle n’est pas malheureuse, murmura Rêveur. Elle est méchante, point final.
- Et bien, c’est peut-être le malheur qui rend les gens méchants.

Une femme avisée ne s'entoure jamais d'assez de magie.

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